Speaker 1Il y avait besoin, quelque part, aussi, de cette volonté d'exorciser ce qui m'était arrivé, ce que j'ai pu vivre, tous les sentiments que j'avais à ce moment-là, et de trois parts aussi, de toucher à des thèmes qui sont malheureusement encore toujours prégnants dans notre société maintenant, à savoir le cyberharcèlement et l'agrossophobie.
Speaker 2Bienvenue au Café des auteurs, le podcast pour les écrivains en herbe et créateurs perdus dans la jungle des conseils contradictoires. Je m'appelle Ingrid Lemaire, je suis coach littéraire chez j'écris un roman.fr, formatrice et auteur. Ma mission avec ce podcast est de te détendre, de t'inspirer et surtout de te guider. Que tu souhaites écrire, trouver des lecteurs ou vivre de ta passion, je t'apporte des conseils concrets et bienveillants et des interventions de professionnels. Prépare ta boisson chaude favorite, c'est l'heure de souffler un peu. Hello collègues écrivains, dans cet épisode du Café des auteurs, j'ai le très grand plaisir de recevoir Cindy Van Wilder. J'apprécie beaucoup cette auteurrice multigenre qui a publié une dizaine de romans, de l'imaginaire, souvent du jeune adulte mais parfois aussi de la fiction réaliste et on va le voir plein d'autres choses. Nous allons tout d'abord parler de ses débuts d'auteurrice, de sa première publication, de comment ça s'est déroulé dans son cas, des thématiques très fortes que l'on retrouve dans ses livres, qu'il s'agisse de harcèlement, de grossophobie, d'oppression et de lutte contre l'oppression, des minorités et également de comment parler de ses thématiques avec justesse et sans blesser. On parlera également de sa méthode ou plutôt de sa non-méthode, comme elle le qualifie, d'écriture. Et enfin de ses très nombreux et très pertinents conseils pour jeunes auteurrices. Je te rappelle avant de commencer que tu trouveras le sommaire dans la description du podcast et la retranscription complète ainsi que tous les liens dont tu auras besoin sur j'écris un roman.fr slash podcast. Et je te laisse avec notre échange. Bonne écoute. Et on est avec Cindy Van Wilder. Hello Cindy, je suis trop contente de te recevoir au Café des auteurs.
Speaker 3Écoute, plaisir à entendre ton moment partagé, merci de m'avoir invité.
Speaker 2Avec grand plaisir et du coup est-ce que tu peux commencer peut-être par nous dire quelques petits mots sur toi et tes livres?
Speaker 1D'accord, donc Cindy Van Wilder. D'ailleurs, je veux que je vais te féliciter mais je vais te faire un clin d'œil spécial pour avoir dit mon nom d'une seule traite et bien correctement.
Speaker 3Parce que c'est vraiment pas facile, aussi bien en Belgique qu'en France, donc voilà, c'est déjà pas mal.
Speaker 1Donc, comme vous l'aurez compris, je suis belge. J'ai à mon actif plus ou moins maintenant une bonne dizaine de romans, dont la plupart sont du young adult et sont dans le domaine imaginaire, mais pas que, puisque j'ai fait récemment du réaliste, du contemporain, et je suis publiée un petit peu partout dans des maisons d'édition en France. Donc voilà, pour le moment, on va s'admitter à ça.
Speaker 2Yes, c'est vrai qu'on va avoir l'occasion de discuter plus en détail. Et du coup, ma première question, justement, ça serait ce fameux début de ta carrière d'autorise. Comment ça s'est passé? Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu comment t'en es venue là?
Speaker 1Un petit peu un concours de circonstances, en fait. Bien sûr, il y a la réponse un peu bateau que je vais donner, mais qui est tellement vraie, c'est que j'ai toujours eu envie d'écrire. J'ai toujours eu cette envie au fond de moi. Voilà, je pense que la plupart des autoristes, je vais dire autoristes, effectivement, puisque moi, j'utilise la langue inclusive et que pour ma part aussi, me définissant comme une personne non binaire, j'utilise le « il » comme pronom pour me définir. Après, qu'on utilise le « il » ou le « elle », ça ne me vexe pas forcément, mais je préfère le dire d'emblée le « je ». Donc, pour mes débuts d'autorise, franchement, ça a été véritablement une envie qui était nichée au fond de moi. C'était quelque chose que j'avais besoin de faire et que j'ai toujours besoin. Encore maintenant, on me demande « comment tu parlais un petit peu concilier vie professionnelle, vie privée, écriture? » Je dis « je n'ai pas le choix et l'écriture, c'est un peu dans mon ADN, donc voilà. » Mais cette envie, en fait, elle a véritablement pris son envol, si je puis dire. C'est vrai, exactement. C'est vraiment concrétisé quand j'ai commencé mes années d'université et que je suis tombée tout à fait absolument par hasard sur un forum d'écriture qui était à l'origine cinq saisons, ou mille saisons, plutôt mille saisons. Ça a changé après, c'est pour ça que je suis en train de comprendre les deux. Les mille saisons étaient donc à cette époque une maison d'édition imaginaire qui était portée par deux étudiantes à Lille. Et en fait, ce forum a été véritablement pour moi un vecteur, non seulement pour faire connaissance avec des gens qui partageaient la même passion que moi, qui étaient tout autant enthousiastes, motivés, qui cherchaient à en apprendre plus sur le monde de la publication, sur les techniques d'écriture, etc. Donc, moi, j'en étais un peu zoomant d'un début. Je n'avais jamais véritablement fini de roman. J'en avais commencé beaucoup, mais je n'en avais jamais fini pour le moment. Et rien que le fait, en fait, de discuter, de discuter avec ces personnes qui étaient plus ou moins de mon âge, donc en plus, ça collait plus ou moins bien, m'a donné véritablement le déclic pour me dire, moi aussi, j'en suis capable, moi aussi, je peux être un écrivain. Et un petit peu de vaincre ce syndrome de l'imposteur que nous connaissons tous et toutes. Et de se dire, voilà, on peut se lancer dans l'aventure. Et en fait, grâce à ce forum, en fait, j'ai fait donc des connaissances qui, un jour, en fait, se sont réunies. Et j'ai fait des connaissances qui, un jour, en fait, se sont réunies. Et qui se sont dit, pourquoi ne pas créer un collectif d'écrivains et d'écrivaines de l'imaginaire? Et dont le but, en fait, serait de s'entraider les uns et les autres. Et ce qui a donné, bien sûr, le collectif Poussiclic, dont j'ai fait partie pendant un long, long, long, long moment. Donc, voilà. Ça a été véritablement un enchaînement de circonstances, un concours heureux, et qui m'a permis, en fait, un petit peu de me lancer dans ce chemin d'écriture. Voilà. Je suis très bavarde, on va le dire tout de suite.
Speaker 3Mais voilà. C'est un peu comme ça que ça a débuté.
Speaker 2Oui. Puis, c'est très intéressant. Donc, n'hésite pas à en dire plus. Mais, du coup, ensuite, à partir de là, combien de temps il y a eu, peut-être, entre ce moment où tu t'es dit, moi aussi, je peux le faire, et ta première publication?
Speaker 1Oh, il y a eu quand même quelques années. Il y a eu quand même quelques années, parce que. D'abord, il fallait, bien entendu, que moi, je puisse maîtriser, en fait, les techniques d'écriture. J'avais déjà un solide background en tout ce qui concernait lecture, etc. dont je ne me rendais pas tout à fait compte. En fait, je pense que la lecture, par ce vecteur-là, on va en reparler plus tard, quand on parlera des conseils à donner aux jeunes écrivains-écrivaines, mais je pense que la lecture, pour moi, c'est vraiment une étape obligée, c'est une étape essentielle. Parce que si on ne lit pas, on ne peut pas, en fait, ingérer, même inconsciemment, on les a dans notre esprit inconsciemment, mais on ne s'en rend pas toujours compte, toutes les techniques d'écriture que les écrivains-écrivains ont déjà publiées, et pas forcément en maison d'édition, ne soyons pas sectaires ici, vont pouvoir, en fait, appliquer à leurs propres histoires. Et en fait, on se nourrit de cette lecture-là, on se nourrit de ces intrigues, on se nourrit de cette manière de construire des personnages, de construire des intrigues, etc., même de manière inconsciente. Et la lecture, pour moi, est un vecteur un peu sine qua non pour le faire. Alors, bien sûr, maintenant, on a d'autres vecteurs pour en apprendre plus sur la manière de construire une intrigue, je veux dire, on regarde des séries Netflix, on regarde un film, on va voir au théâtre, voilà, il y a tout plein de représentations culturelles qui peuvent nous aider, mais je pense quand même que la lecture est un domaine, un peu un passage obligé. Je ne dis pas, je ne vais pas me dire qu'il faut lire tout le temps, et surtout pas ne lire que des classiques, Dieu non, merci, mais il faut lire de tout, et il faut lire pour moi assez régulièrement quand même. Je pense, parce que ça peut donner un excellent background. Pour revenir à la question originale, parce que sinon, je vais encore me perdre dans un sentier, dans un sentier dévié, c'est pas forcément raccourci, mais je pense qu'il m'a fallu du temps, non seulement pour affiner ma technique d'écriture, mais aussi pour me confronter au regard des autres, et ça aussi, c'est une étape importante pour moi, c'est de se dire, on peut être très content de ce qu'on fait, c'est très bien, il faut avoir, il faut être satisfait quelque part de ce qu'on fait, il faut être fier aussi de ce qu'on fait, et c'est quelque chose qu'on a encore trop peu tendance à dire aux jeunes écrivains et écrivaines, soyez fiers de ce que vous faites, parce que rien qu'à oser le faire, c'est déjà une victoire en soi. Néanmoins, si on veut être publié, ou qu'on veut se publier soi-même, il faudra à un moment donné se confronter au regard de l'autre, là c'est obligé, et j'ai eu l'extrême chance de me confronter à un regard bienveillant, bien sûr, mais aussi qui était porté sur la critique constructive, et j'ai appris en fait, non seulement à me confronter, mais aussi à les accepter, ce qui n'est pas toujours facile non plus, même si on le fait en en rebondant les angles, etc., en présentant le positif d'abord, bien sûr, il y a toujours une part de dire, il faudrait retravailler tel aspect ou tel personnage, tel point de l'intrigue et tout, c'est pas toujours facile de s'y confronter, et en fait, Co-Cyclic a été véritablement pour moi, un tremplin pour le faire, il faut le reconnaître, ça a été véritablement un vecteur majeur dans cette construction qui a été la mienne, et voilà, sans. les membres de ce collectif je pense pas que ma carrière, d'ailleurs je l'ai toujours dit je pense pas que ma carrière serait là où elle en est maintenant et il m'a fallu aussi trouver l'intrigue qui était donc le premier tome des Outre-Passeurs le premier livre que j'ai publié la première saga que j'ai faite, enfin j'ai tout fait en bloc
Speaker 3apparemment voilà, c'était le premier livre c'était le premier début d'une saga c'était la première publication de manière traditionnelle donc voilà et après donc il
Speaker 1m'a fallu le retravailler ce qui a pris deux ans et ensuite il a fallu le soumettre et là il a fallu donc huit mois et demi avant que j'obtienne le week qui est quand même assez rapide en fait il faut bien noter dans les délais de réponse des missions d'édition donc voilà, ça m'a pas paru rapide à l'époque forcément parce que j'étais assez newbie et que je suis en plus de nature assez impatiente donc ça m'a semblé extrêmement long mais je le dis maintenant pour ceux et celles qui nous écouteraient les mois et demi en fait c'est quand même assez rapide donc voilà et donc il m'a fallu quand même quelques années avant de pouvoir publier de manière traditionnelle ce premier livre
Speaker 2et en même temps donc certes c'était quelques années mais c'était finalement assez rapide si aussi on voit que c'était une saga que tu allais publier ce qui est pas commun je pense pour une première publication
Speaker 1non déjà à l'époque ça l'était pas parce qu'on parle quand même des années 2013-2014 et ça l'est encore moins maintenant quand je vois je pense que de plus en plus d'éditeurs sont carrément frileux à l'idée de se lancer dans une trilogie encore plus par un ou une primo-écrivain comme j'étais à l'époque donc ouais je peux dire que ça a été assez rapide et j'ai eu pas mal de chance dans mon parcours
Speaker 2chance et travail aussi de la chance de travailler aussi oui certes mais il faut aussi de la chance
Speaker 1il faut aussi de la chance et je suis arrivée au bon moment en fait je suis arrivée au bon moment avec cette saga puisque Gulfstream venait de s'intéresser aux young adultes on commençait seulement à en parler à ce moment là les éditeurs commençaient aussi à se réserver une place sur les étagères des des librairies, des bibliothèques etc on n'en parle pas assez souvent mais il faut bien se dire que le young adult a gagné bon je vais pas dire des lettres de noblesse parce que ça fait hyper élitiste mais a gagné en fait sa place sur les étalages des libraires etc quand même de manière assez récente ça n'a pas du tout été quelque chose qui était là dans le paysage du moins franco-français je vais dire francophone depuis des années c'était pas du tout quelque chose qui était ancré dans une habitude de lecture moi je me souviens quand j'étais quand j'étais plus jeune ce qui remonte maintenant quand même à quelques années quand j'allais à la bibliothèque il y avait le choix entre soit le rayon jeunesse soit le rayon adulte, il n'y avait pas d'entre deux et je pense que voilà le young adult est venu réclamer cette place qui avait besoin d'être réclamée parce que honnêtement à présent que je vois la richesse et la diversité que peut offrir le young adult j'aurais apprécié de le lire quand j'étais plus jeune en tout cas, voilà
Speaker 2et est-ce que c'est pour ça que tu écris principalement dans ce genre là?
Speaker 1en fait j'ai pas la conscience d'écrire dans un genre pour moi déjà j'avais pas conscience d'écrire du young adult quand j'ai écrit le premier tome des outre-passeurs d'ailleurs mes premières soumissions n'ont pas été pour des maisons d'édition qui s'adressaient à un public adolescent ou plus jeune ça a été à des maisons d'imaginaire pour adultes si je puis dire parce que bon maintenant les frontières sont floues donc j'avais pas du tout en tête ce public là c'est par la suite à la réflexion d'une amie qui elle écrivait à cette époque déjà pour de la jeunesse, du young adult etc qui m'a dit écoute tu ferais mieux quand même de diversifier tes recherches tes soumissions éditoriales et voilà elle m'a conseillé de filer en aiguille plusieurs maisons d'où en faisait partie Gulfstream ce qui tombait bien puisqu'il cherchait en fait à étendre à développer leur catalogue vers les adolescents et on était aussi en pleine phase de l'imaginaire je veux dire voilà un petit peu ce qu'avait lancé le Seigneur des Anneaux la sortie des films Harry Potter etc etc donc c'est vrai que ça a été véritablement pris dans cette mouvance à ce moment là
Speaker 2justement vu qu'on parle de ce que ce que tu as en tête en écrivant tu écris sur des thématiques très fortes je trouve surtout pour du young adulte finalement ou en tout cas particulièrement dans ce genre là tu nous parles de diversité de harcèlement de grossophobie et je pense que j'en oublie et pourtant c'est pas au détriment des intrigues qui sont très intéressantes des personnages qui sont bien développés pour en avoir lu quelques-uns est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur peut-être ces thématiques là pourquoi celles-ci ainsi que peut-être celles que j'ai oubliées
Speaker 1je pense que pour ce que tu viens de citer du moins le harcèlement la grossophobie c'était surtout dans mon premier roman réaliste qui est sorti donc il y a quelques années quand même maintenant chez Scrimio qui s'appelle La lune est à nous et qui est l'un des romans les plus personnels que j'ai pu faire puisque non seulement il se passe en Belgique dans la région où j'ai fait mes études et ça a parlé de choses bien entendu qui me sont arrivées ou que j'ai vécues par la vie d'une personne qui m'était pas à l'aise qui m'était proche et voilà il y avait besoin quelque part aussi de cette volonté d'exorciser ce qui m'était arrivé ce que j'ai pu vivre tous les sentiments que j'avais à ce moment-là et de trois parts aussi de toucher à des thèmes qui sont malheureusement encore toujours prégnants dans notre société maintenant à savoir le cyber harcèlement et la grossophobie après pour parler de thèmes effectivement qui sont forts d'abord je te remercie de considérer que je parle de thèmes forts et qui en plus ne sont pas au détriment des intrigues c'est pas donné à tout le monde donc merci beaucoup du compliment je sais pas si je pense que la littérature young adult c'est je peux dire que c'est le vecteur je vais pas dire le genre parce qu'en fait il y a plein de gens dans la mouvance littéraire qui est le young adult et je vais dire que c'est un peu le vecteur pour moi qui me semble essentiel en fait pour je vais dire que c'est un peu le vecteur pour justement parler de ces thèmes si on n'en parle pas aux esprits des jeunes maintenant qui sont en train de se former qui se retrouvent confrontés à ce genre de problème à qui on va en parler à des adultes qui sont comme moi 30 ou 40 ans et qui n'ont pas du tout le même regard ou même la portée de recul que j'ai maintenant sur ce qui m'est arrivé quand j'avais 15-16 ans c'est pas le même discours et ça n'aura pas la même portée donc oui autant le faire pour les esprits de la jeune génération de maintenant et de celle d'après en étant très positive sur l'avenir de mes bouquins bien entendu et peut-être toucher justement certains esprits et essayer de les faire réfléchir sur ce qui se passe maintenant dans leur réalité et qu'ils ne connaissent pas et qu'ils ne les concernent peut-être pas forcément mais je pense que attirer leur attention sur le fait que voilà il existe plein d'autres réalités et que ce n'est pas parce que la société nous vend un seul standard qu'il n'en existe pas d'autres qui ne sont pas tout aussi valables et valides que être être blanc, être mince, être jeune, être beau comme on peut comme on peut nous le vendre au quotidien j'ai envie de te dire mais ce n'est pas pour ça en fait que qu'on ne peut pas dire qu'il existe justement d'autres réalités, d'autres vecteurs donc pour moi c'est important de le dire et en plus question diversité puisque là ça m'est arrivé aussi très récemment avec le roman Tous Debout #tousdebout que j'ai co-écrit donc avec Agnès Marot je pense aussi que la question justement de traiter d'autres réalités que la sienne de parler de problèmes qui peut-être ne nous touchent pas forcément mais qui en tout cas nous interpellent en fait elle se pose de plus en plus à des créaturistes et parce qu'on se rend compte de la diversité du monde qui est autour de nous et qu'on se dit qu'on ne peut pas la nier au tout au moins pour la plupart d'entre nous je pense voilà on n'a pas forcément envie de se dire on va peupler nos intrigues avec toujours le même genre de personnages comme je l'ai dit blanche, jeune, mince, beau etc moi c'est pas mon style et j'ai pas envie de parler jusque de ça en fait mais encore faut-il bien en parler encore faut-il bien en parler ne pas choquer et ne pas blesser les personnes concernées et ça je pense que c'est un exercice qui s'avère en fait très difficile et je pense qu'il y a de plus en plus d'autres risques qui peut-être n'osent pas en parler de vive voix et je les comprends tout à fait parce que sur les réseaux sociaux on a envie de faire des choses qui sont très difficiles fait de déformer ce qui pourrait passer pour une honnête demande de renseignements et de information, et on sait les excès des réseaux sociaux en la matière, mais je pense que pour cet exercice, surtout pour désapprendre en fait tout ce qu'on nous a inconsciemment appris, tout ce qu'on nous a inconsciemment mis dans la tête, et que nous conservons même au fil des années, il faut d'abord désapprendre tout ce qu'on a appris, et justement se dire comment aborder ces autres réalités, comment les aborder de manière respectueuse, comment se refléter la diversité de nos sociétés sans renforcer des préjugés qui pourraient s'avérer blessants en fait pour les personnes concernées, et ça je pense que ce sont des questions essentielles qui vont venir. Qui doivent nous concerner, et à laquelle on doit trouver des réponses, parce que justement il n'est plus possible d'avoir toujours un seul type de personnage dominant, je vais dire, un seul type de personnage principal dans nos intrigues, il faut aussi que nous puissions mettre d'autres types de personnages dans nos intrigues, mais encore faut-il le faire respectueusement, et là c'est la question je pense qui va apporter des réponses multiples et variées, mais il faut qu'elle les apporte en tout cas.
Speaker 2Je te rejoins complètement là-dessus, je trouve que c'est même quand on est entre guillemets dans le standard, où justement on est dans le côté personne blanche et sans souci, etc., comment on aborde ces thématiques-là, et c'est vrai que c'est vraiment pas un exercice très facile pour l'avoir essayé, pour essayer de transmettre certaines valeurs mais sans en faire trop, et en même temps être du côté allié et pas du côté, comme tu le dis, qui renforce les préjugés. C'est vraiment un exercice. Oui. C'est vraiment un exercice assez difficile. Je sais pas si t'as des conseils là-dessus, je pense que parmi les conseils, il y aura de te suivre, car t'y arrives très bien, je trouve, mais c'est vrai que je pense que c'est une question sans fin, voilà, de comment on parle aussi de ces thèmes qui sont très forts et qui parfois ne nous concernent pas entièrement.
Speaker 1Oui, et je pense aussi que d'une part, on peut avoir l'air d'être dans une majorité et en fait faire partie d'une minorité, je veux dire, je fais partie de la minorité LGBTQIA+. Et d'autre part, donc, il faudrait se méfier des apparences, et ce, ça vaut pour pas mal de créateuristes également. Il faut apprendre un petit peu avant de pouvoir étiqueter la personne dans une case, mais ça, bon, c'est un débat qui est sans paire voire millénaire. Et d'autre part, ce que tu dis aussi sur le fait de respecter les sensibilités de chacun, il faut bien se dire que le vécu, en fait, des gens, c'est un débat, c'est un débat qui est sans paire voire millénaire. Et d'autre part, ce que tu dis aussi sur le fait de respecter les sensibilités de chacun, il faut bien se dire que le vécu, en fait, des gens, c'est un débat qui est sans paire voire millénaire. Le vécu, en fait, des personnes qui appartiennent à ces minorités, du moins à ces communautés, est multiple et variable aussi. Donc, on ne peut pas dire, on ne peut pas prendre une expérience et se dire, voilà, ça, c'est la seule expérience, c'est le socle commun, c'est une seule case et rien d'autre. Non, on ne peut pas dire ça. Et c'est là aussi que l'exercice se complique réellement. Je n'ai pas, en fait, de méthode à donner. Moi-même, j'ai certainement fait des erreurs. Et je m'en suis déjà excusée quand on l'avait fait remarquer. Mais je n'ai pas forcément de leçons à donner. J'ai simplement aussi des réflexions, des questions qui me traversent l'esprit à chaque fois, en fait, que je me mets à l'écriture et que je me dis, comment traiter cette question? On dit, effectivement, qu'il faut écouter beaucoup les personnes concernées. Oui, effectivement. Refléter leur diversité, leur multiplicité d'expériences. Oui, effectivement. Après, je pense qu'il faut aussi parfois peut-être avoir l'humilité, avoir la force aussi de reconnaître que même si tel ou tel thème, tel ou tel personnage nous appelle, on n'a pas forcément les mieux placés pour en parler. Et peut-être qu'une personne de cette communauté qui ressentirait plus cette expérience que nous, peut-être qu'elle serait plus à même de le faire. Ce sont des questions, je sais, très délicates à poser. Je pense qu'il faudrait des heures et des heures pour en parler. Mais je me suis déjà fait des réflexions, en fait. Par exemple, on parlait de La Lune est à nous, où je mets en scène une jeune fille noire qui s'appelle Olivia. Je me suis déjà fait des réflexions de me dire, je ne regrette absolument pas de l'avoir fait. Je l'ai fait avec tout le respect. Je l'ai fait avec tout le respect qui m'était dans la tête quand je pensais à Olivia. Maintenant, peut-être qu'une personne, une autrice noire ou une autoriste noire aurait pu le faire avec beaucoup plus de sensibilité et de justesse que moi. Ça, je me le suis déjà dit, oui. Et je pense qu'effectivement, il faut aussi en tenir compte quand on parle justement d'exploiter des points de vue. Il faut peut-être se dire, est-ce que je suis mieux placée pour en parler? Allez. Je n'ai pas forcément de conseils ou de recommandations à faire, mais voilà, peut-être des pistes à apporter.
Speaker 2Ça m'évoque pas mal de choses que tu dis, notamment déjà sur le fait qu'on n'est pas toujours la plus confiante dans ce qu'on fait. Et en plus, là, on peut peut-être aussi même se questionner sur notre légitimité à écrire ce livre-là, surtout quand c'est des thématiques, entre guillemets, qui nous font vibrer comme celles que toi, tu abordes. Est-ce que toi, du coup, ça t'a posé ce genre de. ce genre de soucis pour peut-être ta confiance en toi aussi? Ou. Bon, j'ai l'impression quand même que t'as. Enfin, comment dire? Quand tu parles de La Lune est à nous, tu nous décris pas un grand questionnement infini. Je sais pas comment ça s'est passé, peut-être, pour ce livre-là.
Speaker 1Pour La Lune est à nous, en fait, je venais d'avoir fini la saga du Trois Passeurs, je cite un petit peu, et j'avais véritablement envie de changer de régistre. Moi, ça m'arrive régulièrement. Je suis pas quelqu'un qui peut se cantonner. Enfin, pas se cantonner, mais je veux dire, parce que c'est très négatif, mais. Se dire, voilà, j'exploite un registre et je me sens bien là-dedans. J'ai besoin d'aller voir autre chose.
Speaker 3J'ai besoin d'aller voir
Speaker 1ailleurs, j'ai besoin de me dire. de dire, ah, si je faisais ça, si l'idée m'appelle, etc., etc. Donc, voilà, je suis quelqu'un qui est un peu touche-à-tout, multitâche. D'ailleurs, mon agente en sait quelque chose.
Speaker 3On va en parler après, mais c'est clair qu'elle a déjà dû. Elle a déjà dû se dire. Elle me fait faire des tournois à 180 degrés. Donc, voilà, je l'ai assez emmenée dans des thèmes qui nous étaient un petit peu. ni connus, ni à l'une, ni à l'autre. Donc, bon, voilà, c'était assez expérimental. Mais je pense que, voilà, ça s'est
Speaker 1plutôt bien passé dans l'ensemble. Pour ma confiance en moi, disons que forcément, elle s'est renforcée au fil de ma carrière. Puisque, voilà, j'ai appris des choses, j'ai emmagasiné pas mal d'expériences. Aussi, au contact des professionnels de l'édition. Alors, toutes mes éditorices, je peux dire, m'ont apporté quelque chose. Donc, je trouve que, de ce point de vue-là, effectivement, ma confiance en moi s'est renforcée. Après, pour notamment les questions de diversité qu'on vient de toucher, je ne parlerai pas forcément de confiance en moi parce que. Je pense que ça n'a rien à voir avec la confiance en soi. En fait, ce serait plutôt la confiance en soi de s'ouvrir au questionnement. Et de s'explorer un petit peu. L'âme. Et de se dire. Tu écrivais peut-être d'une certaine manière avant. Et maintenant, tu te rends compte que. Il y a d'autres questions qui te viennent à l'esprit avant même d'aborder le premier mot de l'histoire, en nouvelle. Et donc, je pense que. Il n'est même pas une question de confiance en soi. C'est plutôt une question de respect, en fait, envers les autres. Et de se dire. Est-ce que moi, je peux le faire, d'abord? Est-ce que j'arrive à justement mêler l'intrigue, mêler les personnages, mêler les thèmes, sans pour autant en faire un serment? Parce que, voilà, pour finir, au bout de dix pages, on avait compris que ça allait être chiant. Est-ce que l'intrigue est bien menée? D'abord, il y a les questions de l'écrivain en tant que créateuriste. Et puis, il y a les questions, surtout, en fait, je pense, qui agitent une grande part des créateurs. Et puis, c'est vraiment de se dire. J'ai envie de dépeindre le montre tel qu'il est maintenant, mais forcément, je vais me frotter à des questions dont moi, je ne suis peut-être pas habituée ou peu habituée, ou j'ai un certain point de vue dessus, j'aimerais bien en voir un autre. Je pense qu'effectivement, ces deux parts, en fait, vont faire une grosse part commune sur laquelle, maintenant, je fonde de plus en plus mon socle pour me dire est-ce que je peux tenter cette histoire et comment je vais l'aborder? Je pense que, voilà, plutôt. J'ai évolué. J'ai évolué dans mon parcours et j'ai peut-être justement gagné suffisamment de confiance en moi pour me dire, eh bien, cette aventure-là, tu ne l'attends pas. Cette aventure-là, tu vas la tenter, mais d'un autre point de vue.
Speaker 2Voilà. C'est très intéressant. Ça me fait penser un peu à l'épisode 10 du podcast où on avait Aurélie Wellenstein qui nous disait qu'elle. Ouais, en fait, pour elle, c'était vraiment son roman, c'était son moyen vraiment de faire passer son message, mais au travers de. Enfin, ces intrigues-là, justement, ces histoires-là, on avait en fait en fond, finalement, en toile de fond, les thématiques, mais qu'elle, entre guillemets, misait tout sur une intrigue haletante, etc. Je ne sais pas si ça te parle, parce que c'est vrai qu'entre guillemets, tu abordes des sujets très graves, mais on pourrait, vraiment en mettant des guillemets, les mettre un peu de côté et lire une histoire tout à fait bien construite, etc. Je ne sais pas si c'est. Est-ce que c'est l'histoire peut-être qui devient en premier lieu, finalement, et puis petit à petit t'arrives à tout développer? En général, ce sont les
Speaker 1personnages qui me viennent en premier lieu. Ce sont eux qui commencent à me parler.
Speaker 3D'ailleurs, je vais parler encore un petit peu, en effet, peut-être John Dark avec des voix que j'entends et que je suis la seule à entendre.
Speaker 1Mais c'est clair que c'est les personnages qui me viennent en premier. D'ailleurs, quand on parlait justement de la Lune des tenues, je vais dire, moi, j'ai tout de suite eu Max et Olivier en tête. Et quelque part, de ces personnages, je commence à les interroger, à me dire, mais quelle est ton histoire et pourquoi est-ce que tu veux que je la raconte? Et petit à petit. Petit à petit, c'est tout un film qui se met en tête et l'intrigue qui en découle. Mais oui, ce sont les personnages qui me viennent en premier. Maintenant, je comprends tout à fait où est Aurélie et je pense que de toute manière, ses intrigues à le temps, elle y réussit admirablement bien. Enfin, je veux dire, voilà, c'est une écrivaine que j'admire, que j'admire beaucoup et que je lis toujours avec autant de plaisir. Et c'est clair qu'en fait. En fait, on a la mission un petit peu de divertissement, de divertir la lectrice, de lui dire, voilà, avec ce roman, tu vas passer quelques heures de très bon temps, tu vas oublier où tu es, tu vas t'évaluer, etc. Et en même temps, on peut se dire, ce divertissement, il peut aussi être consacré à apprendre quelque chose, justement, ou à faire réfléchir, ou à donner des pistes de réflexion. Enfin, je veux dire, moi, ce sont des romans. Tels que ceux-là qui me font plus réfléchir, quoi. Et qui me disent, waouh, c'est extrêmement fort, quoi. Et c'est un peu comme si on vous jetait une claque dans la gueule, enfin, un peu en plus doux, enfin, voilà, en plus atténué, mais j'ai envie de ce roman-là qu'ils font secouer et qu'ils en même temps prennent en haleine, quoi. Du moins, pour moi, bien entendu.
Speaker 2Je suis d'accord avec toi et je trouve qu'en plus, le fait de le vivre. Il y a une histoire pendant de nombreuses heures, du coup, ça n'a pas du tout le même impact sur nous que de lire, par exemple, un article sur le sujet pendant cinq minutes, aussi. Et c'est ce que je trouve génial avec le fait d'écrire des romans dans ces univers-là, c'est que c'est encore plus puissant, du coup, parce qu'on va passer par les mêmes émotions que les personnages.
Speaker 1Exactement, exactement. Et, par exemple, parmi mes lectures récentes, dont, justement, du Young Adult, mais là, par exemple, du Young Adult anglophone, puisque, voilà, je vis énormément en anglais. J'ai eu l'occasion aussi de pouvoir aussi développer mes propres réflexions sur ma propre nature, en fait. Puisque j'ai dit que j'étais une personne non-binaire, ça veut dire que je me reconnais à mi du pôle masculin, à mi du pôle féminin. J'ai lu récemment, donc, le livre Né de Best Man Win, par. Je ne sais pas comment est-ce que je vais le dire, c'est Z.R.L.O. Vous pourrez me dire. Vous pourrez me donner. Si jamais vous voulez une référence, vous pouvez toujours me contacter par mail ou par message privé, j'y répondrai. Et, en fait, j'ai appris énormément, d'abord, sur la transidentité, sur le fait de pouvoir aussi se dire. Comment est-ce qu'on peut se positionner dans une société qui renforce tellement le fait de devoir se dire, de devoir être binaire? Comment est-ce qu'on peut se positionner dans cette société-là, qu'on se reconnaisse? Comment est-ce qu'on peut se positionner dans une société qui n'est pas justement dans cette binarité? Et c'était hyper intéressant de le voir, en même temps, il y a toute une intrigue romantico-suspense, je veux dire, sur l'univers des campus américains, etc. Donc, un univers qui n'est absolument pas connu, mais que moi, j'apprécie de découvrir. Et, en même temps, de voir le parcours de ces deux personnages, dont l'un, justement, est. Est trans, est un homme trans. Voilà. Ça m'a permis aussi d'ouvrir mon esprit et de me poser ces propres questions que le personnage se posait. Et tout cela, en fait, ça fait son chemin, non seulement dans ma réflexion personnelle, dans la réflexion de la personne que je suis, mais aussi dans la réflexion de la créaturiste, quoi. Donc, voilà. On en revient un petit peu à la lecture qui animait toujours, en arrière-fond, les questions et les réflexions.
Speaker 2Ouais, et c'est hyper intéressant, je trouve. Comme partage, parce que ça peut s'appliquer à plein d'autres questionnements qu'on peut avoir. Je pense, encore une fois, à Aurélie, si jamais tu nous écoutes, mais qui, elle, parlait d'écologie, pareil, au travers d'un roman. Mais en nous racontant une histoire, en fait, en nous plongeant dans un certain univers, ou l'écologie, etc. Et je trouve ça, du coup, très intéressant. Et je pense que ça peut concerner, du coup, tout auteur, aujourd'hui, quel message je veux transmettre. Et on n'est pas obligé d'écrire. Je pense, d'un brûlot engagé pour. Au contraire, peut-être même parce que le moins il sera brûlant, le plus il sera peut-être accessible. Que si, dès les trois premières lignes, on voit qu'on est dans une. Que les portes-pris sont très fortes, ça marchera peut-être moins bien que si on fait progresser, petit à petit, sur le livre entier. On arrête d'être à toucher plus de monde.
Speaker 1En même temps, ce roman-là, je veux dire, était sensible, était juste. Il faisait réfléchir, il m'a beaucoup fait rire aussi. Et en même temps, je pense qu'il était brûlant dès les premières lignes, parce qu'on sentait, en fait, à quel point l'auteur avait lui-même, en fait, subi ce qui arriva à un de ses personnages. Et je pense que d'avoir, de sentir à quel point ça lui touchait à cœur de pouvoir développer ce thème, à quel point son expérience et celle du personnage, peut-être, se mêlaient. Peut-être que c'est moi qui fais un transfert, mais je pense que ça se lisait, en fait, entre les lignes. On sent, en fait, quand ça vient des tripes, quand ça vient du cœur, pour moi, l'écriture, elle se sent. On se dit, c'est pas possible autrement. Je sens que l'auteuriste, il a vécu ce qu'elle est en train de raconter. Et c'est quelque chose d'extrêmement fort qui se lit, en fait, à ce moment-là, entre le personnage, l'auteuriste et, je pense, les lectrices. C'est un peu un manège à trois, je veux dire, qui, pour moi, est extrêmement fort quand ça se produit. Et notamment, il y avait un passage qui, pour moi, en fait, a résumé. Il a résumé très, très bien tout ce qui peut, peut-être, agiter les questions, maintenant, sur la transidentité. En fait, un des personnages principaux est appelé par un professeur de débat, comme ça peut peut-être se produire au campus américain.
Speaker 3Enfin, bref, moi, je remercie le ciel que je n'avais pas ça quand j'étais dans mes études au lycée, parce que j'aurais été très nulle, certainement, quand je me serais récoltée à zéro, mais, enfin, bref. Et donc, il lui colle, bien entendu.
Speaker 1Le thème, puisque, sachant que c'est un élève trans, il lui dit, voilà, tu vas débattre de la question des droits trans. Et, en fait, l'élève monte sur le podium et il dit une seule phrase, il dit, ce n'est pas une question à débattre, c'est une question de droit humain. Et quiconque remet ça en question n'émet pas son opinion, il se prononce contre. Le thème, puisque, sachant que c'est un élève trans, il
Speaker 2dit, voilà, tu vas débattre
Speaker 1de la question des droits trans. Le genre de scène qui te reste en mémoire par la suite, quoi.
Speaker 2C'est vrai que quand je disais Brûlot, je pensais, justement, à l'équilibre, finalement, à avoir entre ce fait, justement, d'écrire avec les tripes, comme tu le dis très bien. Est-ce que tu vois des difficultés à écrire avec tes tripes, peut-être avec une certaine colère envers les injustices, ou même, simplement, des valeurs très, très fortes, et le fait que ça doit, quand même, rester lisible, bien clair pour un lecteur qui n'est pas du tout de ce. monde-là, peut-être de cette réalité-là, finalement?
Speaker 1Mais quelque part, il faut aussi respecter l'intrigue et les personnages, parce que. C'est peut-être le souci, en tant que grand-guinée, que je peux considérer avec ce genre de scène, c'est que, oui, il faut écrire. qu'on l'écrit avec ses tripes, on l'écrit avant que son cœur en mette tout son vécu, mais en même temps, ne pas oublier qu'on est là, d'abord, pour exploiter une intrigue, pour exploiter un personnage, pour parler à travers lui ou elle, ou elle, au lecteuriste, et il ne faut pas l'oublier, ça, en fait. Parce que s'il y a, à un moment donné, une fausse note dans l'ensemble qu'on est en train de créer avec cette histoire, ça se verra. En fait, je suis en train, pour le moment, je fais une petite éclipse, mais je vais revenir au sujet, je suis en train de relire, pour le moment, le livre « L'anatomie des scénarios » de John Truby. Je l'avais lu il y a quelques années, mais. Bon, c'est vrai que la méthode est très anglophone, peut-être, et très dogmatique, de dire, voilà, je vais vous enseigner la bonne méthode pour écrire une histoire vers refroidie, j'aime pas voilà mon esprit est assez rebelle sur ce coup là, il est réfractaire ça lui plaît pas, mais du coup je l'ai repris parce que je trouve qu'il y a quand même des trucs très intéressants et notamment celle-ci où je suis parfaitement d'accord avec lui il dit l'histoire elle est un ensemble organique, ça doit couler de source du début à la fin et si c'est un ensemble organique on peut dire que ça pleurera peut-être pas à tous les lecteuristes et c'est très bien, on n'a pas l'obligation de faire une histoire qui plaît à tout le monde Dieu merci mais on a peut-être l'obligation d'avoir une histoire qui tient la route qui est stable et qui comme dirait Toubaï est un ensemble organique du début à la fin, où il n'y a pas justement de fausses notes ou peut-être de détours et qu'on voit tout de suite parce que ça produit un son discordant c'est comme si vous écoutiez le plus bel orchestre du monde qu'il y a une superbe symphonie et qu'à un moment donné il y a une fausse note ça va s'entendre et ça va vous tirer même inconsciemment de la trance, du plaisir que vous avez à lire cette histoire donc je pense qu'il y a aussi tout simplement le respect des lecteuristes le respect de soi aussi en tant que créateuriste de dire voilà il faut pouvoir juguler son enthousiasme et peut-être aussi le mettre au service de l'histoire et le fait d'écrire avec ses tripes n'exclut pas du tout l'idée d'être subtil au contraire je pense qu'on peut tout à fait faire passer un message comme je viens de le dire avec la scène qui dure peut-être une ou deux pages mais elle dit tout ça n'exclut rien en fait ça n'exclut rien on peut écrire avec ses tripes on peut écrire avec son coeur et d'ailleurs je l'espère pour tous les créaturistes qui peuvent nous entendre et en même temps servir une très très belle histoire ou de très très chouettes personnages ça fait déjà
Speaker 2plein de pistes à creuser en tout cas pour les créateuristes qui nous écoutent j'espère je pense est-ce que toi parce que là tu nous donnes un conseil général mais toi comment tu fais justement pour ces histoires là pour qu'elles soient justement organiques et cohérentes est-ce que tu les prépares en amont
Speaker 3j'ai une non-méthode ça s'appelle le gros foutoir non en fait je ne suis pas du tout une architecte
Speaker 1je ne suis pas du tout une architecte d'ailleurs mon agente pourrait le confirmer quand elle me dit Cindy il va falloir préparer un synopsis elle sait très bien comment je vais réagir elle me dit ben oui en fait tu fais un synopsis mais de toute manière je sais que tu dévieras du synopsis dès le premier paragraphe et en général c'est ce qui se produit donc voilà quand je dis que mon esprit est réfractaire il est réfractaire jusqu'au bout en fait comme je l'ai dit les personnages me viennent en général en premier c'est très rare qu'il y ait un concept qui ne parle plutôt que les personnages ça se fait comme ça je vais dire un petit peu chez moi de manière organique de manière spontanée ce sont les personnages qui me parlent en premier c'est eux en fait qui me donnent la matière première bien sûr il y a des thèmes que j'aime toujours j'aime toujours exploiter on a parlé de la matière première on a parlé de la matière première on a parlé de la matière première on a parlé de la diversité tout à l'heure mais je pourrais dire aussi les abus de pouvoir en tout genre le fait des inégalités de cette recherche de plus de justice de plus de solidarité de plus de sororité aussi qu'on pourrait souligner bien sûr ce sont des thèmes qui sont je pense toujours un peu présents dans mes histoires mais en même temps c'est vrai que de le faire via le biais d'autres personnages toujours des personnages nouveaux toujours qui ont quelque chose à raconter tout ça m'aide en fait à créer des histoires à créer des intrigues et d'ailleurs il y a aussi les expériences personnelles qui comptent et même des expériences moi-même je ne m'aurais jamais dit que j'aurais pu exploiter par la suite mais par exemple c'est ce qui s'est passé avec dans les dix petites terres de brume aux éditions Rajo et c'est ce qui s'est passé qui en fait est venu de conversations entre moi et l'éditrice de Rajo lors du festival des Imaginels elle m'a approchée en fait dans l'idée d'ajouter plus de fantasy donc au catalogue des éditions Rajo plus d'imaginaire puisqu'ils étaient en recherche à ce moment-là d'oeuvres de ce calibre on va dire et je suis tout de suite partie en fait sur une antiquité gréco-romaine même revisité même sans partir dans les grands mythes mais moi c'est ce qui avait bercé un petit peu mon enfance et ma prime jeunesse donc j'avais envie de l'exploiter mais je n'avais pas envie de l'exploiter via le prisme habituel qui est celui des grands héros masculins bourrés de testostérone etc etc c'était pas du tout mon but donc je l'ai fait via un prisme féminin et c'est ce qui a donné les deux héroïnes de terre de brume Hera et Intisar et euh rien que de le faire en fait de le faire via un prisme féminin il y a aussi le prisme de survivante dans un monde qui a été dévasté donc par par la brume donc un monde absolument post-apocalyptique ce que j'avais envie de faire depuis très très longtemps en fait m'a donné plein de pistes de réflexion pour élaborer cet univers et de me dire voilà comment est-ce que je peux le construire comment est-ce que je peux me rendre par quelque part crédible en fait et donc c'était c'était c'était très intéressant de le de le faire même dans un thème peut-être un cadre qui était prédéfini au départ mais je trouve que la créativité peut toujours s'exprimer même que ce soit un travail qui soit librement aspiré donc par votre propre inspiration ou quelque chose qui est réalisé en accord avec l'éditeur et que qui est plus un travail de commande comme on dit dans le milieu du livre quoi voilà j'aime
Speaker 2beaucoup ton émission parce que c'est un exemple parce qu'en plus ça montre que c'est pas parce qu'il y a eu une conversation avec un éditeur au départ que c'est très carré et très figé et toi ça a été vraiment un cheminement quoi quand t'as suivi ton inspiration je fais juste une petite parenthèse parce que t'as évoqué le concept d'architecte et de jardinier et c'est une alors je vais pas dire une croisade mais un combat que je mène pour qu'on utilise peut-être moins ces termes qui pour moi sont vraiment très binaires pour si j'ose la la comparaison c'est clair mais et qui sont vraiment très binaires qui peuvent du coup désorienter les auteuristes en leur disant il faut te mettre dans cette case là ou celle-ci et c'est tout alors qu'en fait
Speaker 1c'est un large aspect quand tu regardes bien
Speaker 2c'est ça et que finalement ce que je préfère du coup donner comme guide aux auteuristes c'est de parler de méthode de préparation qui les rassure et l'absence de méthode en est une comme tu le dis la non-méthode peut-être que toi tu es rassurée par le fait de pas avoir de limite à ton imagination pas de barrière et que du coup ça peut te permettre de mêler du post-apo et de l'antiquité sans aucun problème et je trouve que voilà quand on parle d'architecte et jardinier je dirais de faire attention et de bien le
Speaker 3nuancer parce que ça peut
Speaker 2faire du mal voilà ça peut faire plus de mal que bien finalement parce qu'on peut du coup s'embarquer dans des méthodes qui ne nous conviennent pas c'est clair
Speaker 1et surtout que je vois malheureusement une tendance qui se généralise un petit peu maintenant c'est celle d'être extrêmement catégorique sur notamment sur les réseaux sociaux concernant l'écriture en disant les vrais auteurs comme si on avait des faux ou encore la bonne méthode pour il n'y en a pas de fausses en fait il n'y a qu'une seule méthode c'est celle qui va vous coller c'est celle qui va vous permettre de réaliser ce que vous avez envie de réaliser et pour ça en fait je pense qu'il faut multiplier les méthodes de création par exemple j'ai évoqué John Trubail qui a une méthode hyper carré avec 22 étapes à suivre et voilà aussi pour lui ça marche c'est pour certains scénaristes ça marche c'est pour certains créatrices ça marche c'est génial si vous êtes rassuré en disant si vous arrivez en fait à votre but et qu'en même temps vous pouvez faire de la manière qui vous convient avec des questions d'architectes en disant voilà j'ai tout planifié à l'avance je connais des potes qui fonctionnent ainsi et c'est génial pour elle il y en a même qui écrivent absolument dans le désordre ce dont je suis absolument incapable de dire écrire avant la fin avant le second chapitre laisse tomber c'est pas la même histoire que j'écris voilà c'est tout moi j'écris obligatoirement de manière linéaire mais il n'y a pas une méthode qui est meilleure que l'autre en fait il faut s'en rendre compte et il n'y a pas non plus de passage obligé en fait en écriture et je pense que c'est ça aussi une liberté que l'on évoque encore trop peu souvent en disant voilà quand vous êtes auteur ceci cela ceci c'est ça aussi une liberté que l'on évoque encore trop peu souvent en disant voilà quand vous êtes auteurs ceci cela ceci Non, en fait, il faut que vous fassiez votre propre expérience Il faut que vous puissiez toucher un petit peu à tout Et c'est pour ça aussi que c'est utile de se rapprocher des livres Qui tout simplement parlent des tactiques d'écriture, des techniques d'écriture, des méthodes Que vous suiviez des masterclass Ou que vous décidiez de vous lancer d'abord dans l'écriture de nouvelles Mais rien, rien du tout Mais une mauvaise méthode en soi, pas du tout Il faut simplement faire son propre parcours, faire son propre expérience Et voir ce qui vous convient Comme tu dis, architecte jardinier, en fait, c'est juste deux pôles d'un large spectre C'est pas du tout ou deux camps opposés, ou l'un prétend être meilleur que l'autre. Pas du tout, c'est simplement qu'il faut bien se dire que moi, par exemple, je me situerais plus au milieu de ce spectre. Parfois, je me dis que je ne vais pas me lancer sans avoir une vague idée de la fin et sans savoir comment tout ça peut se déclencher, mais pour moi, je me situe entre les deux. Et là-dessus, c'est très bien de le voir plutôt comme un large éventail de possibilités plutôt que de restreindre ça à deux techniques bien rodées. Voilà, pour moi en tout cas.
Speaker 2Oui, c'est ça, et ça c'est pour toi. Et Aurélie, justement, dans le fameux épisode, nous parlait d'un de ses romans. Alors, le nom m'échappe, je le mettrai dans les notes du podcast, mais où elle a vraiment suivi Troubaille de A à Z, et aucun problème. Et elle l'a fait une fois, et pour les autres romans. Attends, vas-y, t'inquiète, je vais faire une petite pause du coup. Sorry, j'ai avalé de travers. T'inquiète, c'est bon, tu me racontes. Elle l'a fait pour l'un de ses romans, et pour les autres romans, elle a testé d'autres choses, et tant mieux, ça lui a permis de trouver d'autres méthodes, etc. À l'inverse, Célia Flo, que j'ai eue en masterclass dans ma communauté Les Explorateurs, qui, il me semble, a la même agente que toi, est aussi plutôt dans le côté improvisation-liberté, et du coup, nous disait qu'elle, elle se mettait aucune limite, mais par contre, elle faisait un travail de correction, peut-être du coup plus important, pour vérifier bien la cohérence, le rythme, après coup. Merci. Je ne sais pas si toi, c'est quelque chose, du coup, que tu fais, ou ça dépend, enfin, je ne parle pas du fait de corriger, mais peut-être de passer plus de temps sur la correction, ou.
Speaker 3Moi, c'est plutôt des cadres écritures, en fait, carrément. En fait, je me lance dans la première version.
Speaker 1Je vais dire que c'est un peu une phase test, en fait. J'explore les possibilités, je vois comment peuvent se développer les personnages, et parfois, ça ne se développe pas du tout de la manière dont j'avais imaginé, et c'est tant mieux. Je vois ce qui marche, je vois ce qui marche moins bien, et en fait, par exemple, trois quarts du roman, environ, c'est toujours plus ou moins cette étape-là. Je stoppe, et je reprends tout à zéro. Et en général, je conserve très très peu de la première version que j'ai faite. D'ailleurs, je me souviens que quand j'ai écrit « Hashtag tous debout avec Agnès » qui était donc quand même la première collaboration à quatre mains que j'ai faite. Depuis, j'en ai entamé d'autres, mais je veux dire, voilà, ça, c'était la première collaboration. À quatre mains que j'ai faite.
Speaker 3C'était quelque chose qui était un petit peu. Pas un point litigieux, mais Agnès, je me souviens qu'elle me disait « Mais cette semaine, elle était bien dans la première version! » Et moi, je disais « Oui, mais je peux aussi la réécrire. » « Oui, mais elle était bien dans la première version! » Donc, en fait, ce que je faisais, c'est que je prenais la première version
Speaker 1et je l'adaptais, en fait, à la version actuelle qu'on a pu voir avec le bouquin entre les mains. Voilà, c'était un petit peu pour vous donner une méthode de. Il est un peu une méthode, je le reconnais tout à fait.
Speaker 3Mais voilà, pour moi, ça marche et tant mieux, quoi.
Speaker 2Voilà. Oui, et puis, c'est une piste intéressante à creuser, de dire « Est-ce que maintenant, au bout d'un certain temps d'écriture, finalement, mon idée est suffisamment affinée? Je peux peut-être revenir et me réorienter dans la. »
Speaker 1Oui, et je le sens d'instinct quand je me dis « C'est pas la peine de continuer parce que t'as déjà une idée de ce que ça va devenir la vidéo. » Voilà. En général. En général, c'est comme ça que ça se passe. C'est comme ça que ça se passe. Et c'est exactement. J'ai été là au début, environ, à la fin du mois de mai, quand j'ai stoppé la première version du projet sur lequel je travaille. Et que là, je suis en train de faire la vidéo. Et voilà, je sens que ça coûte beaucoup mieux. Et justement, devenir beaucoup plus organique pour reprendre peut-être un peu tout ça.
Speaker 2Merci en tout cas de nous partager ta méthode parce que je trouve que c'est très inspirant de voir vraiment tout l'éventail de possibilités qui s'offrent à nous. Et notamment le fait qu'il n'y a pas de. Comme on le disait, de méthode qui est à appliquer à tout prix. Est-ce que tu aurais d'autres, peut-être, conseils pour des jeunes auteurs? On en a évoqué pas mal, je pense, déjà dans l'épisode. Mais peut-être qu'il y en a certains que tu aimerais nous partager.
Speaker 1Je dirais aussi de prendre son temps. Et c'est quelque chose qui va peut-être sembler très, très, très bizarre, en fait. Mais de prendre son temps aussi, tout simplement pour pouvoir explorer qui on est, d'abord. En tant que créateuriste, je pense que c'est intéressant de le faire. Pour ça, en fait, pour les anglo-afro, je trouve qu'avec les cours qu'ils ont de Creative Writing, c'est quelque chose qui se donne justement l'opportunité de faire, alors qu'en francophonie, on est encore beaucoup plus réticents. On est toujours un petit peu dans. rebelle à tout type d'enseignement sur l'écriture, alors qu'en fait, on voit peut-être ça comme une limitation, alors qu'en fait, ça peut être tout simplement une aide et aussi une étape qui est la bienvenue dans la création de l'écriture. Comme je disais, de suivre une masterclass, que ce soit par. il y en a plein maintenant, que je veux dire, que ce soit par des autoristes ou par tout simplement des gens qui ont fait justement des études dans l'édition, etc., qui ont une certaine expérience, tout simplement, ça peut être libérateur aussi de le faire, de se dire, ben voilà, j'admets que j'ai pas la science infuse et je vais voir avec ce que les autres en disent là-dessus. Je pense que ça peut être très bien. Donc, prendre son temps, prendre le temps aussi de découvrir son histoire. Faut pas non plus tout de suite, en fait, se dire que la première version va être la bonne. Ben non. C'est, comme je dis, c'est une phase test. Et il y a une phrase, je sais plus qui l'a dit, malheureusement. J'ai une mémoire assez catastrophique pour me souvenir de l'autorité des citations. Mais il y avait une citation sur l'écriture que je trouve assez juste. Donc, on dit, la première version, c'est vous qui vous racontez à vous-même. Et toutes les autres versions qui vont venir, ça va être pour les lecteurs ici. Eh bien, ce que ça dit, il faut trouver, il faut se laisser le temps, il faut trouver la meilleure manière de raconter cette histoire-là. Que vous l'avez dans vos tripes, d'accord, vous l'avez dans votre esprit, ok, vous l'avez peut-être synthétisé de A à Z, très bien. Mais laissez-vous le temps de faire connaissance avec elle, avec son intrigue, avec son univers, avec ses personnages, et de voir ce qui peut être le mieux, en fait, pour raconter cette histoire. Et aussi, mais ça, je l'ai déjà dit aussi quand j'évoquais le collectif d'où je viens, ne pas avoir peur du regard des autres, être bien entourée. Parce que je sais que c'est l'énorme chance dont j'ai bénéficié au début de mon parcours, c'est que j'étais bien entourée. Et je le suis toujours aussi bien. Mais je veux dire, c'était hyper important au début de ma carrière de me dire, j'ai des gens à qui je peux poser des questions. Non seulement sur un trip, mais aussi sur un parcours. Et là, on va en parler du milieu de l'édition. Parce que sinon, effectivement, j'aurais signé des contrats qui étaient absolument désastreux pour moi. Et heureusement, j'ai ces personnes vers qui me tourner et qui m'ont dit, non, non, tu ne vas pas accepter ça parce que les conséquences, peut-être qu'à court terme, ça aurait été très bien, mais à long terme, ça aurait été désastreux pour toi. Et avoir cette connaissance professionnelle, je trouve qu'aussi, c'est hyper important. Et heureusement, je vois des mouvements maintenant en francophonie qui permettent justement de se renseigner plus sur les droits des autoristes et tout simplement d'aborder les questions financières parce que ça aussi, c'est encore un gros tabou alors que ça ne devrait pas. Mais voilà, ça aussi, c'est important de pouvoir le dire. Donc, être bien entouré, ne pas se laisser le temps et en même temps, aussi se laisser le temps de prendre des informations. Parce que si vous voulez faire carrière dans le milieu de l'édition, autant être informé sur ce qui s'y pratique.
Speaker 2Je suis tellement d'accord avec toi. Je te remercie pour ce rappel. Pour info, si jamais tu nous écoutes et tu n'as pas écouté l'épisode 6 du podcast où on a une juriste qui nous parle pendant une heure de ses fameuses erreurs à ne pas commettre quand on signe son premier contrat. Alors effectivement, ça ne remplacera pas une communauté autour de soi des professionnels. Mais c'est déjà une première étape, je pense, pour éviter de se retrouver, comme tu le dis, dans des études si longtemps.
Speaker 1J'ai eu tellement de témoignages, en privé, d'autoristes qui me disaient « j'ai signé alors que je savais que je ne devais pas signer ça, mais je n'avais pas d'autre choix » ou « je pensais ne pas avoir d'autre choix » et je me disais « mais c'est rageant, quoi! » C'est rageant parce que si ces personnes avaient été mieux entourées ou avaient pu simplement prendre le temps de la réflexion, si on ne les avait pas non plus pour certains, pressés, avec peut-être aussi à la manière d'un rouleau rond presseur derrière en disant « signes où je t'écrase », voilà, ça aurait été tout à fait différemment pour leur carrière et je sais que ce genre de choc, aussi, ce genre de se dire « on a pris peut-être la mauvaise décision et on s'en rend compte », ça peut endommager des créateuristes et voilà, on n'en a pas vraiment besoin.
Speaker 2On est d'accord. Alors du coup, j'aurais encore des milliers de questions à te poser, mais pour faire un peu court, est-ce que tu peux simplement nous dire quelques mots parce que je trouve intéressant vu que tu es représentée par une agente, quelques mots sur ton travail avec elle, comment ça impacte peut-être ta façon d'écrire?
Speaker 1Alors d'abord, pour moi, être représentée par cette agente qui s'appelle Roxane Doir, qui travaille à Curtis Bond, une importante agence à Londres, en fait, pour moi d'abord, c'est une agence Je sais que c'est un filet de sécurité, parce que voilà, pour moi, c'est aussi la personne référence quand j'ai un problème quand j'ai une question et que ce soit n'importe quoi sur la création aussi tout bêtement sur les finances sur les droits qui sont relatifs aux oeuvres etc je sais que je peux l'appeler je sais que là roxane sera mon écoute et ça je veux dire c'est une tranquillité d'esprit on gagne en sérénité on a même pas idée quoi et ensuite je sais que c'est quelqu'un aussi qui va me suivre dans mes idées parfois je sais qu'elle
Speaker 3peut être parfois bien original pour reprendre un terme neutre mais
Speaker 1qui est aussi là pour me rappeler les réalités du terrain et tout simplement pour me dire ça j'aurais plus de mal à le casier ou ça le marché est pas prêt pour le moment parce que bon ça aussi il faut bien se dire que c'est une réalité avec laquelle il va falloir composer en tant que créateur il sait que parfois le marché vous est pas favorable et vous sera peut-être favorable après dans un ou deux ans peut-être dans dix ans mais pour l'instant il n'est pas favorable voilà quand on recherche plus de choses et moi de l'autre parce que soit on est et que et du filon par exemple je pense à toutes les histoires de vampires qui se sont propagés dans le sillage de twilight etc notez que je ne pose absolument pas de jugement de valeur je n'ai pas lu je n'ai pas vu les films donc ouais c'est simple ou comme dit on recherche plus peut-être plus de middle grade donc des des histoires qui qui s'adressent à du 8 12 ans mais aussi middle grade donc c'est une catégorie assez assez flou comme le young adult voilà ça c'est les réalités du marché et on peut pas faire sans parce que voilà on voit pas l'affaire à la david et la goliath bien sûr c'est pas la peine de se dire je vais m'écrire que ce que le marché demande maintenant parce que ça par contre c'est un faux calcul je veux dire le temps que votre projet il soit abouti et puis c'est de présenter à un éditeur mais d'ici deux ans la tendance aura marché donc aura changé donc forcément ça ne sert à rien de se dire ah maintenant je vais faire que ce qui marche maintenant ben non parce que forcément le temps de d'aboutir à une histoire de la publier etc voilà la mode aura passé donc ça sert strictement à rien je pense qu'il faut écrire les histoires qu'on a envie d'écrire avec son coeur et en même temps de se dire quand en tant que créateuriste ça peut ne pas marcher tout simplement parce que le marché n'est pas prêt pour le moment voilà ça n'a rien à voir avec vous ça n'a rien à voir avec l'oeuvre ça va avec le marché et je pense que avoir donc ce conseil de mon agent tout simplement m'a permis aussi de réaliser l'importance de ce facteur après je le mets de manière négative mais ça peut être aussi très très positif soyons clairs et puis c'est quelqu'un aussi qui m'a ouvert des portes c'est clair et net je veux dire ce sont des estime c'est quelqu'un qui m'a permis de faciliter ou de demain des contacts que j'aurais eu beaucoup plus difficile à dénicher auparavant quelqu'un qui m'a guidé aussi par exemple je pense à l'adaptation en podcast des terres de brume qui a été réalisé donc par la rtbf une des deux grandes chaînes de tv belge est quelque chose qui voilà que j'avais aucune expérience avant mais roxane on avait on avait une connaissance de par son expérience anglophone puisque là comme dans beaucoup d'autres choses les anglophones nous ont un peu devancé et qui m'a permis de mieux saisir en fait les tenants et aboutissants par essence et d'adaptation je donne des exemples très concrets mais je pourrais les multiplier à l'infini voilà depuis bientôt cinq six ans qu'on collabore
Speaker 3ensemble voilà on a
Speaker 1on
Speaker 3a une assez bonne connaissance de deux d'une part comment fonctionne
Speaker 1l'autre et de deux comment est ce que on peut on peut envisager l'avenir et voilà voilà pour moi c'est une aide inestimable dans mon parcours et dans ma carrière quoi et à
Speaker 2propos d'avenir est ce qu'on peut avoir un peu ton actualité du moment qu'est ce que tu peux nous dire à ce sujet
Speaker 1donc bientôt je vais sortir donc ma troisième publication 2021 ce qui est déjà pas mal qui va s'adresser donc à un public très très différent de ce que j'ai fait pour le moment bah d'ailleurs je vais t'en réserver la primeur maintenant parce que voilà il va bientôt sortir donc j'ai pas encore fait l'annonce officielle mais du coup je le fais ici en fait c'est un album pour enfants qui s'adresse donc à je vais dire cinq six ans en général donc au niveau première lecture et il va être publié par au zoo et ce sera donc des contes et légendes des Ardennes belges donc quelque chose que je n'avais jamais fait jusqu'ici un patrimoine qui m'était un peu connu puisque je viens de Belgique mais je ne suis pas des Ardennes donc en fait j'ai fait aussi tout simplement une redécouverte de ce patrimoine et ça a été très très chouette de pouvoir aussi m'en imprégner et pouvoir tout simplement en prendre connaissance et c'est servi avec des illustrations d'Hervé et Gourdet qui sont véritablement à tomber je ne les avais pas vues avant d'avoir le comment dire le BAT donc le bon à tirer qui est un peu l'épreuve définitive du livre avant qu'on l'envoie définitivement à la première et franchement elles sont véritablement à tomber et je suis très très content en fait de mettre l'ancien dans cet exercice puisque là aussi c'était un exercice c'était aussi quelque part une collaboration qui a été définie avec un cadre très précis et je suis contente aussi d'avoir pu aussi imprimer ma marque même discrète sur sur ces récits donc c'était très très chouette et normalement ils sauront pour la rentrée ici voilà waouh super
Speaker 2c'est assez c'est tellement éloigné de de ce que tu as tout à faire jusqu'ici on voit vraiment que ça t'amuse ouais d'explorer de tous ces genres finalement oui et puis c'est véritablement ça
Speaker 1qui qui me porte aussi et en parlant de rentrée donc il y aura donc la publication du podcast de la saison 2 et la dernière saison donc parce qu'il y avait deux livres donc une saison par livre donc du podcast Terre d'Abreuil que vous pouvez retrouver sur plusieurs plateformes sur YouTube et bien sûr sur audio donc le service de plateforme streaming de la rtbf je sais pas si c'est en revanche accessible en France j'ai déjà eu beaucoup de questions là-dessus mais je sais pas moi en tout cas vous pouvez le retrouver sur Apple Google podcast et YouTube donc voilà
Speaker 2on mettra bien sûr les liens dans les notes du podcast pour que vous puissiez écouter ça merci mille fois Cindy pour pour tous ces conseils pour cette découverte aussi de toutes les différents univers tu nous montres qu'on peut écrire et s'amuser sans rentrer dans des cases et je trouve ça fantastique qui est inspirant je sais pas si tu as un mot de la fin peut-être je
Speaker 1veux dire aussi de se faire plaisir voilà tout simplement ça rentrera peut-être dans une dernière recommandation pour tous les écrivains écrivains tous les créatrices aussi en général qui nous écoutent mais aussi de se faire plaisir parce que d'abord bah je sais que l'écriture n'est pas la même chose que l'écriture n'est pas la même chose que l'écriture n'est pas la même chose que l'écriture n'est pas la même chose que l'écriture n'est pas la même chose que l'écriture n'est pas la même chose je sais que l'écriture demande beaucoup de sacrifice beaucoup de temps d'énergie d'investissement personnel qu'on pourrait remettre dans d'autres d'autres trucs que notre domaine et je pense que si on se fait pas plaisir en écriture alors là franchement on a loupé quelque chose donc voilà
Speaker 3autant se faire plaisir merci
Speaker 2beaucoup pour ce très beau mot de la fin et merci pour cet épisode qui je pense va beaucoup plaire et beaucoup inspirer merci
Speaker 3beaucoup merci beaucoup
Speaker 2d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout s'il t'a plu tu peux me laisser un avis sur apple podcast et de partager à un collègue auteur et tu peux rejoindre les auditeurs du podcast sur j'écris un roman point fr slash hello pour échanger et écrire avec nous ou encore me poser toutes tes questions et je te dis à bientôt au café des auteurs