Speaker 1C'est important pour moi que chaque personnage, à la fin d'un roman, ne soit plus le même et qu'il ait quelque part, désolée pour la comparaison, fait une évolution de Pokémon. Bienvenue au Café des auteurs,
Speaker 2le podcast pour les auteurs en herbe perdus dans la jungle des conseils contradictoires. Je m'appelle Ingrid Lemaire, je suis auteur, diplômée en écriture créative et coach sur j'écrisunroman.eu, ma mission avec ce podcast est de te détendre, de t'inspirer et surtout de te guider pour que tu puisses écrire le livre de tes rêves et le publier grâce à des conseils concrets et bienveillants et des interventions d'auteurs inspirants. Prépare ta boisson chaude favorite, c'est l'heure de souffler un peu. Hello collègues écrivains, dans cet épisode je reçois Célia Flo, autrice, jeunesse et jeune adulte d'Imaginaire dans des universités. Des univers très divers et variés mais avec comme particularité des personnages adolescents, crédibles et intéressants et c'est ce dont nous allons parler dans cet épisode, comment elle les crée, comment elle se met dans leur peau et comment elle les fait évoluer. Nous parlerons également de sa préparation, de sa façon d'écrire qui est assez originale et de sa confiance en soi en tant qu'autrice. Je te laisse avec l'épisode, bonne écoute. Et on est avec Célia Flo, hello Célia et bienvenue au Café des auteurs. Merci. Alors est-ce que tu pourrais tout d'abord nous dire quelques mots sur tes livres et ce que tu écris?
Speaker 1Oui bien sûr, donc moi je suis une autrice qui écrit principalement des histoires qui se passent dans des univers imaginaires et que ce soit de la fantaisie ou de la dystopie, ce que j'aime écrire c'est des histoires où les personnages se débattent dans une société qui est très rigide et souvent qui essaye de les mettre dans des cases qui ne leur plaisent pas du tout. J'aime quand les personnages sont amenés à affronter leur propre peur, leur propre faiblesse pour essayer de trouver qui ils sont et leur place dans le monde. C'est vrai que ça me permet de proposer au lecteur un moment d'évasion mais aussi une histoire qui lui permettra j'espère de mieux se connaître lui-même en refermant
Speaker 2le roman. Et clairement c'est vrai que je trouve que cette description marche plutôt bien pour la personne. Merci à la plupart de tes livres. Merci. A propos justement, comment se sont passés tes débuts d'autrice? Est-ce que tu avais déjà cette vision-là de l'écriture peut-être?
Speaker 1Alors moi quand j'ai commencé à écrire j'avais 15 ans et ça a été du jour au lendemain puisque c'était la nuit de Noël, j'ai fait un super beau rêve et je me suis dit il faut que j'écrive cette histoire. Et j'ai commencé à écrire comme ça sans trop réfléchir sur ce que je voulais faire et c'est seulement. 15 ans plus tard, lorsque j'ai eu 30 ans où j'ai vraiment appris les techniques d'écriture, comment créer un univers des personnages, où j'ai travaillé avec des bêta lecteurs pour atteindre un niveau d'écriture qui permettait d'être publié en fait donc j'ai commencé à publier des nouvelles dans des fanzines, après j'ai publié des nouvelles dans des anthologies. Avant de passer vraiment à mon objectif qui était la publication d'un roman donc pour ça 2015 a été une année super importante puisque c'est à la fois l'année où j'ai publié Isetan, mon premier roman chez Voyelle et en même temps l'année où j'ai signé un contrat avec mon agente Roxane Édouard qui est une agente littéraire chez Curtis Brown. Et voilà maintenant j'ai publié d'autres romans donc j'ai publié Le Cirque Interdit chez Scrineo puis Anergique chez Actu SF. Et ma dernière émission. Donc j'ai publié le Cirque Interdit chez Scrineo puis Anergique chez Actu SF et ma dernière émission. Et ma dernière publication c'est La Voix du Kirin, le premier tome de la trilogie porcelaine chez Bayard. Voilà. Et des romans
Speaker 2qui se déroulent tous dans des univers très très différents. Oui c'est vrai. Des romans qui collent à chaque fois avec ta description d'une société assez rigide je trouve. À ce propos, les personnages dont tu parlais qui se débattent un peu avec cette société-là sont souvent des adolescents ou des jeunes adultes. Est-ce que c'est un choix de ta part ou est-ce que c'est un peu un choix de ta part? Ou est-ce que c'est un peu le hasard qui fait qu'à chaque fois c'est ton genre de héros?
Speaker 1Au début c'était pas conscient. Mais j'ai réalisé qu'en fait j'écrivais pour celle qui a commencé à écrire à 15 ans. Parce qu'à cet âge-là, j'avais l'impression qu'il y avait beaucoup de très bons livres qui me plaisaient beaucoup. Mais aucun n'était tout à fait écrit pour moi. Et finalement je me suis dit : "Eh bien Célia, si tu veux un livre écrit pour toi, écris-le toi-même!" Et depuis j'essaye d'écrire pour moi. J'essaye d'écrire ce livre parfait pour celle que j'étais à cet âge-là. Et donc c'est assez naturel que ces romans-là touchent une cible de lecteurs principalement qui avaient mon âge. Et pour écrire
Speaker 2des personnages adolescents, quand on est maintenant une adulte depuis quelques années on va dire, est-ce que c'est toujours quelque chose d'assez facile pour toi?
Speaker 1Pour moi c'est pas très difficile parce que pour moi ce qui est fait, l'adolescent, les jeunes adultes, c'est un mélange de doutes et de certitudes sur qui on est, où on va, qu'est-ce qu'on veut faire, comment on va construire son avenir. Et de doutes hostiles ou de certitudes d'ailleurs sur les valeurs morales auxquelles on est attaché. Que ce soit la famille, faire le bien, aider les autres ou pas. Et du coup je pense que c'est intéressant de remettre en question les certitudes que j'avais pu avoir et que peut-être d'autres personnes ont à cet âge-là. Et en même temps c'est intéressant de voir comment des doutes, à force d'être questionnés, peuvent amener à prendre plus d'assurance. Donc pour moi c'est toute cette transformation du doute vers l'assurance et de la certitude vers l'incertitude qui forme l'adolescent. Et je me sens pas très loin de tous ces questionnements, même aujourd'hui.
Speaker 2Et tu as reçu du coup des avis d'adolescents qui ont lu tes romans?
Speaker 1Oui, notamment lorsque j'ai été aux Imaginales cette année. J'avais participé aux Prix Imaginales des lycéens. Et il y a beaucoup de lycéens qui sont venus me voir en parlant d'Anergic et de toutes les questions que ça avait pu se citer en eux sur la reproduction du niveau social, sur les choix qu'on peut avoir, sur toute la question du genre et des stéréotypes de genre. Donc ça m'a beaucoup touchée en fait de voir que ces questions-là les avaient amenées à réfléchir et les avaient touchées eux aussi.
Speaker 2C'est assez drôle parce que finalement c'est pas forcément, je pense, effectivement quand on crée un personnage on va avoir tendance, je pense, à l'aborder un peu en disant : "Bon, c'est un adolescent, à quoi il pense? Quels sont ses loisirs? Quelle est sa façon d'être?" etc. Mais en réalité, toi tu nous proposes toute une panoplie de personnages. C'est finalement ce point commun d'être dans l'incertitude et dans une société un peu trop rigide pour eux. Et ça suffit, je trouve, d'aborder les personnages et en faire une grande diversité. Il n'y a pas forcément besoin d'étudier en long et à large en travers la personnalité des adolescents pour écrire un personnage crédible.
Speaker 1J'essaie vraiment de partir du désir du personnage, de ses questions, de ses faiblesses, des épreuves qui vont justement aller titiller ses faiblesses et le pousser à réagir pour construire le fond de la personnalité de mes personnages. Pour moi, le loisir est plus une expression de ce fond-là qu'un point de départ. C'est pareil pour tout ce qui peut les caractériser de l'extérieur, que ce soit leur goût, leur façon de parler, ça va dépendre de leur univers bien sûr, mais ça va aussi à chaque fois être un reflet de leur personnalité profonde faite de valeurs morales, de faiblesses, de doutes, voilà.
Speaker 2Et pour incarner un peu ces personnages qui par contre se promènent dans des univers très loin d'une autre, comment tu fais?
Speaker 1J'écris! Comme je suis assez jardinière, je ne parle jamais de fiches personnages, je déteste ça. Donc en fait, je les mets en scène, soit en y réfléchissant et en rêvassant, soit simplement en écrivant des scènes dans lesquelles je vais essayer de chercher quel va être leur comportement, quelle va être leur attitude, comment leur personnalité va s'exprimer, comment ils vont se confronter au monde, à cette société dans laquelle ils se sentent mal, aux personnes qui les entourent. Et plus j'écris, plus j'essaye de les décrire physiquement, moralement, et plus le personnage va naître et prendre de la richesse. Et c'est comme ça que petit à petit, je vais découvrir ces différentes facettes, que ce soit ce qu'il veut devenir, son métier, ses goûts, sa famille, etc.
Speaker 2Quand j'accompagne des auteurs, je leur dis qu'écrire, avec justement ce fameux personnage, c'est un petit peu comme vivre en coloc avec lui. Je ne sais pas si tu es d'accord avec ma métaphore. Ça permet de faire leur connaissance bien plus que justement de rester un peu statique et de remplir des fiches personnages.
Speaker 1Oui, personnellement, je ne saurais pas faire une fiche personnage avant. Je peux faire une fiche personnage après la coloc en disant : "Mais oui, c'est quelqu'un qui cuisine super mal, c'était affreux, d'abord il ne fait jamais le ménage bon d'accord il a des côtés sympas il aime faire la fête mais vraiment enfin bon il a passé son temps à se disputer avec sa mère
Speaker 2c'est ça et c'est vrai que pour ce point de vue là on ne dit pas que ça convient à personne de faire des petits personnages c'est à chacun de voir ce qui lui convient le mieux mais c'est vrai que j'ai l'impression que toi on a parlé du mot jardinier ça veut dire que globalement tu n'as pas forcément besoin d'écrire le synopsis de ton histoire et 58 personnages avant de te lancer dans l'écriture est-ce que du coup tu as un point de départ un peu fréquent peut-être qui te vient en tête pour chaque roman ou est-ce que chaque roman a une aventure différente
Speaker 1alors mon point de départ c'est souvent deux personnages et un univers voilà quand j'ai deux personnages qui peuvent être deux antagonistes ou deux personnages qui vont se rencontrer et qui vont s'apprécier et que ça se passe dans un univers je peux partir mais souvent ce qui est amusant c'est que j'ai aussi besoin d'une validation extérieure c'est-à-dire que pour le tome 2 de Porcelaine comme au début c'était pas censé être une trilogie il y a un moment où j'ai parlé à mon ami Axel Collot et je lui ai dit cette histoire je ne sais pas si je vais l'écrire ça parle de ça c'est à Ico mon héroïne il lui arrive ceci, il lui arrive cela tu comprends, machin, l'univers, bidule, le clan phénix puis à la fin il m'a dit mais c'est bien, écris-le ce roman tu vois bien que t'as tout je l'ai écrit et il vient de m'arriver exactement la même chose en mai dernier aux Imaginal avec une autre amie qui s'appelle Claire Garand qui écrit également des super romans et c'était pareil je lui ai dit mais au Versailles c'est compliqué cette histoire tu te rends compte, cet univers et puis mon héroïne, Emma, machin il va lui arriver ci, il va lui arriver ça ce sera un peu gothique mais en même temps ce sera complètement farfelu et brillant comme la cour de New Versailles et à la fin elle m'a dit mais enfin Célia tu vois bien que t'as tout écris-le et j'ai commencé à l'écrire donc c'est très étrange parce qu'il me faut en même temps deux personnages pivots un univers et une validation extérieure d'une personne que j'apprécie beaucoup en qui j'ai confiance et qui quelque part me donne la permission en me disant mais vas-y Célia mais qu'est-ce que t'attends mais écris-le ce livre
Speaker 2voilà je trouve ça génial parce que c'est vrai qu'on a encore un peu le mythe de l'écrivain seul dans sa caverne mais aujourd'hui c'est plus le cas il y a des communautés même le réseau Instagram en soi peut faire office de communauté d'auteurs je reconnais qu'ils s'entraident via les réseaux et c'est vrai qu'en général je dirais pour la plupart d'entre nous ça fait toujours du bien justement d'échanger sur ces projets et de recevoir du soutien quand on a des gros doutes sur notre histoire etc. je trouve que c'est beau que même toi qui es quand même publiée dans des belles maisons d'édition tu nous dises que ça peut encore arriver et que c'est pas grave et qu'au contraire si on se connait bien ça peut nous aider à avancer
Speaker 1alors vraiment je pense que ça arrive à tous les auteurs et quel que soit leur parcours quel que soit leur niveau et plus j'apprends à connaître d'autres auteurs autour de moi et plus je suis surprise comme toi de voir des personnes qui ont je ne sais pas combien de prix des tonnes de romans derrière eux et qui doutent qui doutent qui doutent encore et en même temps c'est rassurant parce que je me dis on est tous en train d'apprendre on est tous en train de douter ce que je traverse ne signifie pas que je ne peux pas devenir un auteur au contraire ça veut dire ce doute cette remise en question que je peux devenir un auteur exactement comme tous les grands qui m'ont précédé ça fait partie du processus d'écriture de perdre confiance et c'est normal d'avoir besoin de personnes bienveillantes autour de soi pour nous aider à garder cette confiance et à garder la persévérance et en même temps parfois ce sera nous toi et moi qui disons à d'autres personnes garde confiance ça va se faire tu vas y arriver peut-être que tu as besoin d'une pause ou peut-être que tu as besoin d'en parler on va trouver des solutions voilà de rendre un peu ces encouragements que les autres ont besoin d'entendre et je pense que c'est une protection très importante dont on a tous besoin
Speaker 2ouais je pense aussi que c'est bon signe aussi ça veut dire qu'on n'est pas non plus trop confiant dans nos capacités en général comme tu le dis c'est le cas de la plupart des auteurs et c'est signe à mon avis qu'on a encore des choses à apprendre effectivement justement je trouve ça intéressant parce qu'on parle de la confiance en soi quand on écrit on pourrait aussi parler de la confiance en soi de personnages qui vont traverser tout l'univers et connaître des épreuves assez horribles moi je trouve que les deux sont assez liés il faut trouver la confiance de les mener jusqu'au bout
Speaker 1je le réalisais bien sûr qu'après l'avoir écrit parce que ça m'arrive très souvent que mon inconscient s'exprime dans mes écrits sans que je le réalise sur le coup et que ça arrive plus tard mais la voie de Lucérine c'est la voie de l'écriture en fait cette espèce de montagne vertigineuse qu'il faut grimper et on a l'impression qu'on va se casser la figure à chaque instant il y a des moments où le paysage est magnifique et on se sent super bien et puis il y a des moments où on se retrouve sur une espèce de falaise battue par les vents et où on se dit qu'on n'arrivera jamais au sommet plus on avance et plus le sommet semble se dérober on rencontre des gens qui sont formidables et qui nous aident à grimper en nous tendant la main ou en nous assurant et on rencontre d'autres gens qui nous donnent des coups de pied pour nous faire tomber mais vraiment ça me frappe à postériori cette similitude entre l'épreuve à la fois physique, morale et que peut être une ascension et ce qu'on traverse en ce qu'on écrit un roman
Speaker 2c'est clair et donc là tu viens de nous parler de nous écrire assez précisément le tome 1 de ta trilogie porcelaine qui s'appelle donc la voie de Lucérine et alors moi j'ai cru comprendre qu'au début il n'y avait pas vraiment de Kérine dans cette histoire est-ce que c'est vrai? c'est totalement vrai
Speaker 1j'étais partie sur le concept de porcelaine c'est à dire des petites figurines dans une matière magique qui incarne l'âme de la personne et donc la personne naît avec et la porcelaine grandit avec cette personne en exprimant son état d'esprit donc ça peut être de la joie de la joie de la joie du chagrin elle exprime aussi ses passions ses goûts donc elle exprime si on est plutôt un lettré si on est plutôt un guerrier si on est plutôt une personne qui est attirée par la religion etc. donc la porcelaine va vraiment exprimer tout ce qu'est la personne et lorsque la personne va très mal la porcelaine va noircir, se fissurer etc. et lorsque la personne décède la porcelaine continue à exprimer son état d'esprit même après la mort et donc elle va se faire un peu plus elle permet de communiquer avec les porcelaines des personnes de sa famille même après leur décès j'étais vraiment partie là-dessus et sur l'histoire d'une porcelaine qui va très très mal et donc ce qui alerte à la fois l'empereur puisque c'est la porcelaine de sa fille et en même temps qui va bouleverser tout un empire mais à ce moment-là j'étais pas encore dans la caractérisation de l'univers avec 5 animaux sacrés et notamment avec le kérine et donc j'étais pas encore dans la caractérisation j'étais juste sur la montagne sacrée et puis j'ai écrit une bonne moitié du roman et le kérine est arrivé et quand le kérine est arrivé je me suis demandé mais qu'est-ce qu'il vient faire là? et j'ai compris qu'en fait c'était fondamental pour la caractérisation de mon univers qu'on lui donnait encore plus de richesse pour aider à donner du caractère aux 5 clans et donc c'est comme ça qu'effectivement est apparu le fait que les clans a été caractérisé par un animal sacré par le caractère de cet animal sacré par l'objet en porcelaine donné par cet animal sacré et l'univers a pris une dimension supplémentaire et j'ai compris que ce serait une trilogie
Speaker 2voilà ça montre aussi que tout comme les personnages on n'a pas besoin de connaître l'univers à 100% avant d'écrire une histoire qui se passe dedans et qu'au contraire ça peut être une porte d'entrée fabuleuse pour découvrir l'univers petit à petit je ne sais pas si c'est comme ça que tu l'as vécu du coup
Speaker 1alors personnellement effectivement quand je pars avec une porte sur un univers mais quand j'ouvre la porte et que je mets à voyager dans cet univers l'univers dévoile des facettes et une profondeur que je n'avais pas du tout imaginée avant de partir je suis de ces voyageurs qui prennent leur sac à dos et qui n'ont aucune réservation donc la carte de l'univers se construit petit à petit et j'ai de très belles surprises ça fait partie pour moi du plaisir de l'écriture
Speaker 2j'ai d'ailleurs une coachée qui m'a remercié de citer tes romans à toi parce qu'elle était aussi plutôt du côté jardinier donc à savoir vraiment très très peu de préparation mais en même temps c'est vrai qu'on connait plutôt la préparation des auteurs type J.K. Rowling ou Tolkien qui avaient fait des tableaux et compagnie et elle était très contente de voir qu'on pouvait écrire de très bons livres en préparant pas trop comme toi
Speaker 1peu importe la façon qui vous convient tant qu'elle vous convient tant que vous vous aimez travailler Et tant que vous aimez écrire comme ça, ne forcez pas votre nature. Allez-y. Après, si vous avez un roman qui est un peu bancal par endroits, parce que vous l'avez moins préparé que d'autres, ce qui m'arrive très régulièrement. Franchement, mes premiers jets sont des premiers jets. C'est de la matière brute. Ce n'est pas grave, les corrections sont faites pour retravailler ça. En écriture, ce n'est pas comme lorsque l'on a de l'aquarelle, les différentes couches de correction ne se voient absolument pas. Ce n'est pas grave s'il y a des choses qui arrivent, comme le Kérine, et que vous avez déjà écrit la moitié du roman. Ma foi, il suffit de le rajouter au début. C'est clair. Voilà, à chacun de trouver la méthode qui lui plaît. Je pense qu'il n'y a pas fondamentalement de bonne et de mauvaise méthode, mais qu'il faut vraiment apprendre à se connaître.
Speaker 2Et que ce besoin-là de préparation, pour moi, diffère en plus, selon les projets. Il y a des projets où on va avoir besoin de beaucoup de préparation. À ce propos-là, Porcelaine est quand même une trilogie. Donc, ce n'est quand même pas pareil de garder une continuité, pas dans notre univers, mais aussi dans nos personnages, tout au long d'une trilogie. Comment tu t'y es prise, toi, dans ce cas-là?
Speaker 1En fait, j'essayais de faire en sorte qu'il y ait à chaque fois un accomplissement et une transformation du personnage pendant l'histoire. C'est important pour moi que chaque personnage, à la fin d'un roman, ne soit plus le même et qu'il ait quelque part, désolé pour la comparaison, fait une évolution de Pokémon. Cette évolution n'est pas forcément positive, mais il y a une évolution du personnage. Il a franchi un point qui fait qu'à la fin du roman, il n'est plus le même qu'au début. Mais effectivement, dans le cadre de la trilogie, j'ai des personnages qui font des évolutions, de Pokémon, c'est-à-dire qu'il y a plusieurs phases d'évolution. Il y a plusieurs phases d'évolution et ça prend de l'ampleur au fur et à mesure des tomes. Et le personnage apprend au fur et à mesure des tomes à creuser encore plus en lui-même pour changer suite aux événements qui le bouleversent à des stades différents.
Speaker 2Tu me disais que ce n'est pas forcément les mêmes héros, par contre, au fil des tomes.
Speaker 1Tout à fait.
Speaker 2Et pourquoi tu as choisi. Pourquoi tu as choisi de construire l'histoire comme ça?
Speaker 1Parce que j'ai cinq clans et donc ça me paraissait intéressant de travailler sur des clans différents d'un tome à l'autre. Et aussi parce que j'ai plusieurs personnages intéressants, notamment. On a trois amis, Tomoe, Aiko et Shizuka, et chacune d'entre elles avait vraiment son histoire, son caractère et son développement propre. Donc même si Tomoe a vraiment une évolution en spirale de plus en plus importante, c'est qu'elle a vraiment une évolution en spirale de plus en plus importante. Donc même si Tomoe a vraiment une évolution en spirale de plus en plus importante, j'avais envie de montrer les points de vue de Aiko et Shizuka et leur propre évolution en lien avec leur clan. Parce qu'Aiko vient du clan phénix et Shizuka vient du clan tortue. Et donc du coup, ça me permettait d'élargir les points de vue, les perspectives, la connaissance des clans, tout en offrant à Tomoe l'ampleur dont elle a besoin pour devenir la version ultime de Tomoe.
Speaker 2Oui, qui est donc l'héroïne du tome 1 que j'ai fait. C'est ça. J'ai vraiment dévoré et j'ai vraiment trouvé qu'il reposait d'ailleurs beaucoup sur elle finalement. C'est effectivement une rencontre entre plusieurs personnages puisque Tomoe est guide de la fameuse haute montagne et qu'elle a donc la mission de mener un groupe au sommet. Mais c'est vrai que finalement, c'est elle un peu le personnage fort de ce premier tome. Et pourtant, on a beaucoup d'autres personnages aussi qui font partie du groupe. Comment tu écris? Comment tu écris quand c'est comme ça qu'on a un personnage un peu, j'ai l'impression, qui est peut-être celui que tu avais en tête au début et qui est celui qui t'écris? Et comment on trouve ses compagnons de voyage finalement?
Speaker 1Alors pour moi, ça rapporte que ses compagnons de voyage viennent la questionner, viennent la mettre en question justement sur ses forces. C'est-à-dire qu'au moment où ça ne va pas, l'ascension est difficile, ils vont montrer qu'elle est capable de les aider et de les mener à bon port. Et en même temps, sur ses faiblesses, c'est-à-dire qu'ils vont venir remettre en question des certitudes qu'elle a sur d'autres points. Que ça peut être sa vision du combat et de la violence, ça peut être sa vision des porcelaines, ça peut être sa vision de la politique et du rôle des différentes dirigeants des cinq clans. Donc les personnages qui sont autour d'elle vont montrer qu'on peut penser différemment et donc l'amener à s'interroger. Et en même temps, vont montrer ses forces, ses faiblesses tout au long de l'aventure, voilà.
Speaker 2Alors effectivement, il y a un CV un peu si on veut faire partie du groupe de Tomoe du coup. On a parlé de Porcelâme, on a un peu moins évoqué tes autres romans. Est-ce que finalement, dans par exemple Anérgique, c'est aussi cette vision-là d'une Tomoe qui a une montagne à gravir?
Speaker 1Dans Anérgique, les personnages ont également une épreuve à affronter, mais c'est une épreuve qui est moins liée, comment dire, à une montagne à franchir qu'à lutter contre leur propre passé en fait. Évidemment, le passé est toujours extrêmement important, mais Amiya, il a un traumatisme qu'il n'arrive pas à surmonter. Alors peut-être qu'on peut dire que c'est sa montagne sacrée à lui, mais en tout cas, c'est vraiment. Il a une blessure physique et psychologique qui doit surmonter et au cours de l'histoire, Liliana doit elle aussi affronter sa blessure physique et psychologique. Donc c'est vraiment plus un aspect chasse à la tueuse, poursuite, enquête qui est en jeu, ce qui n'est pas du tout la même ambiance selon moi que lorsqu'il s'agit d'affronter des éléments comme dans.
Speaker 2C'est vrai que par contre, c'est une ambiance totalement différente, qui est en plus celle de l'Angleterre victorienne. Pourquoi d'ailleurs cet univers-là?
Speaker 1Parce que l'Angleterre victorienne était une société extrêmement rigide.
Speaker 2Et c'est juste pour ça que tu l'as choisie?
Speaker 1Au début, c'est pour ça que je l'ai choisie, c'est-à-dire que c'est une société dans laquelle on était complètement définis par notre naissance en termes de classe sociale, en termes de genre. En termes de religion, etc. Et du coup, je voulais, avec cette société, totalement questionner les stéréotypes de classe sociale et de genre notamment, puisque dans Anergic, les gens sont définis moins par leur genre que par leur nature énergétique. Et en transposant ces espèces de clichés et de stéréotypes sur un critère différent, je me suis vraiment amusée.
Speaker 2De le lire, quand il m'attend dans ma même bibliothèque. Pour ce qui est de cet univers-là, justement, parce que tu partages sur ton compte Instagram, notamment les recherches que tu as faites pour Porcelain, ou en tout cas tes sources d'inspiration au sein de la culture japonaise. Est-ce que tu as aussi fait beaucoup de recherches, par exemple pour écrire dans l'Angleterre victorienne? Parce que c'est quand même des univers, on va dire, sur lesquels on a pas mal de documentation, on risque assez facilement de s'y perdre.
Speaker 1Alors, j'ai fait des recherches. Mais clairement, je ne suis pas du tout une spécialiste et je ne vise pas la réalité historique. Je vise une espèce d'ambiance, de crédibilité et de cohérence interne au roman. Mais clairement, une personne qui est spécialiste de l'Angleterre victorienne pourrait tout à fait montrer qu'il y a certainement des choses qui ne correspondaient pas à la réalité de cette époque. En même temps, c'est aussi un gros avantage des littératures de l'imaginaire, c'est qu'on peut jouer. Avec cette réalité des époques et s'en inspirer librement. Donc, pour moi, effectivement, c'est une source d'inspiration, mais je ne visse pas du tout la réalité historique.
Speaker 2Voilà, je demande aussi ça parce que c'est une question qui revient souvent, parce que quand on est un jeune auteur, on a très envie de faire plein de recherches. On a une forte tendance à utiliser les recherches comme moyen de procrastination aussi, pendant des heures et des heures, parce qu'on a un petit peu peur d'écrire. Et c'est vrai que je suis d'accord avec toi. On n'a pas l'idée, c'est de faire, c'est un peu comme les personnages, de faire ce dont on a besoin pour se sentir prêt à écrire.
Speaker 1Finalement, moi, j'ai envie de dire écrivez, écrivez, même si ce n'est pas bon, ce n'est pas grave, même si vous ne l'utilisez pas dans la version finale du roman, ce n'est pas grave. Ça vous aura permis de savoir ce que vous voulez ou ce que vous ne voulez pas dans votre histoire. Ça vous aura toujours permis de mieux connaître vos personnages et même si vous écrivez juste pour écarter une possibilité ou une porte qui ne fonctionne pas, au moins vous savez que ça ne fonctionne pas. Donc, écrivez, même sans vous mettre la pression, même si c'est juste 100 ou 200 mots, même si, voilà, écrivez, juste vous ne mettez pas la pression en vous disant que ce n'est pas bon, ce n'est pas grave.
Speaker 2Et d'ailleurs, ça m'évoque une question parce que toi, tu as un métier à côté de l'écriture.
Speaker 1Oui, tout à fait, oui.
Speaker 2Comment tu cases ces fameuses sessions dans un emploi du temps que j'imagine déjà bien chargé?
Speaker 1Eh bien, le premier truc, c'est effectivement de ne pas mettre la pression. en me disant : "Il faut que j'écrive mille mots aujourd'hui et j'aurai jamais le temps dès que fermé le mot, c'est pas grave, en plus j'écris très lentement, donc mon premier truc c'est de me dire, j'ai 10 minutes, j'ai un quart d'heure, j'ai mon ordinateur, ou alors j'ai même des fois, j'ai mon téléphone portable dans le bus, oh ben je vais écrire quelques mots, j'écris quelques mots par-ci, quelques mots par-là, et effectivement je ne suis pas du tout une fusée en termes d'écriture, je n'écris pas forcément beaucoup par jour, je n'écris pas très vite, mais je garde le contact presque tous les jours avec mon texte, et un petit peu par-ci, un petit peu par-là, ça prend forme, et il y a des passages que j'écris que je garde, il y a des passages que j'écris que je ne garde pas, mais en tout cas, petit à petit, j'approfondis ma connaissance des personnages et de l'univers en écrivant quelques mots par-ci, par-là, des fois je n'écris pas, mais j'y pense, et le simple fait d'y penser, ça permet de réfléchir à ce que je veux faire ou pas, donc j'ai envie de dire. De simplement garder le contact avec le texte, d'essayer d'écrire dès que vous pouvez quelques mots par-ci, par-là, ça suffit. N'attendez pas d'avoir une plage de deux heures, si vous n'en avez jamais, et peut-être que finalement, une plage de deux ou trois heures par semaine, c'est ce qui vous convient, et c'est parfait, mais peut-être que parfois, votre vie comme la mienne ne permet quasiment jamais d'avoir des plages de deux ou trois heures, c'est pas grave, même si c'est que deux phrases, et bien c'est toujours deux phrases.
Speaker 2Puis à la fin, si on a écrit deux phrases chaque jour pendant 365 jours, c'était quand même un beau paquet de phrases.
Speaker 1Écoute, c'est amusant parce qu'il y a longtemps, j'étais en relation avec une personne qui me disait, oui, si j'arrive à écrire 1500 mots par jour, en juillet, on était peut-être en début d'année, genre en février-mars, j'aurais fini ce roman et tout ça, mais voilà, il ne faut pas que j'écris. Je lui dis, mais tu sais, c'est quand même beaucoup, est-ce que tu vas y arriver, est-ce que tu ne devrais pas écrire ce que tu peux quand tu peux, etc. Puis le temps a passé, en juillet, elle me dit, je n'ai rien écrit, je n'ai rien écrit, je n'ai jamais réussi à écrire 2500 ou 1300 mots par jour, etc. Et je lui dis, mais ce n'est pas grave, peut-être que tu peux juste écrire ce que tu peux, et puis voilà, peut-être qu'à la fin de l'année, tu auras fini, même si c'est plus que. Mais tu ne te rends pas compte, c'est hyper long, tout ça. Puis la fin de l'année est arrivée, je lui dis, alors, ben non, je n'ai pas écrit, je n'ai pas écrit, je n'ai pas réussi à écrire tant de mots par jour, etc. Je lui dis, mais. Mais tu n'avais pas besoin d'écrire tant de mots par jour, tu te rends compte que si tu avais juste écrit, je ne sais pas, 100 ou 200 mots par jour, tu l'aurais fini maintenant ton roman. Elle a dit, mais oui, tu as raison, en fait. Et du fait qu'elle voulait écrire beaucoup, elle n'écrivait pas du tout. Donc, c'est pour ça que ça me conforte dans l'idée qu'il ne faut pas se mettre la pression sur la quantité, mais plutôt jouer la régularité en essayant d'écrire régulièrement les quantités que vous pouvez.
Speaker 2Voilà. C'est clair. Et en coaching, ça a même un nom, ce que la personne-là faisait, c'est-à-dire qu'elle avait un peu le syndrome du perfectionniste qui n'écrit pas tant que tout n'est pas parfait et qui ne peut pas écrire ses 1666 mots par jour pour faire le premier mot et le gagner, etc. Et du coup, il n'écrit pas du tout. Et du coup, ça n'avance pas. Et c'est vrai que c'est un obstacle aussi gros que celui d'avoir peur d'écrire, un petit peu de procrastiner. Donc, voilà, on met des barrières aussi. Alors, il y a des personnes avec qui ça peut convenir, bien sûr, mais souvent, c'est une excuse un peu de notre cerveau. Ah, mais je ne peux pas écrire pendant une durée réglementaire de X heures. Donc, je n'écris pas du tout. Et du coup, je ne fais rien.
Speaker 1Oui, c'est sûr que pour écrire, il faut vaincre une résistance. Je pense qu'il y a certains auteurs qui l'ont vraiment bien théorisé. Moi, la résistance que je perçois, c'est souvent une résistance liée à ce ne sera pas assez bon. J'ai l'impression que je suis trop fatiguée ou que ce ne sera pas bon. Et ce que je me dis, c'est que ce n'est pas grave si ce n'est pas bon. Au moins, je vais m'amuser. Et effectivement, mieux vaut quelques phrases mauvaises que rien du tout. C'est toujours une première base.
Speaker 2Je suis bien d'accord avec toi et je vois aussi que, justement, souvent, on va avoir tendance à se mettre des objectifs un peu inatteignables. Et ça aussi, c'est un peu… Enfin, ça marche pour les débutants, mais ça marche aussi pour les auteurs confirmés, je pense. Mais de base, on est fait pour ça, pour se mettre des objectifs un peu plus hauts, inatteignables, se mettre la pression, parce que parfois, sous pression, on réussit mieux. Mais souvent, ces objectifs-là ont un double tranchant et on va se dire, ben non, laisse tomber. Comme tu le dis, je suis trop fatiguée. Alors, ça ne sert à rien pour écrire telle super scène que j'avais compté écrire aujourd'hui. Par contre, on est assez en forme pour écrire un petit peu, comme tu le dis, quelques mots par-ci, par-là. Et au final, avec quelques mots par-ci, par-là, ça fait un roman et c'est tout à fait bien. Et à ce point-là, je voulais te demander, du coup, tu dis que tu écris lentement. Combien de temps, par exemple, te prend l'écriture d'un premier jet en moyenne?
Speaker 1Alors, ce qu'il y a, c'est que moi, je travaille par phase. C'est-à-dire que je n'écris jamais un premier jet d'un coup. Par exemple, tu vois, là, j'ai écrit. C'est récidif, vous allez tous rire, mais ce n'est pas grave. Je vous dis quand même, j'ai écrit 20 000 signes donnés au Versailles. Je ne sais pas combien ça fait en mots. Ça fait 3 000 mots, même pas 4 000. Et j'ai écrit ça en quoi? En un mois. Ce n'est rien du tout. Mais ce n'est pas grave parce qu'en même temps, je me suis formée. Et j'ai travaillé sur la correction d'autres projets. Et donc, c'est comme ça que je travaille par phase. C'est-à-dire que je vais corriger, par exemple, le premier jet du tome 3 de Porcelam. Mais je sais qu'après, je vais me remettre un peu sur Neo-Versailles. Je vais peut-être écrire 50 000 signes. Et après, je vais me mettre sur un autre projet de BD, par exemple. Et pourquoi je fais ça? C'est parce que déjà, ça me permet de garder la fraîcheur et l'enthousiasme. Et en plus, ça me permet de prendre du recul sans perdre de temps. C'est-à-dire que, par exemple, en ce moment, je suis en train de prendre du recul, on va dire, sur le tome 3 de Neo-Versailles, dont j'ai juste écrit le premier jet. Mais au lieu de prendre du recul en ne faisant rien en rapport avec l'écriture, je prends du recul en écrivant le premier jet de Neo-Versailles. Et puis après, je pourrais retravailler sur le projet de BD, par exemple, que je mène et que je pourrais corriger. Parce que pendant tout ce temps-là, j'ai mis du recul sur ce projet de BD et en même temps, j'ai pu l'envoyer à mon agente qui va me faire un retour, etc. Donc, moi, ma façon de travailler, c'est de laisser reposer certains projets tout en travaillant sur d'autres. Alors, en tout, combien de temps il me faut pour écrire un premier jet? C'est souvent un an et demi, voire deux ans. Mais je n'ai pas fait que ça pendant un an et demi, deux ans. Pendant un an et demi, deux ans, j'ai aussi corrigé d'autres romans. Notamment, souvent, j'en corrige deux ou trois en même temps. Sur la même période. Il y en a un, par exemple, dont je vais faire les corrections éditoriales et un dont je vais faire les corrections pour moi-même, toute seule, après le premier jet. Donc, c'est une façon de faire qui me convient. Et c'est pour ça que je sais que mes premiers jets, qui me prennent énormément d'énergie, je suis un petit escargot, j'écris très lentement, je vais mettre le temps qu'il va falloir pour que ça mature. Mais en même temps, il y a d'autres projets qui avancent plus vite parce que j'en suis aux corrections. Donc, prenez le temps qu'il vous faut.
Speaker 2Et puis, je pense que c'est une bonne, en tout cas, un bon angle de vue parce que souvent, tu as parlé de prendre du recul. Hyper important pour moi, c'est même ce temps-là qui compte, je trouve, et qui résout plus de problèmes qu'une phase de correction, puis une autre, puis une autre. Je l'ai beaucoup constaté pour ma part. Et effectivement, parfois, c'est juste le temps qui va apporter les meilleures réponses parce que l'idée va continuer à travailler chez nous. Tout à fait. Et c'est vrai que finalement, parfois, on se met un peu la pression à se dire qu'on va terminer les corrections sur. sur tel projet pour passer à autre chose. Je trouve en tout cas que c'est intéressant de se dire que toi, tu jongles entre les projets pour aussi te laisser le temps de trouver, de résoudre des soucis ou de trouver de nouvelles idées.
Speaker 1Oui, tout à fait. Souvent, il me faut du temps. Par exemple, je sais que le tome 3 de Porcelam, il va sortir en 2023, fin 2023. Et le premier G, je l'ai terminé en 2021. Je crois que je l'ai commencé en 2019. Ça veut dire qu'entre le moment où il va sortir. Et le moment où j'aurai commencé à l'écrire, il y aura eu 3-4 ans de réflexion et de maturation et de correction successive sur ce roman. Donc, ça me laisse le temps de laisser l'histoire maturer dans ma tête et s'approfondir. Je ne pourrais pas arriver au même résultat si je faisais tout d'un coup en un an.
Speaker 2Voilà. Et j'aime beaucoup que tu nous partages toutes ces durées-là parce qu'il faut aussi que ça. Ça permet aux auteurs de trouver des moyens de comparaison. Bon, alors, effectivement, on connaît des auteurs qui écrivent bien plus rapidement. Et on n'est pas obligés pour autant d'écrire 50 000 mots en un mois comme pour le nano. Voilà, pour être un vrai auteur, en fait, ça n'existe pas. Et on peut écrire lentement parce qu'on a en plus un métier à côté, qu'on a d'autres projets, etc. Et c'est OK. Ça ne fait pas de nous un moins bon écrivain, bien sûr.
Speaker 1Pas du tout. Je pense qu'il faut prendre le temps dont on a besoin. Il faut avoir conscience. Il faut avoir conscience aussi qu'il y a beaucoup d'auteurs qui écrivent en ayant plus de temps que nous. Donc, quand on a plus de temps, naturellement, les projets avancent plus vite. Et puis, il faut avoir conscience aussi que des fois, il y a des projets qui sont des projets de commande et où, dans ce cas-là, l'auteur n'est pas du tout dans la même démarche. Quand il s'agit d'une adaptation d'une bande dessinée ou bien que l'auteur a validé un synopsis par un éditeur et qu'il s'agit de rédiger le synopsis, ce n'est pas du tout la même démarche que lorsqu'on part à l'aventure avec un roman qu'on écrit tout seul pour soi. Donc, choisissez ce qui vous convient. ce qui vous plaît et c'est vrai que la comparaison peut être intéressante mais elle doit pas être une source de découragement. Je suis totalement
Speaker 2d'accord avec toi et c'est assez difficile en plus malgré tout on est des auteurs qui enlisent d'autres et qui envoient plein d'autres autour d'eux et quand on va dans un salon comme celui des imaginaires dont tu as parlé il y a plein d'auteurs de l'imaginaire partout c'est pas forcément facile d'avoir confiance en soi en tant qu'auteur et en son peut-être avenir d'auteur. Je me souviens que tu étais intervenue sur J'écris un roman il y a quelques années maintenant pour nous parler un peu de la confiance en soi quand on est un auteur. Est-ce qu'elle a évolué la tienne depuis?
Speaker 1Sur certains points oui c'est-à-dire que j'ai réalisé que de l'extérieur ce qui paraissait facile en fait c'était pas facile et c'était facile pour personne et j'ai réalisé que c'était plus facile pour moi. C'est-à-dire que j'ai réalisé que de l'extérieur ce qui paraissait facile en fait c'était pas facile et c'était facile pour personne et j'ai réalisé que des auteurs que je trouvais super forts et que j'admire encore rencontrent exactement les mêmes difficultés que moi et que j'ai toujours rencontré en fait la confiance c'est savoir que la difficulté existe qu'on va la surmonter qu'on en est capable et j'ai appris que j'en étais capable c'est la confiance en moi que j'ai développé de plus en plus c'est à dire que je sais que je vais y arriver difficile et que je vais traverser des moments de découragement et que je vais aller pleurer sur les épaules de toutes mes copines en hurlant que ce roman est une merde horrible et que vraiment jamais aucun éditeur voudra de lui, etc. Mais je sais que je vais y arriver, en fait. Vous aussi, vous allez y arriver.
Speaker 2Voilà, si vous avez quelques doutes, Célia vous le dit. Et Célia, elle en connaît quelque chose, des montagnes à gravir avec des sacs
Speaker 1partout. Amusez-vous et vous allez y arriver.
Speaker 2Merci, Célia, pour tout ça. Est-ce que tu pourrais nous parler de ta prochaine sortie, du coup, le tome 2 de Porcelaine? Oui,
Speaker 1le tome 2 de Porcelaine se place dans le clan du Phénix et il va sortir le 26 octobre et cette fois, il s'agit moins d'escalader une montagne que de se jeter du haut de la montagne en espérant voler. Donc, j'espère que vous continuerez à explorer cet univers et qu'il vous plaira autant que moi.
Speaker 2Voilà. J'ai personnellement très hâte de le lire. Merci! Est-ce que, pour finir, tu aurais un. Alors, on en a déjà beaucoup parlé, tu as déjà donné de nombreux conseils pour les auteurs en herbe. Est-ce que tu en aurais un qui te viendrait pour terminer
Speaker 1cet épisode? Alors, moi, j'ai envie de dire amusez-vous. C'est-à-dire que dans tous les moments difficiles dont on vient de parler, que tout le monde traverse, et souvent on oublie que ce qui nous pousse à écrire, c'est de nous amuser et que c'est agréable et que c'est plaisant. Et dans les moments où je me suis vraiment autodescendue en mode de toute façon, ce que t'écris, c'est pas assez bon, tu vendras jamais rien, personne te connaît, puis à quoi bon y passer tant de temps, etc. L'étincelle qui m'a toujours fait reprendre la plume, c'est de me dire c'est pas grave, ça me plaît, c'est amusant, ça rend ma vie plus riche et plus intéressante, donc je le fais sans forcément avoir une recherche en termes de notoriété, nombre de ventes, statut, je le fais parce que ça m'amuse. Et ça, c'est quelque chose que aucun revers de situation pourra vous enlever, écrivez pour vous amuser.
Speaker 2Merci beaucoup Célia pour ce rappel qui fait beaucoup de bien, je pense. Je mettrai dans les notes du podcast le lien pour trouver le tome 2 de Porcelaine et des autres livres et ton compte Instagram où tu nous partages tes aventures d'autrice. A bientôt. A bientôt. Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Je te propose de rejoindre la communauté J'écris un roman sur Discord et tu trouveras le lien dans les notes du podcast. Pour bien rencontrer des collègues écrivains, recevoir des avis sur tes extraits ou encore participer aux sessions d'écriture collectives toutes les semaines. A bientôt au Café des auteurs.