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2000-2025 : sommes-nous encore capable de créer ?

3m 52s

2000-2025 : sommes-nous encore capable de créer ?

Chaque mardi et mercredi dans la matinale de Jacques Serais, Eugénie Bastié livre son regard sur l'actualité.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

735 Words, 4401 Characters

En attendant, il est lors de retrouver la signature de Jannie Bastier sur Européen. Bonjour, Jannie. Bonjour à tous. Jannie, on se trante et un décembre. Vous voudriez vous poser une question. Somme-nous devenue incapable de créer? Oui, nous sommes le 31 décembre 2025. Et donc le dernier jour du premier quart de siècle du 21ème siècle et c'est peut-être le moment de faire le bilan de ce 21ème siècle en matière culturelle. En tout cas, de ce début. Il se trouve que j'ai lu un livre très intéressant de l'écrivain américain David Marx, qui s'appelle Blanc Space, une histoire culturelle du 21ème siècle. L'auteur a étudié l'ensemble de la production artistique entre les années 2000 et 2025 qu'en matière de cinéma, de musique, d'art et de pop culture. Et alors, voilà ce qu'il dit. Alors que le 20ème siècle avait été une explosion d'inventivité et d'avant-garde artistique, le 21ème siècle se qualifie selon lui par le recyclage d'idées du passé remixé par le numérique. Il a désormais un espace blanc, un blanc-space, qui est aussi une référence à une chanson de Taylor Swift, chanteuse américaine devenu selon l'auteur l'un des symptômes de ces terres du vide. Alors, bien sûr, ça ne veut pas dire qu'on ne crée plus d'œuvre et même de bonheur. Moi qui passe après le club culture de européen tous les matins, je peux en témoigner. Mais il n'y a plus vraiment de nouvelles formes, plus de choc esthétique, plus de rupture. Au box office, par exemple, triomphes, les remakes et les suites, les marveles, les disnées. Les films les plus attendus de 2026 sont un James Bond, un speedorman et une adaptation de l'audissé, œuvre créée, il y a 3000 ans. Beyoncé car à Cole toujours en tête des ventes, comme en 2006. Et souvenez-vous si on peut parfaitement identifier le style vestimentaire des années 70, 80, 90. On aurait bien du mal, en revanche, à définir celui des années 2000, 2010 ou 2020. Ce n'est pas la mort de la culture. Jamais l'industrie de luxe et les créateurs en ligne n'ont produit autant de contenus. Nous sommes submergés par les images, les formats, mais sans véritable innovation. Et qu'ils sont les raisons de cet épuisement culturel selon David Marx? Evidemment, notre univers technologique, internet et ses algorithmes, parmi les facteurs de cette stagnation, l'auteur cite aussi l'obnivorisme, c'est-à-dire le refus de toute hiérarchie culturelle, à force de dire que tous vos, tous les gens et tous les goûts sont nivés dans une bouille uniforme et insipide. Il évoque aussi le "poptimisme", c'est-à-dire le fait de s'élébrer la popularité comme critère ultime de la qualité d'une œuvre. Les créateurs n'étant plus tenus de rechercher l'excellence artistique, la culture est devenue une lutte acharnée pour capter l'attention, une course effrénée vers le plus bas niveau. A cela s'ajoute avec les réseaux sociaux une moralisation permanente. Les artistes sont tétanisés à l'idée de déplaire, ils n'osent plus prendre de risques, ils deviennent lisses. Et puis enfin, dans une époque sans aucune norme culturelle, il n'y a plus rien à transresser. La contre-culture est devenue la culture. Alors comment on sortir le génie? Ce qui est paradoxal, c'est que David Marx est lui-même un homme de gauche qui semble regretter la disparition des normes et des hiérarchies culturelles. Mais qui a présidé à cet effondrement? Qui pendant des années aurait pété que tous valaient, qu'une banane scotchée sur un mur était une œuvre d'art en même titre qu'une fresque de l'éodard de Vinci. La gauche culturelle a sa part de responsabilité. D'ailleurs le philosophe conservateur Alan Blum, Alan Blum l'avait annoncé dans son livre "L'âme des armées", le déclin de la culture générale devait conduire un épuisement civilisationnel. Quand on a transgressé toutes les normes, quand il ne reste plus aucun cadre à renverser, que reste-t-il à inventer? Alors je crois que pour le quart de siècle, le quart de siècle qui vient, il nous faut redouer avec les ritages du passé, mais aussi avec la prise de risque, le conflit esthétique et le retour de hiérarchie culturelle assumée. C'est sans doute ce qu'on peut nous souhaiter pour 2016, le retour de la créativité. C'est genre profite pour vous souhaiter à tous une très bonne année. Merci beaucoup génie, très bonne année à vous. Et c'est évidemment ce que l'on souhaite pour 2016. C'est le prochain quart de siècle. La très bientôté génie.

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