Speaker 1Ingrid, au secours, j'avance pas du tout sur mon roman, j'écris beaucoup trop lentement. Si tu te reconnais là-dedans, cette vidéo est pour toi. Je suis à peu près sûre que tu n'es pas en retard sur tes romans et que tu ne finiras pas ton premier roman à 95 ans. Mais je vais t'expliquer quelques petits trucs quand même sur la vitesse d'écriture, sur comment écrire peut-être un petit peu plus vite, ou en tout cas avoir des sessions d'écriture plus productives et comment avancer un peu mieux au global sur ton roman. Alors attention, quand je dis d'écrire plus vite, je ne parle pas d'écrire 1000 mots par seconde, comme un robot sous caféine. Je parle plutôt d'avoir des sessions d'écriture peut-être un petit peu plus efficaces. Et tu sais que ça, j'y tiens, pour ton petit cerveau, pour que tes sessions soient satisfaisantes pour toi et te motivent à faire la session d'après. Et si tu savais à quel point j'étais inefficace au début de l'écriture, et notamment quand j'ai écrit ce roman-là, je te promets, je pense que mon exemple va t'aider à te situer et à te rendre compte d'un petit peu toutes les erreurs qu'on peut faire quand on commence. Parce que oui, quand je me suis lancée, j'avais l'impression qu'il me fallait minimum une après-midi entière, si ce n'est une journée pour écrire. Quand je me retrouvais dans mon ordi, je baillais au corneil, je cherchais mes mots pendant des heures et j'allais faire des recherches pendant la moitié de la session. Et résultat, j'étais frustrée, pas satisfaite et surtout mon roman n'avançait pas. Aujourd'hui, c'est très différent. L'écriture est devenue complètement un réflexe. C'est-à-dire que la moindre petite session d'écriture, même d'une demi-heure, mon cerveau se met en marche, mode écriture, et ça déroule sur le clavier. Qu'est-ce que j'ai fait entre-temps? Je vais t'expliquer ça dans cette vidéo. On commence par le premier mythe, le mythe de la bonne session d'écriture. Je crois pas qu'il y ait de bonnes ou de mauvaises. Si j'ai pas une heure, deux heures devant moi, ben, ça suffira pas et du coup, je vais pas pouvoir rentrer dedans, etc. Tu me connais? Ben, je pense que c'est pas forcément une bonne façon de voir les choses. Essaye! Essaye d'écrire pendant dix minutes, peut-être dans les transports, peut-être sur ton téléphone, sur l'application Notes. Tu peux pas savoir tant que t'as pas essayé. Et j'ai envie de te dire que même si tu n'as que 20 minutes et que tu as déjà essayé d'écrire juste sur 20 minutes, une demi-heure, je sais ce que c'est. Tu as l'impression de pas forcément être dedans, etc. Mais en fait, t'écris quand même, non? Et en plus, tous ces petits moments-là, ça maintient un petit peu ton lien avec le roman. Et pour ça, je vais te donner un exemple. Je vais te donner l'exemple de Tatiana, qui est une autrice que j'ai accompagnée via mon école d'écriture et qui surtout s'est reconvertie et devenue entreprenante dans un métier très créatif, la photo. Et du coup, très compliqué mentalement et puis même d'un point de vue un peu motivation perso, d'insérer des grosses plages d'écriture dans son emploi du temps. Ce que Tatiana a fait, elle s'est mise comme objectif d'écrire une ligne par jour. Et c'est tout. Et en fait, ça a lancé sa motivation. C'était un petit objectif facile à caser dans une journée même un peu chaotique. Et surtout, certains jours, la ligne se transformait en paragraphe, voire en plus que ça. Tout simplement à partir d'un petit objectif d'une ligne par jour. Comme quoi, il n'y a pas de pour une session d'écriture. Et puis bon, on se connaît. Le A, bah non, je voulais écrire une heure, mais j'ai que trois quarts d'heure. Du coup, j'écris pas, j'écrirai demain et les décalages et tout ça. C'est la porte ouverte à tout le bazar qu'on peut mettre dans notre emploi du temps pour s'empêcher d'écrire. Je pense que t'es d'accord avec moi dès qu'on commence à faire des décalages et des trucs comme ça. Alors parfois, à raison, s'il y a vraiment un gros imprévu. Mais souvent, c'est juste de la procrastination en fait. Si t'as ta session qui est prévue à 18h, même si elle se retrouve un petit peu écourtée, essaye de la faire. Tu verras, ça change beaucoup du point de vue mental d'écrire, même si on a eu un petit imprévu. Tu te sentiras encore plus motivé. Parenthèse, le cerveau déteste les tâches énormes et floues. On n'est pas câblé pour ça. On est câblé pour faire des petits objectifs concrets. Écrire une ligne, écrire 20 minutes, ça marche, nickel. Quand j'ai écrit ce roman-là, il s'est passé quelque chose d'important. J'ai voulu l'écrire à peu près sur une année. Je m'étais donné l'objectif de terminer le premier G en une année et j'ai commencé à peu près en février-mars. Et en fait, j'ai vraiment fait du flou. Bonsoir, je suis flou. Et puis, est arrivé le mois de novembre, le challenge NaNoWriMo, où là, j'ai dépoté, j'ai écrit quasiment tout le manuscrit, une bonne partie en tout cas. Qu'est-ce qui a changé? Ce qui a changé, c'est que j'avais. C'est que j'avais un objectif d'écrire 50 000 mots en un mois, ce qui est énormissime. Et donc, miraculeusement, écrire est devenu un réflexe. Je me disais, du coup, je dois écrire, donc j'écrivais dans les transports, donc j'écrivais parfois même le soir après manger, voilà. Tout était bon à prendre pour avancer. Je dis pas que tu dois faire ça tous les jours, mais si vraiment il y a besoin, écrire peut devenir un réflexe. Même quelques minutes par jour, ça suffit. Et plus tu fais de l'écriture un réflexe, plus ce sera simple d'entrer dans tes sessions. Dernier exemple pour en finir avec ce mythe de il te faut au moins 15 heures par semaine pour écrire. Christine Nouaï, que j'ai aussi accompagnée dans le cadre de mon école d'écriture, de l'idée jusqu'à la publication de ce livre-là, elle, elle avait 2-3 heures par semaine grand max pour écrire. Et donc, régularité, encore une fois, comme l'exemple de Tatiana, elle s'y est mise toutes les semaines, elle se donnait un objectif chaque semaine. Parfois, c'était l'écriture, la réécriture, etc. Elle a jamais lâché. Bon, bien sûr, il y a le droit d'avoir des vacances, évidemment. En tout cas, ce qui était sûr, c'est qu'il n'y avait pas de période de flottement. Chaque semaine, elle utilisait ces deux heures-là pour vraiment avancer sur son roman. Et résultat? En quelques années, 3 ans, je crois, le contrat d'édition était signé pour le roman qu'elle avait à peine commencé au tout début du parcours. Mais qu'est-ce qui s'est passé dans son cas? C'était que la régularité marchait super bien. Plus elle était régulière, plus elle atteignait ses objectifs, plus elle a motivé à atteindre les objectifs futurs, ceux de la semaine prochaine, ceux du mois prochain, ceux de l'année prochaine. Et j'aimerais vraiment que tu retiennes que la régularité est très importante pour garder ce lien avec son roman. Comme je te le disais dans la dernière vidéo, écrire un roman, c'est un marathon, c'est pas un sprint. Et donc, plus tu peux cultiver cette régularité, même en ouvrant, ton fichier de temps en temps, mieux c'est. Et on commence, avant d'écrire, avec quelque chose de très important, le rituel. C'est-à-dire mettre ton cerveau en mode écriture. Pour ma part, mon rituel, c'est de me préparer une boisson chaude, mettre ma musique préférée, la playlist du roman en l'occurrence, dans mes écouteurs, et en général, me mettre dans un lieu public si je peux. Dès que je fais ces actions-là ensemble, ça me crée le rituel de lancement, un petit peu, tu sais, comme les athlètes qui ont, tout un petit rituel, avant de faire leur performance. Eh bien, pareil, mon cerveau, il sait que je l'ai entraîné à : "Tu fais cette action-là, la boisson chaude, le lieu public et la musique, alors tu seras en mode écriture." Et toi, c'est vraiment important que tu trouves quelles sont ces actions-là qui te mettent en mode écriture pour que le cerveau passe dans ce mode-là. Le cerveau adore ce qui est automatisme, répétition. Donc, plus tu le feras, plus tu t'entraîneras à écrire. Dans le livre Atomic Habits, ça s'appelle l'ancrage d'habitude. Par exemple, si tu prends un café tous les midis, après ton déjeuner, tu pourrais aussi ouvrir ton manuscrit à ce moment-là. Et là, le fait de coller une nouvelle habitude à l'habitude existante, ça cultive cette nouvelle habitude-là et fait que tu vas plus vite l'intégrer. Et pourquoi on fait ça? Pour se faire un raccourci et pour éviter la résistance et entrer dans le flow. Et c'est le flow, le nerf de tes sessions d'écriture. C'est de ça qu'on va parler maintenant. Donc là, je suis en train d'écrire et je me dis : "Il faudrait peut-être que je trouve un modèle de grosse machine. J'ai des anciens ordinateurs de 2070, donc je vais aller faire des recherches sur Google Images. Ah, et en fait, ça m'envoie sur un truc de Wiki, tu sais, avec le film des programmatrices américaines." Et on se connaît, dans deux heures, j'y serai toujours. Je serai emportée dans ce flow d'informations. Alors, je ne dis pas que tu ne dois pas faire tes recherches pendant que tu écris, mais je pense qu'on est tous passés par là. J'écris, je bloque sur un détail, j'ouvre Google et là, je disparais, mon flow se coupe. Et c'est surtout ce qu'on veut éviter dans ce cadre-là, c'est de couper ton flow. Plus tu peux rester dans l'écriture, plus tu vas rester sur ton élan et avoir de meilleures idées, être plus serein et, entre guillemets, plus productif. Je n'aime pas ce mot, mais c'est sûr que tu écriras plus si tu ne fais pas d'interruptions comme ça. Alors, comment éviter les interruptions? Ma première solution, vraiment, qui m'a changé la vie, moi, c'est toutes ces petites micro-interruptions de "ah, j'ai oublié le prénom de machin", "ah, comment ça s'appelle ce truc", de mettre XXX, de ne pas aller le rechercher et de passer à la suite. Alors, ouais, je suis d'accord, ça fait des XXX partout. C'est très pénible, la réécriture, mais c'est beaucoup plus précieux, ça, que de couper ton flow et de t'interrompre sans cesse. C'est un truc démotivant pour le cerveau. Le cerveau, il aime rester en mouvement, pas se mettre en mouvement, ça lui demande plus d'énergie, OK? Alors, les XXX pour le prénom d'un gars, soit, maintenant, si c'est quelque chose d'important, des recherches qui te manquent, vraiment quelque chose qui te bloque complètement pour la suite, ben là, il y a plusieurs options, mais moi, j'aurais effectivement tendance à te conseiller un truc, c'est de faire ces recherches-là à d'autres moments. Par exemple, si là, tu bloques parce qu'il faut absolument que tu fasses des recherches sur l'ambiance de Venise au XVIIIe siècle et vraiment que tu lises des trucs, par exemple, sur l'image, est-ce que tu pourrais pas écrire une autre scène qui ne nécessite pas ça, maintenant, et garder ces recherches-là pour un moment ultérieur? Peut-être décorréler de l'écriture à un moment où tu seras en train de faire autre chose, par exemple, dans les transports, j'aime pas faire mes recherches dans les transports. Retiens qu'en gros, il y a plusieurs modes pour ton cerveau : l'écriture, la création, l'inspiration, on est plutôt sur de l'hémisphère droit, etc., alors que le côté recherche, analytique, tri des informations sera plutôt gauche. C'est pas complètement bétonné, ce que je te dis, mais tu vois un petit peu plus l'idée. Donc, il faut éviter de switcher de l'un à l'autre trop rapidement pour rester dans ce mode "inspire" quand tu écris. D'ailleurs, dans la catégorie des recherches, un autre membre de mon école d'écriture, Mickaël Cadour, avait souvent ça plusieurs fois pendant ses sessions, ce côté : "Ah mince, il faut que j'aille faire des recherches, etc." Et c'est pas grave, ça faisait une petite coupure, et ensuite, il revenait dans sa session aussi. Bien sûr, ça dépend des recherches, ça dépend de toi, ta capacité à te reconcentrer si tu as été interrompu. Bon, moi, dans l'idée, j'aurais tendance à te conseiller de les limiter quand même, mais bien sûr que ce n'est pas une interdiction formelle, ça marche quand même pour toi, parce que les recherches, ça alimente aussi la réflexion, ça nous met dans l'ambiance, etc. Et du coup, est-ce qu'on a tout vu? Il manque un petit truc quand même, parce que je t'ai juste parlé des recherches avant ta session, mais une session, ça peut se préparer un peu plus en détail aussi. Est-ce que quand tu te poses devant ton clavier, tu sais ce que tu vas écrire précisément? Est-ce que tu en as besoin? Si tu as besoin de savoir qu'est-ce qui va se dérouler dans ta scène, peut-être que ça peut être pas mal de préparer un petit peu, de t'écrire par exemple sur un post-it les éléments clés que tu dois absolument mettre dans ta scène, l'enjeu, l'émotion de tes personnages, etc. Si tu en ressens le besoin, n'hésite pas à te faire une petite phase de préparation, ça aide vraiment aussi. Ça fait un peu partie du rituel et en plus, tu sais ce que tu vas écrire. D'ailleurs, dans un épisode du Café des auteurs, j'avais reçu Axel Witzke, il écrit des romans basés sur le Japon et des romances, et lui, il préparait beaucoup ses scènes au moyen de post-it. en détaillant un petit peu ce qu'il allait devoir écrire je te mets le lien dans la description ça peut paraître un petit peu sérieux et rigide dit comme ça mais n'oublie pas que le cerveau adore les cadres clairs et que la créativité aime les contraintes légères et pas juste le chaos dernière chose sur la préparation tu peux aussi te fixer un objectif c'est d'ailleurs ce que je fais dans mes live du mercredi à 20h sur twitch ou on se met un petit objectif pour le live ça permet vraiment déjà d'avoir une vision claire de ce qu'on va faire mais aussi pas de se dépasser un peu souvent quand l'objectif c'était 500 tout le monde est content de se dire il me reste une session du coup je vais pouvoir le dépasser ou juste de se dire ah mince il me reste qu'un tout petit quelques minutes pour atteindre mon objectif donc je vais rajouter un petit peu d'ailleurs pendant ces lives j'utilise la méthode pomodoro que tu connais certainement c'est à dire que j'écris sous forme de sprint cours de 15 à 20 minutes on écrit à fond on est super concentré et entre je fais des petites pauses pourquoi parce que la durée maximale de concentration de ton cerveau n'est que d'une vingtaine de minutes tu peux pas rester deux heures concentré à fond sur quelque chose et ça c'est quand même intéressant de le savoir de se l'approprier de voir quelle durée marche pour nous et de bien respecter ces petites pauses là aussi souvent ça permet d'éviter justement d'aller bailler aux corneilles et d'être distrait et il manque un truc évidemment il manque le conseil qui m'a fait vraiment gagner en vitesse même si c'est pas une obligation c'est de ne pas me relire pendant que j'écris et oui on peut garder ça pour après les sessions d'écriture si on le souhaite on peut aussi garder ça pour la fin du premier jet ou faire un mélange mais ce qui est sûr c'est que si tu commences à te relire pendant ces sessions là c'est sûr que ton roman risque de prendre quelques années dans le viseur parce que c'est très coûteux en termes de temps de commencer à se relire et surtout on voit sa productivité entre guillemets le nombre de mots écrits pendant la séance qui chute moi j'aurais vraiment tendance si c'était premier roman à te conseiller d'éviter de te relire pendant les sessions peut-être après par exemple surtout si tu vas attaquer une session ça peut faire partie de ta préparation de relire un peu la scène d'avant bref si c'est ton premier roman je te conseille d'éviter de te relire pour éviter de couper ton élan et garde ça pour après le point final et surtout n'efface pas des gros blocs de textes en me disant que ça marche plus mets les de côté tu verras pour la motivation c'est mieux c'est le petit conseil bonus j'ai un dernier conseil que j'ai beaucoup expérimenté en écrivant ce roman là ce sont les grandes pauses typiquement lui je l'ai commencé en 2019 et j'ai écrit la fin du premier jet en 2024 et du coup grosse pause entre les deux qui m'a permis vraiment d'avoir un énorme recul d'y voir beaucoup plus clair sur l'histoire que je voulais raconter bien sûr t'es pas obligé de prendre une pause de 5 ans comme moi mais même pendant ensuite l'écriture du premier jet la réécriture je me laissais des longues pauses de plusieurs semaines voire mois et ça m'a beaucoup aidé à déjà y voir plus clair mais aussi avoir de bonnes idées parce que ben pendant ces pauses là l'inconscient en arrière-plan il continue de mouliner d'avoir de super idées et j'ai un dernier truc à te dire si tu penses que tu écris trop lentement ça ce sont les trois livres les trois romans d'Alain Damasio il a écrit la zone du dehors en 1999 il a écrit la ordre du contrevent en 2004 soit cinq ans après et il est furtif en 2019 soit 15 ans entre les deux donc franchement si t'as pas encore mis 15 ans pour ton premier roman tu bats Damasio exercice parce que ouais faut bien que tu intègres tous ces concepts là donc ce que je te propose c'est après de faire pause à la vidéo de te mettre un chronomètre de 10 minutes et d'écrire le plus vite possible et s'entre lire et tu me diras si tu as écrit plus vite cette fois-ci n'hésite pas tout de suite quand tu as une info un truc quelque chose que tu dois décider vraiment je trouve que c'est un bon exercice à faire de temps en temps même si c'est pas ça ta vraie manière d'écrire préféré faut pas oublier parfois de tester d'autres méthodes conclusion écrire plus vite ce n'est pas forcé ce n'est pas s'enchaîner à son ordinateur et dormir avec lui et ce n'est pas non plus y passer 10 heures par jour c'est surtout utiliser efficacement ses sessions d'écriture garder une régularité toujours dans son emploi du temps ne pas oublier les pauses qui font du bien et protéger son flow le flow c'est le plus important et je pense qu'on aura l'occasion d'en reparler sur cette chaîne merci d'être resté avec moi jusqu'à la fin de la vidéo si tu as des questions tu peux me les poser en commentaire ou sur mes réseaux sociaux que je t'affiche ici et si ça t'a plu tu peux commenter on se retrouve dans deux semaines pour parler des biais de ton cerveau qui t'empêche d'écrire bonne écriture