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5.12 Rendre ton lecteur ACCRO grâce à l'immersion

15m 25s

5.12 Rendre ton lecteur ACCRO grâce à l'immersion

Cette transcription aborde les techniques pour rendre un texte plus immersif, en particulier pour les auteurs qui partent d'un plan minimal. L'intervenante distingue deux profils d'auteurs : ceux qui écrivent un squelette et doivent l'étoffer, et ceux qui produisent trop de détails et doivent trier. Elle précise que l'immersion ne doit pas nécessairement être travaillée au premier jet, où le scénario prime, mais qu'elle devient indispensable ensuite. Trois outils principaux sont présentés, illustrés par des extraits littéraires. Le premier est le décor, qui transmet des informations sur l'univers et les personnages, comme dans Intérieure Nuit de Marisha Pessl. Le deuxième est le personnage, dont le corps, les gestes et les réactions permettent au lecteur de le visualiser. Le dialogue constitue également un pilier de l'immersion, car la voix des personnages compte autant que le contenu, comme le montre Le Désert des couleurs d'Aurélie Wellenstein. Le troisième outil est l'émotion, que le lecteur doit ressentir à travers le corps, les dialogues et la narration. L'intervenante souligne enfin l'importance de la narration, interne ou externe, et recommande d'appliquer ces techniques en priorité aux scènes clés du récit, comme l'élément déclencheur ou le climax, afin de marquer durablement le lecteur.

Transcription

3457 Words, 19539 Characters

French
Speaker 1Il y a deux types d'auteurs. Ceux qui écrivent peu, un squelette, et qui doivent l'étoffer ensuite pour qu'il soit intéressant, immersif, que le lecteur s'identifie au personnage. Et les auteurs plus bavards, qui eux vont écrire avec une profusion de détails sans trop de problèmes, et où il va falloir faire le tri à la réécriture. Et je vais m'adresser au premier groupe aujourd'hui. Comment écrire un texte immersif quand on est parti un peu d'un squelette, de vraiment quelques lignes d'un plan, comme « il se passe telle rencontre », comment, à partir de cette théorie-là, faire de la matière, écrire quelque chose de beau, d'immersif, de visuel, etc. Et du coup, j'ai créé toute une méthode, et je vais donner un aperçu dans la vidéo du jour, comment rendre tes textes plus immersifs, avec trois conseils. Si tu te demandes si c'est pour toi, vis-toi au retour qu'on te fait sur tes textes. Si c'est « j'ai du mal à accrocher », « j'ai du mal à suivre le personnage, à savoir ce qu'il veut », « j'ai du mal à visualiser ce que tu racontes, les scènes, etc. », ben, c'est pour toi. Alors, avant tout, on va quand même dire que ce n'est pas du tout une obligation d'écrire comme ça, au premier jet. Parce qu'au premier jet, on est plutôt concentré sur l'histoire et le scénario. Et ce sont deux sujets tellement différents, et en même temps bien liés. Ha! Pas facile. Mais du coup, ça risque de faire un peu exploser ton cerveau si t'essayes à tout prix de faire les deux en même temps. Donc, mon conseil, ce serait, si tu galères avec ces deux aspects-là, de privilégier le scénario, évidemment. C'est lui qui est important au premier jet, pour éviter que tu ailles dans la mauvaise direction, tout simplement. Mais une fois que le premier jet est écrit, là, il n'y a plus d'excuses. Il faut, à un moment donné, alors, peut-être après une étape de réécriture concentrée sur le scénario, hein, ça, c'est une très très bonne idée. Mais à un moment donné, il faudra immerger le lecteur dans ton récit. C'est pas vraiment du style d'écriture, c'est pas vraiment du scénario, c'est un peu les deux. Si je te dis « Elle entra dans la pièce et vit le couteau », on ne sait pas du tout dans quel état d'esprit est le personnage. Si la pièce, elle est glauque, elle fait peur, ou si, au contraire, c'est une magnifique cuisine de toutes les couleurs et il y a un couteau magique posé au milieu qui irradie des paillettes. T'as compris. C'est un peu ça. L'immersion, c'est essayer de faire ressentir un peu au lecteur, le faire entrer dans ton univers avec différents moyens que je vais te lister. En tout cas, je vais t'en lister trois. Je propose une méthode sur mon école d'écriture où il y en a bien plus, mais pour l'instant, on va se concentrer sur les trois là, ça sera déjà pas mal. Et pour parler de ces trois éléments, j'ai envie de te propulser au théâtre. Parce que oui, le théâtre, c'est un excellent point de départ pour imaginer, justement, pour immerger ton lecteur. Au théâtre, qu'est-ce qu'il y a? Beaucoup d'émotions. C'est ça qu'on va voir ensemble. Le décor, évidemment, c'est un super outil pour raconter quelque chose et pour immerger ton lecteur dans ta narration, tout simplement. Parce que c'est un outil qui va te permettre de décrire où tes personnages sont. Et donc, tu vas pouvoir nous donner des tas d'informations. Par exemple, sur ton univers, en décrivant le décor. Mais même sur les personnages aussi. Et à ce sujet, je vais te lire un petit extrait de Intérieure Nuit de Marisha Pestel. Accroche-toi. L'appartement était petit. Il est régné l'odeur rance et l'écœurante. C'est un hôtel porgne. Contre le mur du fond, le canapé vert informe était recouvert d'une vieille couette bleue sur laquelle quelqu'un avait récemment écrasé, ou peut-être même s'était écrasé. Sur la table basse, une assiette vomissait des mégots. À côté, des feuilles à rouler. Un paquet de tabac Golden Virginia. Un paquet ouvert de chips Ahoy. Et un numéro déchiré d'interview, avec une starlette émaciée en couverture. Le tee-shirt vert Has Been, qu'il portait la veille, traînait par terre, près d'un sweatshirt blanc et d'autres vêtements. Comme pour fuir à tout prix ce tas douteux, le bas noir s'accrochait désespérément au dossier de l'autre chaise de plage. Une fille avait embrassé un des murs avec du rouge à lèvres noir. Une guitare sèche tenait debout dans un coin, à côté d'un vieux sac de randonnée dont le nylon rouge élimé était couvert d'un script. Tu vois que cette description sert à décrire le personnage qui habite là. On nous parle de tas de trucs qui traînent, on nous parle d'un endroit vraiment glauque, mais en même temps, on nous parle aussi d'une fille qui a embrassé un des murs avec du rouge à lèvres, d'une guitare sèche, d'un sac de rando. Et en fait, petit à petit, on construit un peu le portrait du personnage. Et on donne un peu un miroir déformant de ce que le personnage peut-être est et était, les rêves qu'il avait. Il est venu avec un sac de rando et une guitare sèche. Ça se passe à Los Angeles. Une fille a embrassé un des murs au rouge à lèvres. Mais en fait, on se retrouve avec des paquets de tabac qui traînent, etc. Et là, on a la réalité qui nous rattrape. Et donc, le lieu symbolise à la fois l'état actuel du personnage, mais peut-être aussi ses rêves et ses regrets passés. Et oui, je fais ma prof de français, mais là, je trouve que c'est particulièrement efficace. Décrire un lieu, ça peut donner énormément d'informations sur un personnage par exemple, si on décrit son lieu de vie ou de travail. Parce que le lecteur, il va avoir des éléments concrets, visuels en général, mais pas que. Ça peut aussi être l'odeur, ça peut être l'ambiance, la température. Et tous ces éléments-là vont contribuer à ce qu'il se crée déjà une image sensorielle de la pièce, de l'endroit dans lequel va se dérouler la scène. Oui, tu as le droit de ne pas aimer les descriptions et de décrire très, très peu. Mais si tu nous brosses en quelques deux, trois détails, un petit peu à quoi ressemble le lieu dans lequel va se dérouler la scène, le lecteur aura bien sûr. Moins de mal à y entrer. Je fais quand même une parenthèse maintenant sur le fait que il n'y a pas forcément besoin d'écrire une description très longue et visuelle comme celle que je viens de te lire. Il y a des auteurs qui mettent très peu de descriptions. Je te montre notamment Aurélie Wellenstein avec Le désert des couleurs. Tu vas voir que c'est très différent. Et pourtant, on est dans des univers imaginaires, particuliers, etc. Mais elle décrit très, très, très peu. D'ailleurs, je t'avais lu un extrait dans la vidéo sur les pires et les meilleurs conseils d'écriture. Ça n'empêche pas que ça plante l'ambiance d'une autre manière en décrivant les personnages et leurs réactions. Et d'ailleurs, ça m'amène à mon deuxième point. C'est qu'au théâtre, une fois que le décor est planté, qu'est-ce qui se passe? On y met les personnages. Ben oui, c'est eux qui vont porter l'action, qui vont porter l'histoire. Les personnages, ça va être ta deuxième clé pour immerger le lecteur. Parce que le lecteur, déjà peut-être qu'il va incarner un personnage selon tes choix de narration. Si tu as une narration interne, il va en incarner un. Mais aussi, il va voir les autres. Comme s'il était dans le public du théâtre. Il va les voir se comporter, réagir, donner des informations, etc. Et tout ça, ça va énormément. Aider à être là avec eux, à ressentir l'histoire. C'est pourquoi on va parler des personnages. Et comment on fait pour rendre ça immersif? Quand on parle des autres personnages, pas du narrateur, au théâtre, on passe par le corps. Parce que même si les personnages pensent des trucs, au théâtre, on ne saura pas ce qu'ils pensent. On va avoir besoin de les voir en action. Et le corps, c'est un super outil pour ça. Et je vais ressortir l'intérieur ennui pour te citer une bonne description de personnage. Et ensuite, on passera à Aurélie Wittgenstein. Tu verras, ça n'a rien à voir. Lévite comme il était, Beckman ne pouvait pas être physiquement intimidant. Il portait un pantalon de costume gris trop court et des lunettes rondes en or, derrière lesquelles ses petits yeux gentils, clignés comme ceux d'un écureuil. Il avait aussi une implantation de cheveux très ailée, qui avait désespérément envie de commencer 5 cm au-dessus de ses sourciers. Sa joue droite était méchamment gonflée, on aurait dit qu'elle était bourrée de coton. Je veux te parler d'Ashley. Le nom le fit sursauter comme s'il avait reçu une décharge électrique. Il marmonna quelque chose dans sa barbe, puis se dirigea vers un fauteuil, où il s'assit en émettant un léger sifflement de coussin péteur. Il ôta ses chaussures et cala ses pieds, il arborait des chaussettes écossaises jaunes vifs, sur le divan face à lui. « Ash Cordova! » dit-il en caressant le côté de son visage engourdi et shooté à la novocaïne. Il se retourna et aboya par-dessus son épaule. « Olga! » Elle parut devant la porte, au téléphone, apparemment avec la police. « Nom d'une pipe, Olga! Qu'est-ce que vous raccrochez? Mon Dieu! Je vous présente mon grand ami Scott McGrath. Vous pouvez lui offrir autre chose que du thé? Le thé ne lui fait aucun effet. Il me regarda. Tu bois toujours comme un trou en plein jour? Bien sûr. Je suis content d'apprendre que tu as gardé le meilleur de toi-même. Apportez-nous la vodka de qualité supérieure. Voulez-vous? » Olga disparut. Bon, bref, on peut continuer longtemps, parce que c'est un extrait qui prend son temps, mais voici un petit peu une présentation de personnage qui laisse penser des tas de trucs, notamment sur le contraste entre le début et la fin, dont on parle de lui, où on a presque l'impression qu'il ne se connaisse pas, qu'il est embêté par cette histoire. Ah là là, Ash Cordova! Et puis d'un coup, c'est la révélation. Ils se connaissent très bien, et du coup, on a une familiarité qui se crée. On a aussi tout un tas de détails assez marrants pour brosser, encore une fois, un portrait, immerger le lecteur dans la scène, imaginer la joue qui est shootée à la Nouveau-Caïn avec une métaphore et tout ça. Et tout ça, ça passe notamment par le corps, effectivement, du personnage, comme je te le disais. Il sursaute comme s'il avait reçu une décharge électrique, il crie, etc. Mais aussi, ça passe également par autre chose. Eh oui, le dialogue que je viens de te lire. Le dialogue, c'est vraiment un pivot pour permettre de savoir ce que les personnages pensent parce que là, on va les entendre s'exprimer. C'est exactement ce qu'il y a au théâtre. On va avoir le côté corporel uniquement, mais surtout le côté dialogue. C'est dans les dialogues, parfois, que même tout va se jouer. On pourrait même lire un chapitre entièrement écrit avec que des lignes de dialogue, mais s'il est bien écrit avec la voix de tout le monde, on va complètement imaginer les réactions des personnages. Extrait du Désert des couleurs d'Aurélie Wellenstein qui présente très peu de descriptions visuelles, comme tu le verras, mais qui n'empêche pas du tout d'avoir une forte immersion, notamment grâce à de super dialogues. « Et il n'avait pas atteint Alnaïr? » dit doucement Cabalray, désolé pour lui. « Non, mais grâce à lui et à son partenaire, nous avons pu continuer de dessiner la carte du Désert des couleurs. J'aimerais voir cette carte. Bien sûr, je te la montrerai. Ne sois pas si pressé. Profite de ta jeunesse, de ce temps passé ici avec nous avant le grand départ. Ça ne me fait pas peur, répondit tranquillement Cabalray. C'est ma nature, je ne vais pas l'occulter. J'accompagnerai mon guide à travers le Désert des couleurs. Et au mieux, je mourrai de vieillesse en chemin. » Il sourit de toutes ses dents. « J'espère voir ce fameux monde du futur avant. » « Je te le souhaite, » dit Avem, paru hésité avant d'ajouter. « J'ai vraiment confiance en toi. Tu es promis à de grandes choses, Cabalray. » Cabalray, rouge de confusion et de fierté, balbutia des remerciements. « J'ai un cadeau pour toi, » l'interrompit le chaman. Ils étaient arrivés au niveau du sommet déchiqueté du cratère. Un cahier à la couverture délavée était posé en équilibre entre les pierres. Cabalray se mit à rire. « Le sage avait toujours trois coups d'avance. Couragea l'oiseau du temps. « C'est un nouveau livre, » admira le mimoriant. « Ce n'est pas tout à fait un livre. Les pages sont vierges. » Cabalray écarquilla les yeux. « Tu pourras écrire sur ton futur voyage, » proposa Avem. « Oui, je vais le dessiner. » « Si tu veux, je vais commencer par faire votre portrait. » « Vraiment? » s'amusa le chaman. « Et que vas-tu représenter? » « Qu'est-ce que tu imagines sous le tissu? » Cabalray, embarrassé, dut reconnaître qu'il n'en savait rien. Cela le plongea dans des abîmes de perplexité, et pendant quelques instants, il ne songea même plus à son cadeau. « Vous êtes un oiseau? » osa-t-il enfin demander. « C'est pour ça que vous vous dissimulez sous les voiles? » Je pourrais lire encore longtemps, mais tu vois que c'est un dialogue très vivant, pourtant que entre deux personnes, toutes seules, qui est en plus avec beaucoup d'explications. Mais on a un peu de l'émotion, on a les espoirs et les émotions de Cabalray, à la fois dans ce qu'il dit et dans ses réactions corporelles, et une espèce de musicalité avec les propos de l'oiseau du temps. Dans tous les cas, plein d'outils pour rendre le dialogue immersif, avec justement ce côté voix des personnages, qui est même plus important finalement que les informations qu'ils vont donner. Comment on les donne, c'est tout aussi intéressant que ce qu'on dit. Bon, alors on a notre décor, on a nos acteurs, et ce que je te disais, c'est que pour moi, le troisième élément essentiel, qui facilite l'immersion, ce sont les émotions. Parce que oui, c'est ça qui est intéressant dans le dialogue que je viens de te lire, c'est qu'effectivement, on voit un peu les personnages, on les visualise mieux, on les entend, mais aussi, ils traversent tout un tas d'émotions pendant tout le dialogue. C'est pareil avec les émotions qu'il y avait dans Intérieur Nuit. On a plein d'émotions en lisant rien qu'un décor d'appartement, un peu nul et un peu glauque. Et c'est pour ça que je trouve que c'est un élément essentiel de l'immersion, et que c'est quelque chose à bien garder en tête. Le décor, les acteurs, et les émotions. Et pour ça, il y a plusieurs manières de faire. Tu peux d'ailleurs te demander quelle émotion je voudrais que mon lecteur ressente au début de ma scène, à tel moment, à la fin, ou simplement, quand tu écris quelque chose, te demander dans quel état émotionnel est le personnage en question. Bien sûr, n'oublie pas ce qu'on vient de dire jusqu'ici, à savoir que les personnages vont montrer des émotions avec leur corps, avec leur dialogue, avec leur façon de parler, et aussi plein d'autres choses, des onomatopées, etc., leurs réactions, la narration, tout simplement des gestes qu'ils vont faire et tout ça, ça va contribuer à rendre le texte beaucoup plus immersif pour le lecteur, qui va bien plus se situer que si tu avais juste dit "il est en colère à cause de ça". Et c'est donc le moment venu pour moi de te parler enfin de la narration, parce que jusqu'ici, j'avais quand même réussi à éviter le sujet. Un roman, ce n'est pas comme au théâtre. On a la narration qui entre en jeu, qui raconte. Est-ce que c'est une voix off qui est complètement déconnectée des personnages, ou est-ce que c'est l'un des personnages? Ça, ça veut dire que tu es en narration interne. Si c'est déconnecté des autres personnages, tu peux malgré tout nous faire passer des émotions, des émotions, un ton particulier. Tu sais, un peu dans Amélie Poulain, il y a toute une voix off qui raconte avec un peu de la poésie, etc., tout ce qui se passe. Mais si ce n'est pas le cas, on se retrouve dans une narration interne. Un peu comme dans Harry Potter. Dans Harry Potter, on est dans sa tête, on voit avec ses yeux, on connaît les informations qu'il connaît et rien d'autre, et on va suivre toutes ses émotions, on va avoir toutes ses sensations corporelles aussi. D'ailleurs, dans Intérieure Nuit, le narrateur, c'est un vieil homme un peu désabusé d'Hollywood qui porte des jugements sur tout. Et du coup, ça donne des métaphores absolument hilarantes à chaque fois de cet homme-là qui juge. On voit à travers ses yeux et du coup, ça nous aide tout de suite à nous représenter des trucs et à être dans sa peau tout simplement, à faire pareil les mêmes devinettes que lui va faire. Bon, super. Et maintenant, comment on applique tout ça à notre texte? Parce que c'est bien beau de faire toute une liste de trucs à rajouter, mais comment on fait? Déjà, on va respirer un petit peu. Tu n'es pas obligé d'appliquer cette vidéo intégralement à chaque ligne que tu as écrit dans ton roman. Pas du tout. Ce que tu peux plutôt faire, c'est un petit peu ce que je te disais par rapport à moi. Relire une scène que tu as déjà écrite et te demander : si je la donnais à quelqu'un d'autre, est-ce qu'il arriverait à se représenter le lieu? Est-ce qu'il arriverait à se représenter les acteurs? Et est-ce qu'il serait capable de me dire à peu près les émotions des différents moments de cette scène? Pour moi, c'est vraiment ça. C'est un outil d'amélioration, un peu comme si tu avais ta caisse à outils avec le décor, les acteurs et les émotions. Et c'est vraiment intéressant en tout cas de regarder tes scènes un petit peu dans les yeux et d'essayer d'appliquer un petit peu ça. J'ai quand même un dernier truc à te dire. Tu n'es pas obligé de faire ça avec tout ton roman bien sûr. Par contre, il y a un endroit où c'est intéressant de le faire, c'est les scènes les plus importantes du point de vue de ton scénario, les événements majeurs, l'élément déclencheur, le climax, etc. C'est là vraiment que je te conseille de mettre le paquet sur l'immersion parce que ça renforcera l'idée d'une scène forte, d'une scène clé qui va rester ancrée dans l'esprit de ton lecteur. L'immersion, ce n'est pas une plume incroyable et poétique qu'on va citer dans tous les cours de français pour moi. C'est vraiment être plus présent dans son texte, rentrer davantage dans le narrateur, dans les personnages, dans le décor, être là. C'est quelque chose qui n'est pas facile et que j'ai mis un temps fou à travailler. Je me suis aidé de plusieurs trucs, notamment simplement de fermer les yeux et d'essayer vraiment de visiter les lieux par exemple ou simplement d'essayer de chercher l'inspiration dans les personnes que je croisais au quotidien pour me demander si je devais décrire cette personne, comment je ferais. C'est évidemment quelque chose qui se travaille au long terme. Ce n'est pas facile mais je suis sûre que tu peux y arriver. Enfin, un dernier petit mot, du coup, moi je compose une masterclass qui est spécialement dédiée à l'immersion. Là, on a parlé de trois trucs mais là, dans la masterclass, je te parle plutôt de 8-9 pour rendre tes textes vraiment très vivants, fluides, immersifs et que le lecteur ne décroche plus de ces scènes-là. Je te mets le lien dans la description. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il t'a plu, tu peux me laisser une note sur Apple Podcast ou Spotify, ça m'aidera énormément à faire connaître le podcast. Et si tu souhaites me poser une question sur l'écriture, me donner ton avis sur l'épisode ou juste écrire avec la communauté J'écris un roman, rejoins-nous sur j'écrisunroman.eu/apprentissage. À la semaine prochaine.

Podcast Summary

Key Points:

  1. Il existe deux types d'auteurs
  2. L'immersion se travaille après le premier jet, une fois le scénario solidifié, car vouloir tout faire simultanément est trop difficile.
  3. Le premier outil d'immersion est le décor, qui permet de transmettre des informations sur l'univers et sur les personnages eux-mêmes.
  4. Le deuxième outil est le personnage, dont le corps, les gestes et les réactions permettent au lecteur de le visualiser et de le ressentir.
  5. Le dialogue est un pivot essentiel de l'immersion, car la voix et la musicalité des personnages comptent autant que les informations transmises.
  6. Le troisième outil est l'émotion, que le lecteur doit ressentir à travers le corps, les dialogues, les gestes et la narration.
  7. La narration, interne ou externe, influence la façon dont les émotions et les perceptions sont transmises au lecteur.
  8. L'immersion doit être particulièrement soignée dans les scènes clés du scénario comme l'élément déclencheur ou le climax.

Summary:

Cette transcription aborde les techniques pour rendre un texte plus immersif, en particulier pour les auteurs qui partent d'un plan minimal. L'intervenante distingue deux profils d'auteurs : ceux qui écrivent un squelette et doivent l'étoffer, et ceux qui produisent trop de détails et doivent trier. Elle précise que l'immersion ne doit pas nécessairement être travaillée au premier jet, où le scénario prime, mais qu'elle devient indispensable ensuite.

Trois outils principaux sont présentés, illustrés par des extraits littéraires. Le premier est le décor, qui transmet des informations sur l'univers et les personnages, comme dans Intérieure Nuit de Marisha Pessl. Le deuxième est le personnage, dont le corps, les gestes et les réactions permettent au lecteur de le visualiser.

Le dialogue constitue également un pilier de l'immersion, car la voix des personnages compte autant que le contenu, comme le montre Le Désert des couleurs d'Aurélie Wellenstein. Le troisième outil est l'émotion, que le lecteur doit ressentir à travers le corps, les dialogues et la narration. L'intervenante souligne enfin l'importance de la narration, interne ou externe, et recommande d'appliquer ces techniques en priorité aux scènes clés du récit, comme l'élément déclencheur ou le climax, afin de marquer durablement le lecteur.

FAQs

Elle s'adresse aux auteurs qui écrivent peu au premier jet et qui ont du mal à étoffer leur texte pour le rendre immersif.

Le décor, les personnages et les émotions sont les trois éléments clés pour immerger le lecteur.

Le décor donne des informations concrètes et sensorielles sur le lieu et sur les personnages, ce qui aide le lecteur à visualiser la scène.

Les personnages immergent le lecteur par leur corps, leurs réactions et leurs dialogues, qui montrent leurs pensées et émotions.

Les émotions permettent au lecteur de ressentir ce que vivent les personnages et de mieux se situer dans l'histoire.

Non, il est conseillé de les appliquer surtout aux scènes importantes comme l'élément déclencheur ou le climax.

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