Speaker 1Hello collègues écrivains, ce podcast va être un petit peu spécial parce que je t'ai écrit une lettre que je vais t'envoyer du coup si tu souhaites la recevoir via l'application Substack qui n'est pas celle que j'utilise d'habitude donc si tu souhaites la lire à l'écrit ou même de manière manuscrite parce que les deux seront possibles tu trouveras le lien dans la description de ce podcast bien sûr dans ce podcast je vais du coup te donner le début de la lettre en question parce que franchement c'est un sujet dont je ne parle pas assez justement le but de cette lettre c'est aussi de m'exprimer en tant qu'autrice et pas que en tant que coach de te partager un retour d'expérience plutôt que de te dire fais comme ci fais comme ça même si j'espère bien que c'est pas comme ça que tu me vois c'est aussi de laisser parler un petit peu mon cœur aussi d'ailleurs c'était un très bon moment pour moi d'écrire cette lettre un peu cœur à cœur en m'imaginant que face à moi je t'avais toi et que je pouvais communiquer avec toi simplement en laissant courir les mots sur le papier parce qu'après tout c'est pour ça qu'on écrit je voulais donc dans le cadre de cette lettre, cette première, te parler d'un sujet dont je parle très peu c'est un peu l'après, l'après premier jet, l'après premier roman ou encore l'après publication un petit peu tout ce que j'aurais aimé savoir en m'attaquant à l'écriture de ces projets-là qu'est-ce qui allait changer dans mon écriture aussi et c'est pourquoi je vais te parler des phases qu'on rencontre quand on est un écrivain en herbe ce seront en tout cas mes phases à moi mais je pense qu'elles vont pouvoir résonner avec toi aussi c'est presque universel comme sujet et pourtant je trouve qu'on le voit très peu parce qu'évidemment notre rapport à l'écriture il évolue notre premier roman ne sera pas comme le deuxième etc et c'est justement de ça que je voulais te parler et je vais commencer par la première phase qui me fait rire un petit peu et j'espère que je ne vais blesser personne en disant ça parce que c'est un petit peu la phase du jeune parent il y a pas mal de jeunes parents dans mon entourage et en fait je vois des comparaisons un petit peu avec quand moi j'ai commencé l'écriture de roman tu sais on veut tout bien faire, on regarde toutes les méthodes on prend tous les conseils en se disant je les prends, je les prends, tout est bon à prendre on lit des tas de livres, je pense à mes amis jeunes parents qui lisent des tas de livres moi aussi j'ai lu des tas de livres sur l'écriture à mes débuts et je te fais un petit clin d'oeil si tu as Troubi, le Thésaurus des émotions ou encore le livre d'Orson d'Orson Scott Card, Personnages et points de vue moi j'ai même lu, écrit un roman et le publié de Bob Maier et c'était super nul mais bon, que veux-tu on lit des tas de livres, on trouve des tas de méthodes on les déniche un petit peu partout et c'est normal qu'on fasse ça en fait, en faisant tout ça en se plongeant dans les méthodes, dans les conseils on a un petit peu ce côté bon élève j'adore l'appeler comme ça, le syndrome du bon élève et ce syndrome du bon élève il nous sert à faire un petit peu de choses il nous sert à une chose principalement c'est contrer un petit peu la partie de notre cerveau l'amygdale, qui déteste l'incertitude parce que incertitude égale danger égale on peut se faire manger par un tigre si on ne suit pas ces conseils là et du coup on a tendance à paniquer un petit peu dès qu'on manque de repères finalement alors petite parenthèse quand même mais là je te parle des on dirait un petit peu des auteurs qui préparent qui vont suivre des tas de méthodes il existe un peu le contraire j'accompagne aussi des auteurs qui me disent non non moi je ne prépare pas non non moi je fais comme ça non non moi je ne mets pas les séances d'écriture dans mon emploi du temps tu vois un peu le non non moi je ne fais pas comme ça sauf que ça aussi c'est un repère c'est un je fonctionne comme ça c'est une règle et je t'assure que même en étant dans l'improvisation et pas dans les carcans un petit peu les carcans imaginaires que je viens de te décrire les emplois du temps, les méthodes, les conseils on peut quand même s'enfermer aussi dans le moi je fonctionne comme ça dans tous les cas cette phase là cette phase là cette phase un petit peu du jeune parent qui suit les méthodes etc est complètement normale ce serait même bizarre de ne pas passer par là c'est un peu comme ça qu'on va faire quand on va se lancer dans quelque chose maintenant pour les auteurs en herbe ça peut aussi prendre d'autres petits aspects un peu marrants comme aller chercher tous les outils Scrivener, Notion des Clouds etc Antidote, tout ça tout ça s'équiper un peu comme si on allait gravir une montagne avec un gros sac rempli de trucs tu la vois venir la petite méthode à la wilde quand elle a un sac de 20 kg sur le dos là j'espère que tu vois de quel film je parle le film wilde du coup où elle fait une randonnée mais elle part avec beaucoup trop d'affaires bref c'est normal de partir avec toutes ces affaires et de pas forcément toutes s'en servir ou pas forcément bien s'en servir parce qu'on sait pas encore qu'est ce qui fonctionne pour nous et qu'est ce qui m'amène à la phase 2 la phase 2 et bien c'est un peu la phase du deuxième roman peut-être c'est je. sais comment faire maintenant j'ai testé et ça a marché pour moi et donc j'y vais je pense que tu me vois venir c'est pas exactement comme ça que ça se passe en général et si tu as déjà écrit soit un deuxième roman ou même un deuxième jet un petit peu de ton premier tu sais qu'il y a quelques trucs qui sont pas aussi simples que ça dans la phase 2 on aime bien se dire que on va répéter ce qui a fonctionné pour le premier et c'est là qu'on se confronte à l'incertitude à la nouveauté au fait que chaque roman est différent et qu'il va nous falloir autre chose en général pour en arriver au bout chaque roman aura besoin d'une certaine préparation ou manque de préparation il aura besoin d'une écoute différente pour trouver l'intention il va nous donner du fil à retordre dans tous les cas et la phase 2 c'est ça c'est apprendre qu'il n'y a pas de bonne méthode mais peut-être déjà reconnaître un petit peu des choses qui ont fonctionné pour nous essayer de les appliquer tâtonner à nouveau comprendre qu'il va à nouveau falloir expérimenter peut-être de nouvelles choses mais savoir quand même qu'on a déjà réussi on a ça dans notre sac magique avec tous nos outils en fait c'est important de se dire que chaque roman c'est une terra incognita pour notre cerveau un territoire inexploré des nouvelles connexions à faire et il n'y a jamais de recettes qui marchent à 100% sauf si vraiment là on s'éloigne de la vraie écriture de roman et qu'on part dans des romans calibrés qui ressemble plus à des cahiers des charges mais je m'égare et bien le cerveau ignore tout de ce que tu vas créer il a juste un petit peu retenu le processus mais c'est tout d'ailleurs marguerite duras disait que chaque livre l'a plongé dans un non savoir total et je trouve ça beau c'est pas la seule qui a décrit un petit peu ça le fait qu'à chaque roman il faut tout réinventer parfois mais ça c'est encore quelque chose de très doux par rapport à la phase 3 que peut-être tu peux t'épargner j'ai envie de te dire tu pourrais rester pour toujours dans ce bouillonnement créatif des phases 1 et 2 écrire des supers romans merveilleux etc d'ailleurs ça me fait un petit peu penser aux romans que j'écris moi en ce moment où il est question de ne pas choisir de ne pas partir dans le sérieux tu me vois venir la phase 3 c'est la publication quelle qu'elle soit le fait d'envoyer à des éditeurs de se lancer en auto-édition ou même de participer à des concours mais c'est pas la phase qui fait le plus de bien et elle peut vraiment faire très très mal à notre confiance en nous en tant qu'auteur à notre façon de nous voir à notre syndrome de l'imposteur à nos peurs etc ma collègue aurélie wellenstein me l'a très bien décrié elle m'a dit que tout allait bien presque tant qu'on reste dans l'écriture et que les vrais problèmes sont liés à la publication gabrielle massat également qui est aussi passé dans le podcast du café des auteurs m'en a parlé en fait dès qu'on passe dans cette phase là de la publication on peut atterrir dans toutes les émotions négatives même être dégoûté de l'écriture parce que le cerveau social entre en jeu on va voir notre valeur au travers des oui ou des non des éditeurs ou des peut-être ou des absences de réponse on va avoir peur du rejet on va se mesurer en fait à ce retour qu'on va recevoir vis-à-vis de nos textes qu'ils soient par des lecteurs des éditeurs des comités de lecture des robots etc parce qu'on ne publie pas pour soi on publie pour les autres et là là ça fait mal là les refus ne sont pas juste un refus nous on voit le mail de refus et on pense je suis nul le roman ne vaut rien ça valait pas le coup etc etc et même moi et là je vais te faire vraiment partage très très personnel mais même moi qui ai étudié l'écriture créative pendant plusieurs années accompagné des auteurs fait des master classes qui ont aidé des auteurs aider des auteurs à signer des contrats d'édition dans des super maisons d'édition et va même moi les refus me met à terre surtout même quand il ya un petit peu de positif dedans mais bon tu connais le biais de négativité où on voit comme ça tout le positif mais en fait c'est un nom on va retenir non et et même moi j'ai eu quelques péripéties notamment avec une agence et ça m'a absolument brisé en mille morceaux parce que ben en fait notre cerveau est si malléable et c'est un sujet si fin la confiance en notre roman si j'ai envie de dire c'est un petit fil en fait c'est un cheveu et dès qu'on balance un parpaing dessus en disant ça ça va pas ça ça va pas et c'est même quand c'est complètement injustifié et même méchant c'est en tout cas ce qui m'est arrivé et ben, notre confiance en nous, pouf, elle se casse, elle s'effrite, parce qu'elle était si petite et si insignifiante au départ. Et même dans mon cas, il m'a fallu plusieurs mois, plusieurs années même, pour remonter la pente suite à ce refus-là. Ce n'était pas vraiment un, d'ailleurs, c'était un travail sur mon texte, c'était presque pire. Heureusement, malgré tout ça, il y a la phase 4. Et la phase 4, je t'en parle un petit peu plus en détail dans la fameuse lettre, dont tu trouveras le lien dans la description du podcast, mais disons que la phase 4, c'est la phase où tout entre un petit peu en ordre, où on revient à soi, où on revient à notre intention vis-à-vis de l'écriture, et où tout doit décanter, on se connaît mieux, etc. Je te mets le lien, du coup, pour trouver cette fameuse newsletter sur ce stack dans la description de ce podcast. Excuse-moi de faire cette coupure en plein milieu, mais j'avais très, très envie que tu la lises. Elle m'a fait très chaud. Elle m'a fait très chaud au cœur à écrire, et je pense qu'elle te fera beaucoup de bien. Et promis, on reprend les podcasts normaux après celui-ci. Et je te dis à bientôt au Café des auteurs. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il t'a plu, tu peux me laisser une note sur Apple Podcasts ou Spotify, ça m'aidera énormément à faire connaître le podcast. Et si tu souhaites me poser une question sur l'écriture, me donner ton avis sur l'épisode, ou juste écrire avec la communauté J'écris un roman, rejoins-nous sur j'écrisunroman.eu. À la semaine prochaine! Sous-titrage Société Radio-Canada