#139 : Lucie Anizon : “Donner à la presse les moyens de jouer pleinement son rôle démocratique."
51m 53s
The podcast "2030 Glorious" features discussions on building a sustainable, solid, and joyful society of tomorrow. The podcast is supported by the ethical cooperative bank NEF, which funds ecological, social, and cultural projects. The guest, Lucianison, is the director of CommeMedia, a non-profit cooperative focusing on media pluralism. The conversation delves into the role of media in societal change, information overload, independence, and critical thinking. COP Media is a new project aimed at supporting independent media by providing funding and organizational support. The initiative seeks to create a more robust and diverse media landscape by facilitating collaboration and mutual support between independent media outlets and social economy structures. Despite facing challenges like legal actions, COP Media has successfully gathered over 2000 supporters and raised nearly 700,000 euros, showcasing a promising start towards its goal of empowering independent media.
Transcription
7824 Words, 44962 Characters
"Bienvenue en 2030, glorieuse"
My name is Julien Vidal, and every two weeks,
I invite in this podcast, a person engaged with whom we will discuss new growths
that await us in the sustainable, solid and joyful society of tomorrow.
The utopist in me is perceived, not only tomorrow is not screwed,
but the future can still be revealed to be much more enthousiastic than what we currently know.
And to say goodbye to the state of crisis,
it is time to get to the height of the stakes of our century,
and it begins by making our dreams come true.
Have a good trip.
Have a good trip.
Hello, Lucianison.
Hello.
"Bienvenue dans le podcast 2030 glorieuse dans lequel je rencontre celles et ceux qui sont les signaux faibles des mondes de demain."
"Pour cette sixième saison, le podcast, il est encore et toujours soutenu par la NEF."
"C'est une banque éthique coopérative, je pense que depuis le temps vous le savez, mais je le dis quand même."
"Grâce à l'épargne qu'elle collecte, la NEF, elle finance exclusivement des projets écologiques, sociaux et culturels."
"C'est la banque des 2030 glorieuses, il devait y en avoir une en 2030 glorieuses, ça serait celle-là."
"Elle est coopérative, parce qu'elle appartient à ses sociétaires, elle est éthique,
parce qu'elle met en avant le circuit court de l'argent et en plus, elle est transparente,
parce qu'elle est la seule banque française et bien dit, la seule banque a publié l'intégralité de ses financements."
"Moi, la NEF, je suis fier que ce soit le partenaire des 2030 glorieuses, elle me permet d'interviewer des personnes inspirantes qui participent à déployer les 2030 glorieuses en avance."
"Et je vous souhaite de passer chez la NEF pour, à votre tour, être fier de votre banque."
"Voilà, ça s'est dit. Aujourd'hui, moi, je suis donc, je le disais, heureux d'inviter Lucianison."
"De te donner la parole, Lucie, toi tu es directrice de CommeMedia, c'est une psych, une société non lucrative qui appartient à ses sociétaires."
"Donc l'objectif est d'agir collectivement pour construire un paysage médiatique pluraliste, dynamique et engagé."
"Qui soit un espace d'information et de décryptage d'intérêt public et démocratique."
"La phrase est très longue, on va avoir l'occasion de la décortiquer cette phrase et de y revenir en détail."
"Ensemble, nous parlerons du rôle des médias pour faire changer de la société, d'infobésité, d'indépendance et d'esprit critique."
"Mais je commence l'épisode par la même question, la question un peu signature de ce podcast 2030 Glorieuse."
"Tu es dans un événement, des personnes ne te connaissent pas encore."
"Arrives la question fatidique et toi, tu fais quoi dans la vie?"
"Qu'est-ce que tu réponds?"
"En sachant qu'en plus, si je dis pas de bêtises, tu as plusieurs cascades."
"Donc on va essayer de rester quand même un peu sur cette cascade de copes médias."
"Mais peut-être que d'ailleurs, quand tu te présentes et quand tu réponds à cette question, tu parles pas de ton métier."
"Je te laisse me dire comment tu fais ta réponse en général."
"Je crois que je parle quand même assez vite de mon métier quand on me pose cette question."
"Qu'est-ce que je fais dans la vie?"
"Effectivement, j'ai plusieurs casquettes puisque aujourd'hui j'ai deux métiers, j'ai deux travails plutôt d'ailleurs."
"Et peut-être le principal, celui qu'on va évoquer aujourd'hui, c'est d'avoir co-fondé et d'être aujourd'hui la directrice opérationnelle d'une coopérative de soutien au Média Indépendant."
"Général, si on demande ça en soirée comme ça, je réponds à coopérative de soutien au Média Indépendant."
"Il y a déjà trop de mots compliqués. Déjà coopérative, Média Indépendant, c'est déjà trop compliqué."
"Ouais, c'est sûr."
"Des gens arrivent à suivre?"
"C'est surtout le mot coopératif qui est moins parlant, je pense qu'aujourd'hui quand même, Média Indépendant, ça parle à peu près."
"Encore une fois en soirée, je suis en général avec des personnes plutôt comme moi et du coup qui voient à peu près ce que c'est."
"OK, coopérative, donc effectivement on imagine, même si le mouvement se déploie est très présent dans l'économie française, on imagine les coopératives agricoles, donc là, c'est pas le cas.
"Mais le mouvement coopératif a été présenté, décortiqué lui aussi à plusieurs reprises dans le podcast de Média Indépendant, c'est un peu moins le cas.
"On a quand même dernièrement donné la parole à Paloma Moritz de Blast, qui fait partie du collectif.
"Mais si tu, avant de rentrer dans le détail des médias que vous accompagnez, etc., est-ce que tu peux revenir un peu à l'origine?
"A ce qui a fait que toi, avec d'autres fondatrices et fondateurs, co-fondatrices et co-fondateurs, tu sois dit qu'il faut absolument qu'on lance une coopérative de soutien.
"Raconte-moi comment ça vous est venu et oui, la pulsion derrière tout ça."
"Alors comment c'est venu? C'est venu déjà d'un collectif qui s'appelle le collectif pour une transition citoyenne dans lequel se côtoie une trentaine d'organisations qui ont en fait tout en commun
"le fait de mettre les citoyennes au cœur de leur activité et organisation.
"Ca peut être des coopératives comme la NEF dont tu parlais tout à l'heure ou NRCOP, il y a des associations, il y a des collectifs, l'alternative à TAAC, enfin bon, c'est une trentaine d'organisations, bref.
"Et au sein de ce collectif, ça fait cinq à dix ans quand même qu'il y a une petite musique, on fait tous des trucs super pour certains depuis très longtemps,
"mais on n'arrive pas à sortir du statut d'alternative, de niche, d'abriser le plafond de verre et on constate qu'on a beau porter des visions sociétales, démocratiques, solidaires, etc.
"Aujourd'hui, on voit au moment des élections qu'on n'y arrive pas, un espèce de constat d'échec quand même.
"Et du coup, il y a eu un peu cette réflexion de dire cet échec, comment est-ce qu'on pourrait y travailler, et pour nous il y avait deux manières.
"Il y avait une manière qui est d'aller sur le terrain de la politique directement, donc soutenir et travailler avec des mouvements municipalistes,
"des mouvements qui essayent d'aller remettre un petit peu le citoyen au cœur de la politique, entre guillemets, "politicienne, enfin celle des élections, quoi, directement.
"Comment est-ce qu'on essaye de pousser des personnes à se présenter aux élections municipales, comment est-ce qu'on pousse des personnes à laisser investir auprès de leurs élus et des candidats
"pour porter des choses, etc. Bon, ça, c'est une partie. Et puis l'autre partie, c'était de se dire, en fait, on n'arrivera pas à ne serait-ce que mener une petite bataille culturelle si on ne s'intéresse pas quelque part au Média.
"Evidemment, c'est posé la question de est-ce qu'il faut qu'on crée un Média, etc. Et en fait, des médias, il en existe déjà plein, il y en a plein qui font des choses super.
"En revanche, s'il y a quelque chose qui manque aujourd'hui, c'est quand même un écosystème médiatique sain, équilibré et indépendant.
"Et du coup, on s'est dit, nous, on arrive, on arrive un peu de l'économie sociale et solidaire, on arrive avec des structures qui se font financer par leurs sociétaires, la NEF, en premier lieu, qui a levé 20 millions d'euros, il y a un an ou deux maintenant chez ses sociétaires.
"On s'est dit, on a quand même des forces, on a un réseau de personnes qui investissent financièrement et humainement nos coopératives. Comment est-ce qu'on peut essayer de faire un pont entre ce monde de l'économie sociale et solidaire militant engagé et des médias indépendants qui aujourd'hui n'arrivent pas, ou en tout cas, à peser ?"
"Ouais, ce que tu me dis, ça me fait penser à tous ces moments où je dis, mais tu vois, quand il y a les bolorés ENCO, là, qui mènent une politique hyper agressive de contrôle des médias, je me dis toujours qu'il nous manque un milliardaire de gauche.
"En fait, vous, vous avez décidé de ne pas l'attendre ce milliardaire ou ce milliardaire de gauche et de donner la possibilité aux citoyens d'ensemble peser autant que ces quelques milliardaires, c'est ça ?"
"Bah, il y a quelques milliardaires de gauche, il y en a quelques-uns, mais voilà, on se disait, aujourd'hui, il y a plein de citoyens pour qui l'indépendance des médias, etc. est une cause qui vaut le coup, mais il n'y a pas d'endroit où tu peux soutenir cette cause-là, ou alors il y en a très peu comparé, nous ce qu'on faisait, on faisait la comparaison, comparé aux causes environnementales, aux causes..."
"L'alimentation, la biodiversité, tout ça, bien sûr."
"Il existe des milliardes, enfin pas des milliards, mais il existe énormément d'assos, d'ONG, et en fait, pour soutenir l'indépendance des médias, il n'y a quand même pas grand-chose, quoi, donc voilà, nous on s'est dit, il faut qu'on permette aux citoyens et aux citoyennes d'avoir un endroit dans lequel ils peuvent soutenir cette cause si elle est importante pour eux."
"Et donc moi, je dis souvent que c'est notre époque actuelle qui est décroissante sur ce sujet médiatique, j'ai l'impression qu'on est vraiment, on tombe juste, on est vraiment dans le bon moment de l'époque pour le dire, parce qu'on voit à quel point elle est décroissante de complexité, elle est décroissante de nuances, elle est décroissante d'informations neutres et justes et apaisées.
On voit la montée des fake news, on voit la montée des réseaux sociaux, on voit le travail, pas que de Trump, je parlais de Bologhenko, pour justement décrédibiliser le travail médiatique qui est hyper important, on sait que le journalisme, quand il est bien fait, est un vrai contre-pouvoir.
"Est-ce que vous vous sentiez déjà à quel point il allait avoir cette bataille de contrôle de l'information au moment où vous vous êtes positionné, et si oui, plutôt que de se limiter à être contre, c'est fake news, le mot infobésité a pas mal été mis en avant par Hansofi Novel cette dernière année, donc je sais pas si ça vaut le coup de le redétailler.
Mais est-ce que vous vous êtes dit, en fait nous on a envie d'être pour, on voit une image plus grande, plus belle, et donc on a envie d'être pour, je sais pas, une information de qualité, un débat apaisé, une démocratie vivante, comment tu qualifierais la croissance à laquelle vous contribuez ?
Alors au tout départ, c'était pas tant, enfin, c'était donc il y a, il y a peut-être un peu moins de 10 ans, au tout départ c'était pas tant en lien avec ces enjeux d'indépendance etc, enfin je pense qu'on le formulait peut-être pas pareil, parce que c'était moins évident que là ces dernières années.
Au départ c'était... -Ouais, tu le disais c'était plutôt du point médiatique, c'est ça ? -Ouais, en fait, au tout départ, l'anecdote c'est qu'il y avait Cyril Dion qui voulait faire son film demain, et il y avait eu ce fantasme au sein du collectif pour une transition citoyenne, là, de dire comment on pourrait monter un truc qui permettrait que ce soit financé par des citoyens.
Bon, au final, ça n'a pas marché, c'était trop court, enfin, bon, bref, ça n'a pas pris à l'époque, mais c'était de se dire comment est-ce qu'on crée une force financière pour financer des projets qui nous ressemblent et dans lequel on croit, et qui portent nos valeurs en fait, c'était ça un peu le...
Au tout départ, c'était cette ambition-là, et bon, au fur et à mesure du temps, il y a eu en plus l'urgence, effectivement, de l'indépendance, etc., mais moi j'ai l'impression que ce qu'on a vraiment envie de porter, nous, c'est...
En tout cas, moi, je vais plus parler pour moi que pour Copmedia, mais moi, pour moi, le vrai enjeu de Copmedia, c'est de permettre aux médias indépendants d'être plus sereins dans ce qu'ils savent faire.
Donc c'est leur permettre de développer des modèles économiques qui sont plus vertueux, d'avoir des pouvoirs publics qui sont plus à l'écoute de leur réalité, d'avoir des citoyens qui sont plus en confiance avec eux et sont plus informés de tout ce qu'ils proposent.
Donc je dirais la croissance qu'on aimerait, c'est vraiment des médias indépendants, des médias plus en capacité de porter une information saine et bien construite pour une démocratie derrière, plus saine, un débat public plus sain et plus apaisé.
Oui, parce que là, on parle des médias, mais en fait les médias, l'information qu'il y a d'air, c'est pas une fin en soi, la fin en soi, c'est d'offrir cette information comme des briques de l'ego pour construire, moi qui faisait beaucoup de l'ego quand j'étais gamin, le plus beau vaisseau, le plus beau château, le plus coloré, le plus complex, le plus nuancé et pas avoir que des briques de la même couleur, de la même taille qui te limitent, en fait, dans la création de cette société qui doit être collective, doit être nuancée.
Doit être nuancée, doit être à l'image des personnes qui la composent et pas tendre vers une seule manière d'être, une seule manière de se lier au monde.
Et c'est ça qu'elle fait l'information à l'élève, elle relit, elle libère et là on voit qu'elle est utilisée vraiment à l'inverse.
Là, l'information, elle est là pour diviser, pour raptisser, pour abétir en fait.
Effectivement, on n'est pas une coopérative par et pour les médias dont la fin est de nourrir les médias.
La mission, c'est qu'en faisant ça, on permet de développer un rapport aux autres qui soient plus apaisés, je pense.
Oui, bien sûr. Et c'est ça où je trouve que votre travail est hyper pertinent, je me permets de vous féliciter là d'emblée pour ça et me montrer à quel point je ne suis pas du tout partiel sur ces questions médiatiques.
Mais en fait, vous faites le travail que tous les médias indépendants, enfin, presque aucun média ne peut se permettre de faire parce que vous êtes là pour créer du lien, vous êtes là pour visibiliser, vous êtes là pour collecter des fonds.
Là où, en fait, chacun de ces médias indépendants, et donc, si on devait en citer quelques-uns, on l'a déjà cité Blast, le Média, il y en a plein.
Est-ce qu'il y a vers le Média, j'imagine ? Est-ce que tu peux m'aider en citer quelques-uns en plus, s'il te plaît ?
Oui, mais je peux peut-être citer ce dont on parle moins aussi, les médias locaux comme Média Cité, qui est à Lille, Nantes, Toulouse, il y a Médiacope, un petit Média à Clermont-Ferrand, il y a les Rues 89 Strasbourg, Rues 89 Pellon, il y a L'Age de Fer, qui est un journal passé, qui est une coopérative.
Il y a Bastar, il y a Tank, une plateforme de documentaires, il y a Reporter, franchement, il y en a pour tous les bouts.
Il y a Politis, il y a Alternative Économique, il y a du en ligne, il y a du papier, il y a du gratuit, il y a du payant, il y a du don, il y a de l'abonnement.
Il y a Strip Press, il y a de tout, et c'est ça qui est super riche. Nous, on n'est pas là pour être sur des médias qui se ressemblent, etc.
Nous, ce qui nous intéresse, c'est de promouvoir un paysage médiatique qui soit riche, qui soit pluriel, qui présente une information de qualité,
pour que tout le monde ensuite, la société, puisse s'en saisir et discuter mieux ensemble. Mais voilà, pour nous, c'est hyper important de cultiver cette diversité.
Et donc là où chacun de ces médias d'habitude sont un peu dans leur couloir, avec toutes les difficultés qu'on imagine,
rien que dans leur travail en soi, mais en plus, avec toutes les attaques, les poursuites judiciaires, les débanquages, c'est quand même un travail très intense pour le dire gentiment.
Vous, vous êtes là pour créer du lien, pour organiser des rencontres, pour trouver des fonds, pour mener des projets coopératifs.
Raconte-moi un peu ça, raconte-moi un peu tout ce qui n'est pas habituel pour ce genre de médias et quel est vraiment votre plus-value ?
En fait, nous, ça rejoint à ce que je te disais, tout à l'heure, nous, on est là pour leur permettre de faire leur travail.
Alors effectivement, il passe un temps infini à faire du débanquage, à lutter contre des procédures baillons, etc.
Donc, nous, notre plus-value, en tout cas, ce qu'on essaye d'amener, c'est de leur permettre de se concentrer sur leur travail journalistique.
Et donc, pour ça, on essaye de trouver ce qui leur manque pour réaliser ce travail journalistique de manière, de manière plus intense en fait.
Donc, effectivement, trouver des financements pour eux, organiser de la mutualisation et de l'échange de pratiques,
à la fois entre eux, mais aussi avec des structures de l'économie sociale et solidaire,
parce qu'aujourd'hui, en fait, la problématique des médias indépendants, elle se retrouve énormément dans les structures de l'économie sociale et solidaire.
On voit Greenpeace, là, aux États-Unis, qui fait l'objet d'une procédure baillon à 400 millions d'euros.
En fait, les coopératives, les associations, même en France, sont aussi visées par des procédures baillons,
sont aussi mal entendues par les pouvoirs publics, donc il y a aussi plein de… sont aussi pas très bien vus par les banques lorsqu'il faut financer des projets.
Enfin, en vrai, il y a beaucoup de problématiques communes.
Donc, nous, on a vraiment envie de travailler sur de la mutualisation et de l'échange entre ces deux mondes.
Et on a aussi envie d'offrir des outils, et ça va un peu dans la mutualisation, mais par exemple, là, on travaille sur une régime publicitaire
qui permettrait de simplifier les choses pour les médias et de les mettre en lien avec des structures de l'économie sociale et solidaire
qui leur ressemblent et qui serait elle aussi hyper intéressée de travailler avec des médias indépendants pour faire passer leurs annonces.
Ah bon, ça, c'est un détail, mais voilà, nous, notre idée, c'est d'essayer de mutualiser des choses pour les professionnaliser
et leur permettre de faire des économies d'échelle pour leur permettre de passer moins de temps sur des fonctions supports, notamment,
et donc les financer pour qu'ils puissent passer plus de temps et avoir plus de qualité dans leur traitement d'information.
COP Media, c'est un projet qui est assez nouveau. Est-ce que vous pouvez, là, mettre en avant déjà certaines fiertés, certaines choses qui existent vraiment grâce à vous
et me dire un peu où vous en êtes, parce qu'il y a l'idée d'avoir des partenaires, l'idée d'avoir des sociétaires,
il y a quand même un nombre, une masse qui compte. Est-ce que tu peux me raconter un peu ça ?
Eh ben, de quoi on est fiers ? On est quand même fiers d'avoir pu créer ce projet. C'était déjà pas une mince affaire.
On est fiers d'avoir organisé, je pense, une soirée de lancement.
Évidemment, les gens allaient pas nous dire que c'était nul, mais donc beaucoup de gens nous ont dit que vraiment ça illustrait très bien le projet,
avec une soirée qui a réuni vraiment tous les médias indépendants qui se reconnaissaient dans le projet,
et toutes les structures de l'économie sociale et solidaire qu'on était allés chercher pour leur dire que c'était important qu'ils soient là.
Et en fait, c'est des milieux qui se parlent peu, donc ça, on était hyper fiers d'incarner cette volonté de mise en dialogue.
Et puis, on est hyper fiers, parce qu'on a fait un premier gros temps de lever de fonds sur la fin d'année 2024.
Et là, on réunit déjà plus de 2000 personnes. On a réuni quasiment 700 000 euros.
Évidemment, c'est un début, c'est un premier verre d'eau, mais c'est quand même une belle réussite,
et 2000 personnes qui nous ont fait assez confiance pour placer un peu de leur argent, de leur épargne chez nous.
Ça fait chaud au cœur.
Oui, c'est un verre d'eau. Ça montre un vrai engouement, et je trouve ça chouette de se dire que quand on lance un projet fou,
comme ça, surtout dans une époque où on voit à quel point le modèle économique médiatique est jamais évident à trouver,
et qu'on a un peu l'impression que c'est la jungle, en fait, ça marche, et qu'il y a cet engouement.
Et comme tu le disais, ça paraît fou de se dire que le lien entre les médias indépendants engagés,
les acteurs du changement, est en général assez rare.
Là où le lien entre les grands acteurs économiques de l'ancien monde et ceux et celles qui tiennent les médias aussi,
qui font que tout ralentit, là, en l'occurrence, ces liens sont très évidents.
Donc je pense que c'est chouette aussi de copier ça, de s'en inspirer pour le meilleur pour cette fois.
Donc il y a un côté un peu stratégique, j'ai l'impression, aussi, dans ce que vous voulez affirmer.
Oui, je pense qu'en tout cas, moi j'assume de dire qu'en face, il n'y a pas les mêmes pudeurs,
il n'y a pas les mêmes réserves sur le fait de s'allier,
et que, évidemment, on ne veut pas faire pareil qu'eux,
et l'idée c'est justement de proposer une manière différente de faire,
qui est basée sur la coopération, sur la lucrativité limitée, etc.,
mais, par contre, assumons en fait de s'allier.
Parce que sinon, je vais citer cette phrase "se pontsif",
mais tout seul, on va plus vite, mais en fait, ensemble, on va beaucoup plus loin,
et je pense que si on s'allie pas, on ne va jamais y arriver là.
Justement, on va parler d'une décennie à venir où on se serait allié,
et ça aurait commencé à porter ses fruits.
On va partir ensemble en 2030 glorieuses, Lucie.
Avant ça, il y a toujours une lecture qui tombe bien,
en plus, dans cet exercice de l'information.
Moi, je demande aux invités de trouver dans leur étagère, dans leur bibliothèque,
une fenêtre vers des valeurs qui leur sont chères,
et qui portent en elles les fibres, les fermants d'une utopie à défendre, à déployer.
Qu'est-ce que tu vas nous lire, toi, Lucie ?
Alors, moi, j'ai choisi la facilité.
J'ai choisi le bouquin "Je viens de finir", mais qui m'a beaucoup plu,
et qui fait beaucoup écho.
Je pense à ce dont on voulait se raconter, ce dont on voulait se parler aujourd'hui,
qui est un livre de Nina Facio, qui s'appelle "Malentendu" publié chez Paillot.
"Malentendu", les Français, les médias et la démocratie.
C'est un exercice d'équilibrist permanent que de maintenir cette volonté de comprendre
sans pour autant prendre partie.
Nul besoin d'être journaliste pour constater d'ailleurs que nous sommes souvent confrontés
à de grandes difficultés pour nous comprendre les uns les autres.
Et ce, pour une raison évidente, nous ne nous écoutons pas,
tout est tout occupé que nous sommes à nous positionner.
Écouter dans le but de s'imprégner de l'autre est un talent rare,
et que l'on n'a pas l'occasion d'acquérir quelle que soit notre cursus scolaire
et l'éducation que nous avons reçue.
Les récits qui sont faits de nous, à l'échelle tant individuelle que collective,
et à fort théorie ceux des médias, façonnent le monde dans lequel nous vivons.
Or, ce dernier apparaît toujours plus polarisé puisque tout un chacun prend position
et s'exprime en permanence sur tel ou tel sujet, mais personne ne s'écoute.
On résulte un immense malentendu entre les citoyens, les médias et la démocratie.
Pourtant, lorsque l'être humain fait un pas vers l'autre, pour le comprendre,
et que lui-même se sent entendu et compris,
il est davantage enclin à hésiter, remettre en question, tolérer, coopérer, partager.
Pas changer d'avis, non, mais s'adapter, s'accommoder d'une réalité éminemment complexe.
Aujourd'hui, plus que jamais avec les bouleversements climatiques en cours,
l'être humain va devoir s'adapter.
Il va falloir questionner nos croyances, nos systèmes, notre vision du monde,
nos présomptions sur ce que pense l'autre.
Plus que jamais nous devons pas lier la confrontation,
décloisonner nos mentalités, nous entendre les uns les autres.
Et plus que jamais le journalisme a un rôle à jouer dans ce processus.
[Music]
Bon ben c'est chouette Lucie, merci pour ta lecture.
Tu nous fais le lien parfait vers les 2030 glorieuses.
Les 2030 glorieuses les ai décrétées dans ma tête.
Il y a quelques années maintenant, elles sont largement déployées,
notamment à travers un atelier.
Il y a des centaines de personnes aujourd'hui qui sont formées pour animer un voyage en 2030 glorieuses
et qui font voyager les hommes pour leur permettre de libérer les imaginaires,
les imaginaires et de se dire qu'on a besoin d'imaginer un monde qui va mieux pour le faire devenir.
Et là malheureusement on joue avec la prophétie autoréalisatrice contre nous
parce qu'en général quand on se projette dans l'avenir, si on y arrive tellement c'est dur,
on imagine que on va perdre, on va lutter, en fait ça va être forcément beaucoup plus difficile.
Et donc c'est malheureusement le caractère performatif de l'utopie
où là on l'occurrence de la prophétie autoréalisatrice et donc de la dystopie contre nous.
Et donc on va faire cet exercice de faire exister ces bulles enthousiasmantes plus joyeuses
même si elles seront encore complexes, encore nuancées
et qu'il y a du chaos dans tout ce qu'on peut raconter, Lucie,
pour se dire et si on y arrivait, à quoi ça ressemblerait.
Donc on va partir du principe que ça y est, on est en 2030 glorieuses,
que le journalisme apaisé, comme tu le disais dans ta lecture,
c'est largement déployé, que c'est même devenu la norme
et on va raconter ensemble à quoi ça ressemble.
On va donc on parler au présent, pas de conditionnel entre nous Lucie, si tu veux bien.
Et si on parle de futur, on sera en 2040-2050 glorieuses,
tu peux décider toi d'être en 2032-2038,
ça dépend de là où tu veux être,
si tu as besoin de temps ou pas, entre les ruptures que tu as envie de raconter
et le présent dans lequel on était à l'époque en 2025,
tu peux le partager aux personnes qui nous écoutent ou pas.
Et voilà, allons-y, on est donc ça y est,
tu l'as peut-être senti dans cette période,
on est à la hauteur des enjeux, tout n'est pas résolu,
mais on sent que l'humanité s'est enfin mis dans le bon sens,
qu'on est passé à l'âge adulte, on est responsable
et en même temps très humble,
parce qu'on sait qu'on a beaucoup, beaucoup, beaucoup de peinture à la planche.
Toi Lucie, je sais pas où tu es là actuellement
et qu'est-ce que tu peux voir par la fenêtre,
est-ce que tu peux commencer peut-être par me raconter ça s'il te plaît,
depuis tes 2030 glorieuses à toi ?
Eh ben moi, je crois que je suis en 2032, peut-être,
et je suis chez moi par la fenêtre
et je regarde paisiblement l'extérieur,
avec probablement mon enfant
qui à ce moment-là aura huit ans, du coup.
Et qui fait peut-être ses devoirs
et moi qui me sens apaisé par rapport à son avenir.
C'est-à-dire, tu as utilisé tous les peut-êtres et tous les jeux-crois
que tu pouvais utiliser dans notre conversation en avenir, Lucie,
donc fais bien attention à ça.
Donc tu sens qu'effectivement, on a une relation aux générations qui viennent
un peu plus apaisées, parce que c'est vrai que parfois,
on se sentait fautifs, on se sentait angoissés,
on se disait, mais quel avenir les attend ?
Et qu'est-ce qu'on a fait que de les mettre au monde ?
Je partage tout à fait ça,
puisque je ne suis pas de deux gars qui commencent à être grands maintenant.
Tu dis qu'on est un peu plus apaisés,
parce que la situation est un peu plus apaisée,
parce que la relation entre les gens est aussi plus apaisée.
Et que même s'il y a plein de boucles qui sont enclenchées,
des choses qui sont irréversibles,
on sent que le fait d'avoir une humanité apaisée,
plus sereine, plus liée,
c'était le premier pas de nez nécessaire
pour embrasser la situation et se mettre à sa hauteur.
Oui, oui, et puis je trouve qu'on est dans un moment de société
où on s'écoute, où on peut écouter les infos,
on peut aller sur les réseaux sociaux
sans avoir peur de tomber sur des images,
des échanges, des violences.
On peut se renseigner sur ce qui se passe autour de soi sans peur.
Oui, c'est vrai qu'avant, la violence était beaucoup associée à l'information.
C'est un peu la roulette russe,
et notamment parce qu'on s'informait à l'époque
presque majoritairement sur les réseaux sociaux,
on passait en un poste, en une story à une autre,
d'une image hyperdure de personnes qu'on voyait décédées à cause de conflits armés,
à un chat qui fait une pierouette et qui tombe,
et tout d'un coup qui nous fait sourire.
Et notre cerveau, il avait du mal à gérer tout ça,
et il savait plus sur quoi s'accrocher.
Aujourd'hui, raconte-moi un peu comment on a reconstruit
une relation informationnelle plus sereine,
où est-ce qu'on consomme, où est-ce qu'on recherche,
où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
où est-ce qu'on consulte, où est-ce qu'on consulte,
where is it taking place regularly now?
Yes, and then to be able to
to be able to ask questions about things
that we didn't understand, or that have been
a little too much for us.
So this allows us to
to sort out a subject or two that we want to
to see,
to go a little further on.
And then, we still have social networks
that allow us to follow this,
but
but that's it, in quantity,
in limited quantity.
On formats where
where
we don't necessarily
we can choose what we see.
We have suggestions about
new things that we don't know.
But
we know that we can
consult them without
without risk.
Our new president,
very committed for these 2013 glorious
precisely,
put on the democratic table
the possibility of removing
the news of social networks
to create
a border
for social networks to be the link between people
and then that information comes back
to its right place of information
and that we don't mix everything,
that we don't mix the tribune,
the opinion,
the deep debate with analysis
and the news of
his brother or his sister
and the journey of Intel
was perhaps a bit futile,
very important, I don't say the opposite.
Do you think it's a good idea
to remove the news of social networks?
I'm not sure to agree
with this proposal.
Already today, much less than before,
people post their private lives
on social networks.
We are lucky that it is still
come back
to much more private practices
for private talks
and social networks
are more important.
We share your passions,
we share these discoveries.
We share books that we liked,
we share films that we went to see,
we share places in France
that we found nice.
Fortunately, there is almost no plane in the sky,
but
there is less than before
it seems to me to remember
that there were completely absurd things
on social networks.
I think that social networks
share information
and share articles
that we liked.
For me, this porosity
between what is
on my
connected phone,
which is not intelligent,
but connected,
so I think
it is still an issue of accessibility
so that
I said almost everywhere in France
we can have these exchange parties
but there are still things left in France
where we do not have access to that.
There may be people
who are less
sensitive to papers
and who are more sensitive
to numbers.
We have for all the goobos.
The debate is going to take
part of the next few months.
I need you to tell me
if you should only name
two or three breaking elements
of the bascule points
that we leave behind us
the air of fake news
and that we pass on the information
released and clarified.
How did this happen?
Of course, it is a deep movement
that is not yet fixed, but there were
two or three bascule points, right?
I would say that there was a bascule point
a few years ago
when there was
I would say not a debate
but a collective time
of taking into account
the situation of the media ecosystem in France.
Fortunately, we did not
make a big national debate about it
because that's it
but we managed
with the civil society
to organize
times
of reflection
everywhere in France
on why the current media system
poses questions
and that leads to a
long anti-concentration of the media
that has given today
a much more diverse and
safe media landscape.
So that's maybe the first time.
And then the second time
is still the free fall
of Donald Trump
and Elon Musk in the United States
where there was a collective conscience
that in fact
Donald Trump did not do the object
of an impeachment
and in fact
I think there was a real conscience
of the fact that we had to stop doing anything
with
social networks, artificial intelligence
and the way we treat
our future.
And then at the time
a lot of French people were inspired
of what was being created
by Donald Trump, thinking that
if they succeed in becoming
France, in the end they realize
that this strategy was not paid
and that it led to their loss
so they found themselves
with the grass cut under their feet
well paralyzed. So that was a good news.
And then you talk about the impeachment
actually we went with
this rather legislative solution
but in reality the economic boycott
has also played a lot.
So if it had not been
the law, it would have been
a little strangled, these two "gugus"
of the time because we realized
how powerful the boycott was
and its positive trend
the support, the valorization
was also super powerful.
I remember those moments where we realized
that in fact if it was free
it was us the product that we
decided not to spend
but to invest in things
that seemed vital to us
and especially the free press, the
independent press and so we all
a little bit asked the question
if I had 5, 10, 15
20 bucks every month to put in the press
which allows me to continue to
clarify my education, make me grow
confront my ideas, also display
my limits, my bias, my
my dead angles, in what
I would invest them as if
we finally recognized the press
its ability to educate
and without necessarily going back
by the "band la fac" and so today
we all have an environment or two
to the media that we want to support
or even to co-media that does this
work of dispatching then the funds
that they collect to the free press
we agree.
Yes indeed
it's
3 subscribers per person
and a regular investment
in co-media
but there is also the same thing
at the level of the state, that is to say
that the state has largely reviewed
its system of help to the press
which is now
much more equal
and which allows much more
independent media to have
a stable and safe economic model
than before or most of the money
before going directly
to the large group already held by
billionaires.
Yes, Rob Hopkins a few years ago
who said that he believed
that the world went in the right way
that the transition was escalated
because he saw more and more micro arms
to open this and that
I would tend to say
that on the contrary today
what I love is to see
of the micro-edition
of the journalism of the territory
emerged this and that and so you said
we still have big newspapers, national, international
we have monthly,
we have powerful media
long-term research, that's for sure
but we recognize much more
the importance to the media
of the raw, of the territory
more than during the winter
of the daily life.
Yes, yes, there was already a movement
before
independent media
very attached to the investigation
because in fact
we realized that
to really investigate
on the basis
of things
on the territory
there was not much
and suddenly there was already a movement
of independent local media
but it's true that today
I think on the 36,000 communes
there are 36,000 canards
who are doing a superb job
of investigation
and popular education
in the communes of France
which also allows
to each and every one today
I think I don't know anyone
who doesn't know, not necessarily personally
but who has never seriously asked
a journalist?
Yes, by the way, the fact of being a journalist
has been largely revalued
if there are tens of years in the back
the journalists have sometimes come to fool around
I remember that certain editorial
even removed the records
of the buildings in which
they had put their office
of fear of being threatened
we remember the whole movement
that had taken place
especially during the Yellow Vests
today being a journalist is again a pride
of the work of reiterating the blasphemy
of journalism
and what has happened in particular
by a better education
a better learning of the job of a journalist
directly in schools
what were the steps
to finally allow this bascule?
First of all, for me
we were talking about two great moments
but we can perhaps add one
but the schools of journalism
have deeply changed today
today we follow the curses
of journalism with a little technical training
but then the journalists
today are much more sociologists
historians
they come from very different backgrounds
there is no more
a single uniform training
on journalism
with the same mold
where finally the journalist
he talks like that
and he will always do
the same report
so there are curses
where we learn the technical part
the writing, the recording
the audio, the radio
the TV, etc.
but next to that
there are university training
on various subjects
and various general cultures
etc.
and then added
something that in my opinion
did not exist in the years 2020
in any case
which is the question
of the training of listening
how is it that
to push people
to say what we want to hear
and to show what we want to show
in fact we give
today much more the possibility
in the media or journalists
to listen to what the person has to say
and try
to re-transcribe
what the person brings
without trying to push it
with some kind of binarity
to counter something
and that is something quite new
I think in journalism schools
and in the media
to be authorized in this long investigation
and listening to others
Yes it's crazy because
because the journalists have shown this example
they allowed citizens
to get out of this trap
of the conversation in which
we already have the idea of the end
we already have the idea
of a situation that would suit us well
and so we have already played the conversation
we already have our arguments
and finally
the other could say anything
that we will be whatever happens
not ready to listen
and because the journalists today
are ready to listen
are ready to accompany the conversation
without necessarily having
a very expected idea
of where they go
and I remember this terrible moment
almost because they absolutely wanted to know
if such a person
would be a candidate
or candidate for the next elections
or something so futile, so useless
in our conversations
when we talk to someone who has
a different point of view
we don't talk with the priori
with the idea that we are going to make him change his mind
and that we are going to win
in our argumentation
we ask ourselves what he really said
where he comes from, why he thinks that
he has a history
of thinking behind
this ideology
and if there are no things that can
enrich us
and so this mutual enrichment
starts from this point of view
it starts from this ability to listen
Yes, yes completely
I'm sorry it was a fairly closed question
but I needed to say it
It wasn't a question
and I think you said it all
Yes, I am
I am really excited
to share all that you share
and to make
an improvement
very very short term
because if we come back soon
in 2025, we imagine ourselves
even in our daily lives
but I do a little very quick jump
to get back in this position of listening
rather than in the argumentation
which actually isolates
and then opposes
Last question, if you are always
in 2030 glorious Lucie
I need to know
what you do in 2030 glorious maybe
the most difficult question
tell us now what you attack
and what do you want to lead
for the years to come until 2040 glorious
Difficult question
I think I wouldn't
be able to answer you
for the moment I am in the present
Copmedia
and now on a comfortable cruising rhythm
I learned
today I feel
well with my parentality
I'm a little over 40 years old
and I think I'm ready for a life
not necessarily to attack
something
in fact to take advantage
of where I am
because Copmedia
in fact has done such an essential work
that I imagine the demands
of other countries who want to have their Copmedia
I also imagine other sectors
I was thinking especially
in the film sector
series, cinema
which may also want to
be able to fight against this
concentration which at some point
put him in the lead
you may have been requested by
other sectors of other countries
who wanted to be accompanied
who wanted to have a little method
do you feel the soul of the transmitter
well already
a few years ago we were followed
by a
a Cop Edition
since the world of the edition
it's a little awakened too
and we are a lot accompanied
a Cube
and today it is a cooperative
which is still in
deployment but which works
and which has already done its job
indeed
we are often solicited
and we are always happy
to bring help
to give advice
etc
yes in European countries
we work a little
with them but after
as there is still
to go in countries
a little far it always takes time
train etc
I think we move as little as before
but
we go ahead as well
but me today I think
I am in a state where I am also
happy to be able to rest
on a
on a rhythm
less restrained and less dictated by
yes it seems to me
a very good idea Lucie
we will come back in
2025 an era where
serenity was not at all
the word that we could associate with the media
and
I have just talked about it
it gives me a very, very, very desire
so I ask it for myself the question
what do we do there to continue
we finish our exchange
and we want to see this landscape
that we have brushed together, it is 2013 Glorious
the time of a conversation
by which we continue
we finance independent media
that is to say we stop buying
non-independent media
and we try to create
a paradigm in which
in fact it is not
the alerts of
such or such big media
who rhythm our
following the current
the alerts of
media-part
of BLAST
Pioche
we try to push
to get out
of the infobisity
of the big media
I started already
to support some of the media
but I could not choose
so what would be the easiest
it would not be to become society of cup media
so indeed the second step
of cup media
and to come back to our 2030
if you invest
today in cup media
in 2030 you recover your little
since we do
so investing in cup media is to take
social part it's not a donation
and that means that when you take a social part
you left it for 5 years
at home
which allows us to work with
and then in 5 years
you recover it
so it's all benefit
2030 you recover your 100
200,000 euros
that you would have placed
in 2025
so go
and maybe
the third thing is
to all and all collectively
to ask the question
of listening I think really
how do we listen
people around you
and
how do we listen to them
how do we try to understand
what they bring
it's a very beautiful program
and three actions that seem to me
quite achievable and without waiting
thank you very much Lucie
you're welcome
thank you for inviting me to this trip
thank you
for traveling with us
in 2030 glorious
if you want to continue
to muscle your utopias
go to 2030glorious.org
to explore the utopian galaxy
that we put at your disposal
with creativity
enthusiasm
humor and love
you can discover
utopian meditations
books and why not
other episodes of the 2030 glorious podcast
which has existed since
several seasons already
especially the 2030 glorious
is a collective intelligence workshop
that allows you to regain
the power of the imagination
this workshop can be done
everywhere in France even in Europe
or online
and if you want to
you can become a travel guide
in 2030 glorious
to join the community
hundreds of utopias
who are already around you
without knowing it
see you soon for a new episode
and see you soon in the community
2030 glorieuse
Podcast Summary
Key Points:
The podcast "2030 Glorious" focuses on discussions about sustainable society.
The podcast is supported by the ethical cooperative bank NEF.
The guest, Lucianison, is the director of CommeMedia, a non-profit cooperative working on media pluralism.
The initiative aims to support independent media and create a healthier media ecosystem.
The project COP Media aims to provide funding and support for independent media outlets.
Summary:
The podcast "2030 Glorious" features discussions on building a sustainable, solid, and joyful society of tomorrow. The podcast is supported by the ethical cooperative bank NEF, which funds ecological, social, and cultural projects. The guest, Lucianison, is the director of CommeMedia, a non-profit cooperative focusing on media pluralism.
The conversation delves into the role of media in societal change, information overload, independence, and critical thinking. COP Media is a new project aimed at supporting independent media by providing funding and organizational support. The initiative seeks to create a more robust and diverse media landscape by facilitating collaboration and mutual support between independent media outlets and social economy structures.
Despite facing challenges like legal actions, COP Media has successfully gathered over 2000 supporters and raised nearly 700,000 euros, showcasing a promising start towards its goal of empowering independent media.
FAQs
Des projets écologiques, sociaux et culturels.
Agir pour un paysage médiatique pluraliste, dynamique et engagé.
Permettre aux médias indépendants d'être plus sereins et de développer des modèles économiques vertueux.
Média Cité, Médiacope, Les Rues 89, L'Age de Fer, Bastar, Tank, Reporter, Politis, Alternative Économique, etc.
Réuni plus de 2000 personnes et levé près de 700 000 euros lors d'une première levée de fonds.
Créer du lien, organiser des rencontres, trouver des fonds et mener des projets coopératifs pour soutenir les médias indépendants.
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