Speaker 1C'est un petit peu comme si tu te mettais en mode avion de l'extérieur, et où du coup il n'y a plus que l'intérieur qui peut fonctionner, et dans ton cerveau il va y avoir des connexions nouvelles qui vont se faire, des nouvelles idées qui vont arriver. Si tu as des blocages un petit peu liés à la confiance en toi, à la motivation, etc., tu peux te visualiser sans ce blocage, par exemple en ayant publié ton roman. Hello collègues écrivains, dans cet épisode on va parler de 4 faits sur le cerveau qui peuvent t'aider à écrire plus efficacement. Tu le sais, le cerveau c'est ma passion, je suis d'ailleurs formée au coaching à la PNL, mais j'adore t'en parler en titre d'exemple dans différents épisodes et par-ci par-là, et aujourd'hui j'avais envie vraiment d'y consacrer un épisode complet, parce que tu vas voir, il y a de quoi dire. Et c'est vrai que quand on écrit un roman, on pense souvent qu'il suffit de se poser devant son clavier et d'écrire, mais en réalité ça c'est faire un peu la passe sur les différentes règles de notre cerveau, et moi je trouve qu'il vaut mieux les connaître pour être plus efficace dans son écriture, bien sûr ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas aller à l'encontre parfois de celle-ci et essayer de se discipliner un petit peu, mais il y a quand même des faits scientifiques sur le cerveau que j'avais envie de voir avec toi aujourd'hui, pour que tu puisses écrire au mieux. Et le premier, celui où vraiment on peut déjà entrer dans le débat, c'est que le cerveau ne peut pas se concentrer super longtemps. Imagine, on n'est pas forcément fait pour ça depuis la nuit des temps, on n'est pas censé, les humains, les animaux, rester concentrés pendant des jours, des heures entières. En réalité, ce que les études citent comme cycle de concentration, c'est entre 60 et 90 minutes, et c'est normal, on n'est pas fait encore une fois pour ça, on n'a pas une attention illimitée. Donc le cerveau fonctionne par cycles, ce qu'on appelle les cycles ultradiens, et plus ou moins au bout d'une heure, une heure et demie, vraiment là on va avoir une grosse baisse de concentration. Donc si par exemple tu fais une grosse après-midi d'écriture, c'est normal d'avoir un moment de pause au milieu où vraiment ça ne marchera plus du tout, et à ce moment-là, ce n'est pas grave, même si notre attention chute un peu et qu'on est moins efficace, on peut se prendre une pause, s'aérer un peu l'esprit et y revenir. Donc, comment utiliser tout ça pour écrire ton roman? Vraiment, moi je te conseille de faire des sessions, alors en tout cas à toi de voir dans ton quotidien, mais des sessions assez courtes, une heure, une heure et demie maximum, et de faire ensuite une belle pause de 10 à 20 minutes où vraiment tu fais un truc qui n'a rien à voir avec l'écriture. Maintenant, tu peux aussi faire des sessions beaucoup plus courtes. C'est ce que moi personnellement j'aime bien faire, de temps en temps un petit 15 minutes par-ci, 20 minutes par-là, mais effectivement, ça, ça dépend un peu de ton habitude avec l'écriture, parce que comme tu le sais, on a toujours un petit échauffement, c'est un petit peu comme le sport, qui fait qu'on n'est pas efficace tout de suite, on ne va pas forcément être inspiré tout de suite. Mais d'ailleurs, il y a une méthode que tu connais sûrement déjà qui s'appelle la méthode Pomodoro, qui ne se base pas sur des sessions d'une heure, mais sur beaucoup plus court. La méthode Pomodoro, là, on n'est plus sur du domaine de l'expérience, expérimentalement, il a été vu qu'effectivement, au bout de 20 minutes environ, on commence déjà à en avoir un peu marre, ou en tout cas à être un petit peu moins inspiré. Si toi, tu l'as déjà essayé, au bout de 20 minutes d'écriture, en général, on est un peu rincé, si c'était de l'écriture intense. Et donc, la méthode Pomodoro, qu'est-ce que c'est? C'est des sessions, on va dire de 15 à 25 minutes, cette fois, avec une petite pause entre, par exemple, 5 minutes. Et ensuite, on recommence. C'est ce que je propose, notamment dans les sessions d'écriture en visio avec la communauté de J'écris un roman. On fait une session d'une heure, par contre, on la divise en petites sessions de 15 minutes, avec une petite pause entre. Si tu as déjà essayé ça, en général, ça marche quand même vraiment bien. Parce que les 15 minutes, on va tout donner, et ensuite, 5 minutes de relâchement. En tout cas, même si ce n'est pas forcément ton style, parce que ça dépend aussi de ta façon d'écrire, etc. Et moi, ça dépend beaucoup, si je suis en réécriture, en écriture de premier G, il y aura une efficacité complètement différente, évidemment. Mais en tout cas, c'est quelque chose que tu peux essayer pour écrire un petit peu plus efficacement. Ce que je te conseille aussi, c'est de programmer ces sessions-là. Plutôt des moments où tu sais que tu auras l'inspiration un petit peu, ou en tout cas que tu as l'habitude d'écrire et que ça se passe bien. Ça peut être le matin pour certains, ça peut être tard le soir pour d'autres. Sur la pause déjeuner, c'est sûr que plus tu connaîtras ton fonctionnement, plus ça sera simple pour toi. Il y a un auteur qui applique cette technique, c'est Haruki Murakami. Il suit un rituel très strict d'écriture, puisqu'il écrit de 3 à 5 heures chaque matin. Donc lui, pour le coup, il ne respecte pas trop cette histoire des 90 minutes. Il fait quand même des pauses, et ensuite, à partir de là, il part sur se relaxer, faire du sport, etc. pour respecter un petit peu son rythme naturel. Alors la deuxième chose, on en a très très peu parlé sur ce podcast, c'est que ton cerveau ne fait pas la différence entre imagination et réalité. Alors, bien sûr, apprendre avec des pincettes, mais si tu as déjà eu des frissons en lisant une scène absolument incroyable, si un plot twist t'a complètement déglingué et fait ressentir plein d'émotions, ou si en écrivant des passages assez forts, tu t'es mis à avoir des émotions, à pleurer, etc., la raison derrière ça, c'est qu'effectivement, il y a une partie de ton cerveau qui ne distingue pas totalement ce qu'on vit réellement de l'imagination. Les neurosciences, en fait, elles montrent que visualiser une action, ça active parfois les mêmes zones du cerveau que la réaliser réellement. Alors bien sûr, on arrive quand même. On va se rendre compte que ce n'est pas la vraie vie, mais tu vois, il y a une partie de ton cerveau pour qui c'est pareil. Et donc, comment tu peux utiliser ça pour écrire, à ton avis? Eh oui, on va pouvoir utiliser la visualisation. Ça marche, par exemple, avant une session d'écriture. Tu peux visualiser la scène, fermer les yeux et vraiment t'imaginer la scène que tu vas écrire, où sont tes personnages, qu'est-ce qu'ils font, qu'est-ce qu'ils ressentent, etc. Et ça t'aidera vraiment à te plonger dedans. Mais j'ai autre chose pour toi. Parce que du coup, si tu bloques sur certaines choses, si tu as des blocages un petit peu liés à la confiance en toi, à la motivation, etc., tu peux te visualiser sans ce blocage. Par exemple, en ayant publié ton roman. Là, je t'assure que ça débloque plein de choses. Donc n'hésite pas, quand tu bloques ou quand tu sens que ça ne va pas forcément fort, à fermer les yeux et à t'imaginer ce moment où tu mets, par exemple, le point final de ton roman, ou par exemple, tu le tiens dans tes mains, ou tu ressens le oui d'un éditeur, etc. Ça fait vraiment du bien. Ça motive, ça recharge un petit peu notre cerveau en monde positif. Et c'est quelque chose que certains auteurs utilisent. Notamment Stephen King qui avait déclaré dans une interview qu'il voyait ses histoires comme des films dans sa tête avant de les écrire. En tout cas, clairement, je trouve que la visualisation, c'est un outil très, très puissant. Alors effectivement, on ne va pas tomber dans les extrêmes, mais ça peut vraiment être un petit, tu vois, de temps en temps, de visualiser un petit peu le fruit de ton travail. Ça ne peut que te motiver. Troisième fait, l'ennui stimule ta créativité. Et ça, vraiment, c'est hyper important, je trouve. Je t'avais déjà fait un épisode de podcast sur le sujet de l'ennui, mais il était court. Mais depuis, j'ai encore pu constater la puissance de l'ennui. En fait, si tu ne fais rien, si tu t'ennuies, ton cerveau entre en mode réseau par défaut. Tu vois, c'est un petit peu comme si tu te mettais en mode avion de l'extérieur. Et du coup, il n'y a plus que l'intérieur qui peut fonctionner. Et dans ton cerveau, du coup, il va y avoir des connexions nouvelles qui vont se faire, des nouvelles idées qui vont arriver. C'est pour ça, d'ailleurs, que les meilleures idées te viennent sous la douche, en marchant, en faisant des tâches ménagères, etc. En laissant ton esprit un peu divagué, tu lui donnes l'espace, en fait, pour faire émerger des solutions et des histoires inattendues. Alors, petit exemple personnel, mais moi, ce mois de mars, j'ai essayé d'utiliser beaucoup moins mes écouteurs, de laisser entrer un peu le silence dans ma vie, si tu veux. Et typiquement, tous les moments où j'avais tendance à sortir les écouteurs, dans les transports, en marchant dans la rue, etc., ils ont été remplacés par une espèce de silence. Alors bon, sauf si vraiment beaucoup de bruit est insupportable, tu vois. Mais ces moments-là, vraiment, du coup, il y a beaucoup de moments où c'était juste un peu de l'ennui, où j'ai un peu gambergé, etc., mais j'ai surtout eu un bon paquet d'idées. J'ai terminé un roman et j'ai attaqué une autre réécriture, et dans les deux cas, j'avais plein d'idées. J'ai aussi démarré l'écriture d'un projet un petit peu à part, etc. Vraiment, ce fait de laisser la place, en fait, au silence et à l'ennui m'a fait un bien fou. Et je pense que ça peut t'aider aussi. Alors, c'est pas forcément facile, quand on a le réflexe de sortir les écouteurs dès qu'on est un peu dans les transports, etc. Bah oui, là, quand on les a pas, on s'ennuie, on regarde les gens, etc. Et ça nous donne des idées. En tout cas, comment tu peux utiliser tout ça pour écrire? Bah déjà, tu peux tenter, alors, selon ce que tu te sens capable de faire, mais des petits moments sans écran, distraction, écouteurs, etc., d'ennui, par exemple, dans les transports. Tu peux tenter d'aller marcher sans écouter de podcast ou de musique. Tu peux te dire que cette balade-là, ça sera une balade un peu silencieuse, etc. Et tu peux aussi laisser ton esprit vagabonder avant de te coucher. Ça, c'est quelque chose que me citent souvent les auteurs que j'accompagne, c'est que c'est avant de se coucher qu'on va avoir aussi les bonnes idées, parce que, pareil, on est dans un livre, on est en train de rien faire, et boum, les idées arrivent. Donc n'hésite pas à mettre un petit carnet sur ta table de nuit. La puissance de l'ennui peut être montrée, par exemple, chez J.K. Rowling, qui aurait eu l'idée d'Harry Potter en attendant un train en faisant rien. Et là, elle a laissé son imagination un petit peu travailler librement, et tout un univers entier s'est montré à elle. Donc, t'imagines? Et enfin, en quatre, mais ça, on le sait déjà, on va juste voir un petit peu comment utiliser tout ça, notre cerveau. J'adore les habitudes. Le cerveau, c'est vraiment une machine à habitudes, en fait. C'est ça qui fait qu'on fonctionne. Tout ce qui est automatique, un petit peu comme un ordinateur, ça va lui économiser énormément d'énergie, par rapport à, imagine, si on devait réfléchir, se reposer des questions, décider comment on fait, etc. Ben non, il y a plein de choses qu'on va faire de manière automatique, et du coup, on peut appliquer tout ça à l'écriture. Par exemple, si tu écris à heure fixe, ton esprit va s'y habituer, et se mettre un peu automatiquement en mode création à ce moment-là. Je sais pas si tu as déjà vécu ça, mais moi, typiquement, avec mes lives du mercredi, 20h, que d'ailleurs, tu trouveras les liens dans les notes du podcast, vraiment, à 20h, tout de suite, même si j'ai passé une grosse journée, même si je me sens pas du tout capable d'écrire, etc., ben à 20h, pouf, ça arrive, alors après un petit échauffement, c'est ce qu'on disait tout à l'heure, mais vraiment, c'est bon, maintenant, mon cerveau a intégré que ce jour-là, ce créneau-là, c'est écriture. Et les neurosciences montrent aussi que les habitudes, ça réduit la fatigue mentale. T'as moins besoin de motivation, en fait. Tu passes en mode un peu pilote automatique. Si tu t'es choisi un créneau, peut-être tous les jours, ou toutes les semaines, à tel moment, et ben hop, c'est parti, le temps de faire rentrer un petit peu l'habitude au début, et ensuite, ça deviendra un peu un réflexe, et pour toi, ça sera impossible de passer. passer outre cette habitude. Donc, comment on utilise tout ça pour écrire? Alors, tu te souviens peut-être de quand je parle des trois espaces. L'espace temporel, l'espace le lieu et l'espace mental. C'est vrai que plus tu arriveras à avoir ces trois espaces pareils, plus ton habitude sera solide. Par exemple, si tu écris toujours au même endroit, à la même heure, dans le même contexte, avec un petit rituel, etc. Et d'ailleurs, à propos de rituel, c'est vraiment quelque chose, je trouve qui dépend des auteurs. Certains auteurs vont adorer se faire tout un rituel avant de démarrer. Allumer une bougie, mettre de la musique, etc. Je sais que moi, je suis plutôt minimaliste là-dessus, mais du coup, ça me permet, on va dire, d'écrire un petit peu à tout moment. Mais ce qui est sûr, c'est que je ne peux pas écrire si je n'ai pas une boisson chaude à côté de moi. Comme quoi, tu vois, mon cerveau a intégré que écriture égale boisson chaude. Et, donc, on a dit d'essayer d'écrire plus ou moins au même endroit, aux mêmes horaires, etc. Si tu peux, en tout cas, ça aidera au niveau de l'habitude. Bien sûr, si ce n'est pas possible, essaye de te raccrocher à quelque chose. Par exemple, ça peut être juste ton fond d'écran qui te met un peu dans cette ambiance-là. Tu peux regarder, etc. Ça peut être quelque chose que tu fais au début, comme une visualisation, par exemple. On en a parlé juste avant. Et ce qui est magique avec les habitudes, c'est qu'en fait, elles vont te donner la force de t'y mettre. De faire le plus dur. Parce que le plus dur, c'est de s'y mettre. On est d'accord? Le plus dur, c'est de se mettre devant son clavier et de commencer les premières phrases. Alors oui, tu n'auras peut-être pas d'inspiration dès le début, mais tu auras. Tu auras fait le plus dur. Et ensuite, il y aura un petit peu l'effet que j'aime bien appeler l'effet salle de sport, qui est t'y seras, t'auras commencé, donc il te faudra beaucoup moins d'énergie pour continuer. Et c'est comme ça, en général, que moi, j'ai des bonnes idées et que j'écris de bons passages. C'est je m'y suis mis, et pendant dix minutes, c'était un peu la galère et je n'étais pas forcément inspirée. Et puis, petit à petit, ça vient. Il y a Victor Hugo qui écrivait chaque matin, enfermé dans sa chambre, parfois nue, pour ne pas être tenté de sortir. Tu le savais, ça? Je trouve ça dingue. Et en fait, avoir ce genre de routine stricte, et surtout de se cantonner à un rituel, même s'il est un peu bizarre, ben, t'as vu ce que ça a donné, quoi. Bon, tu me connais avec le cerveau, je peux durer pendant très très longtemps, donc je pense qu'on va s'arrêter là pour les faits sur le cerveau qui peuvent t'aider à écrire ton roman. Bien sûr, on en reparle sur le podcast très très vite, parce que c'est mon sujet de prédilection. En attendant, si ce sujet un petit peu coaching, cerveau, etc., t'a plu, n'hésite pas à me le faire savoir dans le commentaire Spotify, ou sur Instagram, tout simplement. Et si tu as trouvé une autre petite. petite astuce pour dompter ton cerveau, je serais très curieuse de discuter avec toi de ça. Tu trouveras mes coordonnées dans les notes du podcast, et moi je te dis à la semaine prochaine, au Café des Auteurs.