Speaker 1Et dans « 30 grammes », mon roman noir qui vient de sortir, la première phrase c'est « Yannick Gallard a 32 ans et demi, il est en train de mourir et tout va très bien ». J'aime travailler cette première phrase parce que c'est la porte d'entrée vers mon univers.
Speaker 2Bienvenue au Café des auteurs, le podcast pour les écrivains en herbe et créateurs perdus dans la jungle des conseils contradictoires. Je m'appelle Ingrid Lemaire, je suis coach littéraire chez j'écris un roman.fr, formatrice et auteur. Ma mission avec ce podcast est de te détendre, de t'inspirer et surtout de te guider. Que tu souhaites écrire, trouver des lecteurs ou vivre de ta passion, je t'apporte des conseils concrets et bienveillants et des interventions de professionnels. Prépare ta boisson chaude favorite, c'est l'heure de souffler un peu. Hello collègues écrivains et bienvenue dans cet épisode du Café des auteurs où je suis très très heureuse de te présenter Gabrielle Massat. Si tu fais partie de la communauté, je te présente Gabrielle Massat. Si tu fais partie des explorateurs, tu l'avais déjà rencontrée lors du live sur les agents littéraires. Et aujourd'hui, Gabrielle qui écrit des polars, qui en a publié deux, va nous parler de ce qu'est un polar pour elle, les définitions entre polar, thriller, roman noir, etc. Les auteurs qui l'inspirent, ce qui fait un bon polar et comment elle intègre les indices dans les polars. Tu peux retrouver la retranscription complète de l'épisode sur j'écris un roman.fr slash podcast ou dans les notes de l'épisode. Et je te souhaite une très bonne journée. Très belle écoute. Et on est avec Gabrielle Massat. Hello Gabrielle, je suis contente de te recevoir dans le podcast. Eh bien hello et puis ravie aussi. Et du coup, est-ce que tu pourrais nous dire en quelques mots qui tu es et ce que tu écris?
Speaker 1Alors donc, moi je suis Gabrielle Massat et je suis autrice de polars et de romans noirs. Alors j'ai fait une petite incursion en jeunesse, mais là voilà, je suis lancée sur de la publication de polars. Donc mon premier polar est sorti en 2020, une semaine avant le confinement. Voilà, c'était le timing de l'art. Et le deuxième vient de sortir là au début de l'été 2021.
Speaker 2Et du coup, avant de parler vraiment de ces livres-là, moi j'ai une petite question sur les auteurs qui toi peut-être t'inspirent ou t'ont même poussé à te lancer dans cette carrière.
Speaker 1Alors moi, je suis hyper imprégnée par tout ce qui est littérature nord-américaine. Donc ça va être alors les grands auteurs de cette mouvance-là, c'est les années 50, les années 30, donc Raymond Chandler, Dachelle Hamet. Et puis plus tard, ensuite, James Ellroy, tout ça. Et donc ça, c'est vraiment le gros de mes influences. Et après, chez les auteurs un peu plus contemporains, on va dire, et français, il va y avoir donc la grande mouvance du polar hard-boiled un peu, donc Denise Lohan chez les Américains, Robin Cook chez les Anglais, chez les Français, ça va être, j'adore Marin Ledin, j'adore Caril Ferré, tout ça.
Speaker 2Plein d'auteurs à découvrir pour moi parce que je n'en connais pas beaucoup.
Speaker 1Voilà. Il faut les lire, ils sont très, très bien. Ça marche. Pas de polar scandinave? Je ne suis pas trop polar scandinave. Alors si, j'adore John Esbo, qui est un Norvégien, mais je trouve qu'il a une approche et une plume très américain, en fait, et c'est pour ça que je l'adore. Chez les Scandinaves purs et durs, j'ai du mal. C'est très, très typique, le polar scandinave, et c'est assez lent, assez froid, et moi, j'ai du mal, en fait. Ce n'est pas trop mon univers. De l'action. Ouais, voilà, plutôt.
Speaker 2Alors, du coup, tu nous as parlé de ta première publication en 2020. Comment ça s'est passé, en fait, entre peut-être tes débuts et cette première publication? Et je sais que tu as une agente, du coup, tu l'avais déjà à ce moment-là?
Speaker 1Oui, alors, en fait, donc voilà, moi, ma première publication, c'était 2015, et c'est un roman Young Adult, une dystopie Young Adult qui est sorti chez Hachette. Et entre, donc, j'ai écrit mon premier polar, donc entre 2015 et fin 2018. En gros, ça m'a pris trois ans. Et, en fait, voilà, ma première expérience éditoriale avait été très chouette, mais pas épanouissante sur tous les plans. Et donc, du coup, je me suis dit, moi, mon rêve, c'était d'avoir une agente ou un agent pour partager, en fait, vraiment l'aspect créatif et la conception de la carrière, en fait. Donc, ça, j'en avais un peu parlé dans le live qu'on avait fait ensemble. Et du coup, je me suis dit, au moment de soumettre mon polar, donc comme tout le monde en a envoyé un métier par la poste, j'ai dit, tu vas tenter quelques agences littéraires d'abord et tu vas voir. Coup de bol, ça a mordu. Et, en fait, c'est mon agente qui a ensuite assoumis, du coup, ce premier polar à deux éditeurs. Il y en a un des deux qui a dit, oui, et donc on est parti avec, et voilà. Et c'était le masque?
Speaker 2Ouais, les éditions du masque, c'est ça. Il y a une sacrée belle maison d'édition polar. Ouais, ouais, ouais, super chouette, ouais. Ça doit faire plaisir, ouais, quand on écrit dans ce genre-là, en tout cas. Ta dernière sortie, du coup, c'est. C'est donc celui qui est sorti cette année?
Speaker 1Donc, c'est 30 grammes, donc je vais. Voilà, c'est ça, c'est celui-là, le bleu, là, qui est sorti au masque aussi. Voilà, pour l'instant, je reste au masque. On essaie de construire un truc ensemble, donc c'est chouette et voilà. Et là, on est plus, effectivement, autant le premier, donc le goût du rouge à lèvres de ma mère, qui est sorti en 2020, c'est vraiment un polar un peu hard-boiled, donc pur et dur. Autant 30 grammes, on est plus sur du roman noir, ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
Speaker 2Voilà. Justement, à ce moment-là. À ce sujet, moi, je me demande, est-ce que tu fais des différences entre le roman noir, le roman policier, le polar, si tu en fais une, et même les thrillers, en fait?
Speaker 1Oui, alors moi, avant d'être autrice de polar, je suis passionnée de littérature noire en général. Et donc, pour moi, que ce soit culturellement, historiquement ou actuellement dans ce qui se passe, il y a d'énormes différences entre le roman noir, le polar, le policier, le thriller. Pour moi, c'est des choses complètement différentes. En fait, pour moi, il y a. Enfin, dans ma tête, il y a une espèce de spectre avec. À une extrême, il y a le roman noir qui va se définir plus par un ancrage dans une réalité sociale particulière. Et puis, il n'y aura pas forcément d'enquête. C'est quelque chose. C'est plus une littérature très sociale. Et à l'autre bout du spectre, il y a le thriller qui est vraiment très proche du roman d'action avec une enquête. Et c'est souvent tous ces bouquins à serial killer, tout ça. Et entre les deux, on va avoir le roman policier classique qui est donc issu de la tradition. La tradition d'Agatha Christie, tout ça, qui est vraiment basé autour d'une enquête, autour d'un meurtre, tout ça. Et le polar qui, pour moi, est entre le policier et le roman noir. C'est-à-dire, c'est une enquête autour d'un meurtre, mais avec un personnage qui va être plus moralement ambigu. Donc, souvent, ça peut être soit des privés, soit des truands, des trucs comme ça. Et l'enquête qui va être faite va permettre de porter un regard critique sur une réalité sociale. Ça, c'est mon classement dans ma tête. Et donc. Et je pense qu'effectivement, quand on écrit, ça peut être bien d'avoir conscience de ces cases-là, alors qu'ils sont poreuses et qu'ils vont dépendre un peu de chacun, mais d'en avoir conscience et de savoir où on se place, en fait, quand on écrit.
Speaker 2Et puis peut-être de comparer aux livres qu'on aime bien, qu'on aime lire, et qui, techniquement, appartiennent plutôt à l'une ou l'autre des catégories. C'est ça. C'est ça, c'est ça. Et alors, du coup, si on reste sur les polars, parce que est-ce que toi, tu les mets dans la catégorie polar. Tu disais polar pour le premier et roman noir un peu, limite roman noir pour le deuxième?
Speaker 1Voilà. Moi, je suis vraiment. En fait, ce que j'aime écrire, c'est le polar un peu hardball, donc ce que je disais tout à l'heure, ce polar qui décape un peu avec pas mal d'ironie, un côté très noir et assez social. C'est ce que je préfère. Alors, pour mon dernier, je suis partie plus dans le roman noir. C'était pas tout à fait fait exprès, en fait. Ça s'est fait un peu comme ça. Et finalement, je me rends compte que je suis plus à l'aise dans la case. Vraiment, polar, ça me correspond mieux. Et pour les suivants, je pense que je vais revenir vers un polar un peu plus classique.
Speaker 2Et du coup, pour toi, un bon polar, c'est quoi? Est-ce qu'il y a des éléments indispensables, d'après toi, à faire figurer dans un bon polar?
Speaker 1Alors, moi, dans un bon polar, et surtout dans un bon roman de manière générale, moi, le truc essentiel, c'est le personnage. C'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait des personnages inoubliables et qu'il y ait un héros inoubliable, parce qu'en fait. À partir du moment où il y a ça, on peut m'emmener partout et je suis contente et tout va bien. Voilà. Pour le polar, moi, ce que j'aime et ce que je recherche quand je lis un polar, ça va être un ton un peu incisif, un peu ironique. C'est souvent. C'est une patte très, très courante dans les polars, d'avoir un style très mordant. Et j'aime bien ça. Et j'aime bien quand il y a un focus, voilà, quand il y a un petit côté social aussi. Ça, c'est ce que j'aime. Après, je ne suis pas une grande fan des thrillers. Je suis très page-turner, tout ça. Je l'étais, mais j'ai fait le tour, je pense. Et du coup, maintenant, je vais rechercher une voix, un personnage inoubliable qui va m'emmener dans une réalité sociale que je ne connais pas forcément. Mais voilà, c'est plus ce que j'aime, moi.
Speaker 2Intéressant. Ça me fait penser un peu au roman de Fred Vargas. Alors, je ne sais pas dans quelle catégorie ils vont, mais c'est vraiment. Ça m'y a fait penser tout de suite un peu la voix, justement, puis des milieux toujours incroyables qu'on n'aurait pas pensé.
Speaker 1Voilà. Et des personnages très forts, d'ailleurs. Et des personnages très forts. Des personnages en couleurs, oui. Très, très chouettes.
Speaker 2Oui, oui, oui, c'est vrai. C'est vrai, c'est vrai. Puis c'est vrai que le peu de polar que j'ai pu lire, on se souvient très bien des personnages. Je trouve peut-être plus que même d'autres romans centrés sur les personnages, mais on a leur évolution au cours de l'enquête aussi, leur évolution au cours de l'histoire.
Speaker 1C'est ça, oui.
Speaker 2Et du coup, alors j'ai une coachée qui écrit un polar. Hello Stéphanie, si tu nous écoutes, qui se demandait comment on dose, en fait, les indices, et les revendre. Parce que forcément, il y a des indices à semer, il y a des rebondissements qui se passent et j'imagine que c'est un savant équilibre pour ne pas qu'il y en ait trop d'indices et que du coup, ça soit complètement pas intéressant et pas assez où du coup, le lecteur est un peu largué jusqu'à la fin finalement.
Speaker 1Oui, coucou Stéphanie au passage. Alors, c'est hyper intéressant et hyper compliqué comme question. Alors, pour parler juste du dosage entre les rebondissements et les indices, moi quand j'écris, je construis toujours d'abord la partie dramatique de mon intrigue, c'est-à-dire à quoi va être confronté le personnage, comment ça va le faire évoluer, quel grand bouleversement il va y avoir dans l'histoire par rapport à lui et à son histoire. Donc, ça peut être… Alors, ça peut être très varié. Ça peut être d'une part, voilà, il va apprendre des choses sur lui, il va évoluer. Ça peut aussi être, il va se friter avec le méchant et se faire tabasser. Voilà, c'est ce truc-là. Et à côté, je construis la partie vraiment enquête. Et ensuite, j'essaie de mêler les deux et de faire en sorte que l'un induise l'autre, que l'autre induise l'un, que tout ça se mêle. Mais la façon et le dosage qui vont permettre de mêler ça, c'est quelque chose d'assez intuitif et d'assez subjectif. Alors, je suis un peu embêtée parce que je ne peux pas donner de recette. J'essaie d'y répondre. J'essaie d'écouter vraiment la musique de mon synopsis. Moi, je fais des synopsis qui font 150 pages. C'est horrible. Je suis une grosse furieuse. Mais du coup, j'essaie d'écouter la musique et j'essaie de trouver vraiment une harmonie là-dedans. Après, quant à la question, comment faire pour doser les indices pour ne pas que ce soit trop évident et pour qu'à la fois le lecteur puisse suivre un peu l'histoire, pour moi, il y a un truc qui est fondamental. Dans le policier et souvent chez les auteurs que je bétalie, je trouve qu'il y a toujours la même erreur qui se répète, qui est que l'auteur a tendance, l'auteur débutant a tendance à vouloir amener son lecteur d'un indice à l'autre parce qu'il faut que l'histoire aille là. Alors, c'est un peu cryptique ce que je dis, mais en fait, moi, ce que je fais quand j'écris, c'est que je pars du principe que les indices que le héros trouve, c'est les indices que le héros trouve, c'est-à-dire que naturel, ça se fait assez naturellement parce qu'il va, je me mets dans sa tête, il va voir un truc. Puis ça va naturellement l'amener vers un autre truc, puis vers un autre truc. Et en fait, la quantité d'indices s'impose d'elle-même quand on se met dans la tête du narrateur qui est face à une situation, il va lire une scène de crime, il va, voilà. Je pense qu'il faut vraiment faire acte d'empathie extrême pour que le dosage s'impose à lui-même. Je ne suis peut-être pas très claire, je suis désolée.
Speaker 2Finalement, c'est des événements parmi d'autres, sauf que ce sont des indices. Mais en réalité, tu les vois comme un événement, en fait, mais ce qui ne serait pas forcément un indice. Et du coup, ça veut dire qu'ils sont un peu noyés dans un tas d'événements. Et peut-être aussi que ce qui est important pour toi, ce n'est pas justement de mettre les indices un ici, un là, mais plutôt que ça s'enchaîne de manière logique. Ça me fait un peu penser aussi à la règle des scénaristes de South Park où techniquement, tes événements doivent toujours s'enchaîner avec un mais ou un donc. Je veux faire ça, mais je veux faire ça, donc.
Speaker 1En fait, c'est exactement ça que je voulais dire. Merci Ingrid, c'était exactement ça. Heureusement que là, je ne connaissais pas la règle des South Park, mais je vais aller me renseigner parce que ça me plaît beaucoup.
Speaker 2C'est vrai que moi, c'est quelque chose qui m'a beaucoup aidée aussi pour me dire que tout s'enchaîne toujours de manière logique. Et nous aussi, on est toujours en réaction à quelque chose. On ne va pas d'un coup aller à la boulangerie. Il y a toujours une raison derrière, entre guillemets. Et c'est peut-être aussi ça, finalement, c'est de voir les indices comme un événement lambda de l'histoire.
Speaker 1Voilà, tout à fait.
Speaker 2On a résolu le mystère des indices. Tu as tout dit, bravo. Qu'est-ce que du coup, tu aurais comme mot? Alors, ça fait déjà pas mal, je pense, de pistes à creuser pour les auteurs débutants, mais est-ce que tu aurais d'autres petits conseils, des choses que typiquement, tu parlais d'erreurs que tu vois souvent en bétalisant? Quelles sont les erreurs que font les auteurs débutants, par exemple?
Speaker 1Alors, il y a deux choses qui m'ont marquée. En tout cas, dans les romans débutants que j'ai pu lire et parfois même, d'ailleurs, dans des romans publiés. La première, c'est que je pense que pour écrire un bon polar, c'est important d'en avoir lu et de savoir un peu sur quelle base culturelle ça s'assoit, un polar. C'est une littérature qui est très, très profuse, qui est hyper variée. C'est international et comme on disait tout à l'heure, il y a plusieurs catégories. Et en fait, je pense que pour faire un bon polar, il faut réussir à s'asseoir sur toutes. Cette culture-là et savoir transcender cet héritage-là. Et moi, les meilleurs polars que j'ai lus, c'est vraiment des polars où on sentait que l'auteur était un lecteur de polars plus que tout. Ça, ça me paraît hyper important. Je pense que c'est important dans tous les genres littéraires. Mais voilà, particulièrement dans le polar, je pense qu'il y a cette culture à se faire. Alors, ça ne veut pas dire forcément ne lire que ça ou quoi, mais en tout cas, savoir vers où on va et ce qu'on veut faire dans ce cadre-là. Et après, de façon plus pratico-pratique. Moi, je dirais la construction de l'intrigue. Alors, ça paraît peut-être évident ce que je dis, auquel cas, je suis désolée. La construction de l'intrigue d'un polar, ça se fait en deux couches. C'est d'abord construire ce qu'il s'est passé pour arriver jusqu'au crime initial, surtout dans un policier classique. Et ensuite, découper ce dessin-là, faire un puzzle et le reconstruire. Et je pense que c'est hyper important de passer du temps à savoir ce qui s'est passé. Comment la victime est morte et pourquoi, avant de vouloir se mettre dans la peau de l'enquêteur et enquêter. Voilà, c'est vraiment cette. Je trouve que c'est hyper long pour avoir écrit d'autres trucs que des polars. C'est vachement plus long de scénariser un polar parce qu'il y a d'abord cette scénarisation initiale et ensuite la deuxième couche qui est l'enquête.
Speaker 2Oui, tout l'avant finalement, en fait. C'est vrai que tout ce qui se passe avant, souvent les polars commencent par le meurtre ou sa découverte. Et c'est vrai qu'on. Du coup, j'imagine. Toute l'histoire qui a mené, souvent c'est remonté à l'enfance, etc.
Speaker 1Voilà, et ça, si l'auteur ne l'a pas profondément en tête avant de construire son histoire, en fait, il va se planter. Il va y avoir des incohérences, il va y avoir des ventres mous dans l'histoire. Donc voilà, vraiment prendre du temps pour faire l'avant, pour penser l'avant.
Speaker 2C'est intéressant parce que ça m'évoque, en fait, mes deux coachés qui écrivent des polars. On fait un travail de préparation. Alors, ça m'a fait rire quand tu as parlé du synopsis parce qu'ils ont vraiment préparé très en détail, justement, pour être sûr de bien situer les indices, etc. Et j'ai l'impression que c'est quand même très commun de le faire pour être sûr, justement, comme on le disait, d'avoir l'avant qui est clair avant d'attaquer l'histoire en elle-même et que l'histoire en elle-même, les événements, les indices soient bien dosés, etc. Et en même temps, j'avais lu. Alors, je ne sais pas dans quelle catégorie il se range, lui, mais Joël Dicker qui écrivait son histoire et venait mettre les indices après. Et c'est vrai que ça me semblait un peu bizarre. Alors après, j'imagine que ça découle chez lui peut-être d'une certaine expérience, d'une certaine habitude aussi de ses lectures. Mais ça me semble. Difficile pour un auteur débutant, en tout cas, de faire comme ça.
Speaker 1Oui. Alors moi, je n'ai pas lu Joël Dicker. Je vois ce qu'il a fait, mais je ne l'ai pas lu, donc je ne peux pas dire. Mais par contre, effectivement, sa technique me paraît extrêmement courageuse et périlleuse. Alors, chapeau. Après, je pense qu'on a tous des structurations mentales qui font qu'on ne va pas aborder la conceptualisation du roman pareil. Lui, s'il arrive à le faire en mode d'abord j'écris, ensuite je rajoute des trucs à droite, à gauche et que ça marche. Mais tout mon respect, moi, ça ne marche pas comme ça. Clairement. Moi, j'ai une phase de réflexion qui est très longue et je pense que c'est plus sécure. D'une part, c'est plus sécure parce qu'on verrouille le truc et ensuite, on peut se concentrer sur vraiment l'acte d'écrire, qui est une activité en soi assez complexe aussi. Donc, voilà. Mais bon, chacun doit trouver sa méthode et on la trouve pas au premier moment. En fait, on la trouve à force de scénariser. Et c'est vrai que moi, finalement, je me suis rendu compte. Pour mon premier polar, j'ai fait un travail préparatoire monstrueux au niveau dramaturgique, au niveau scénaristique. Ça m'a pris six mois. Et en fait, c'était très bien. Et sur mon roman noir que j'ai sorti l'an dernier, j'ai été beaucoup plus avare en préparation parce que j'avais envie de tester justement ce côté. Bon, voilà, je vois à peu près où je vais. Je sais quels sont les grands arcs transformationnels au niveau de mes personnages, quel est le mystère. Et je les laisse parler. Et en fait, pour moi, ça a été hyper important. Et ça a été une catastrophe. Et j'ai réécrit le truc 50 fois et ça s'est fait dans la douleur. Donc, tout ça pour dire que à chacun de trouver sa méthode. Mais moi, en tout cas, j'ai une méthode qui est très, très structurée. Je suis la vraie architecte.
Speaker 2C'est vrai que moi, je milite un peu pour que le terme soit moins utilisé. Mais là, ça s'applique quand même plutôt bien à toi. Vu le besoin de préparation, on voit que tu as besoin de préparer justement le maximum et de te lancer dans l'écriture. Vraiment avec plein d'éléments pour te dire c'est bon. Je suis prête.
Speaker 1En fait, je me suis rendu compte. Que si je devais chercher ce que je voulais écrire pendant que j'écrivais, je ne faisais plus attention au style, au sens large, au style au sens très, très large et à l'âme, en fait, vraiment à l'incarnation. Voilà, on peut appeler ça l'incarnation. C'est que j'étais tellement concentré sur merde. Alors là, il faut que je dise que tel personnage pense que là, il trouve tel indice machin qu'en fait, j'oubliais complètement d'habiter mes personnages. Et c'était très plat en fait. Et je n'ai pas du tout aimé cette expérience là. Mais c'est parce que je suis très monotâche. D'abord, je scénarise. Ensuite, j'incarne. J'écris. Mais je sais que plein de gens sont différents. Et j'admire ceux qui arrivent à lâcher prise, à se laisser porter. J'admire vraiment beaucoup.
Speaker 2C'est clair que c'est assez rare. Je pense les gens qui vraiment lâchent complètement prise. En fait, je pense que c'est juste qu'ils ont effectivement préparé suffisamment selon leurs besoins. Mais c'est vrai que l'impro totale, entre guillemets, j'en vois très rarement, finalement.
Speaker 1Oui, et dans le polar, moi, je n'en ai jamais rencontré. Mais bon, si quelqu'un fait ça, qu'il se manifeste.
Speaker 2C'est ça, on demandera aux personnes qui nous écoutent de venir nous dire ce qu'ils en pensent. Parce qu'effectivement, Joël Dicker, c'est le seul exemple que j'ai entendu. Puis c'est vrai que ce n'est pas exactement des enquêtes très fouillées, finalement. Entre guillemets, c'est plus un mystère qui se dévoile petit à petit, je trouve. Enfin, on n'est pas dans le truc au millimètre qu'on peut avoir dans certains thrillers, où c'est le sens du timing très important, etc. Parce que là, je pense que c'est quand même vraiment très compliqué.
Speaker 1Oui, tout à fait.
Speaker 2Oui, moi qui aime beaucoup écrire des histoires à tiroir, en effet. Oui, effectivement. Et du coup, ça me mène un petit peu à. On parle de préparation, on parle de se rassurer. Comment ça se passe chez toi, les sessions d'écriture?
Speaker 1Alors. Alors, moi, j'écris plutôt le matin. Et alors, il faut. Pour que j'arrive à me mettre dans ma bulle d'écriture, je suis très. Alors, il faut savoir que je suis assez hyper active et que j'ai tendance à papillonner énormément, à me déconcentrer énormément et à vouloir faire 50 trucs en même temps. Donc, j'ai besoin de faire un gros travail pour me mettre dans ma bulle et me dire, là, tu as deux heures, tu ne fais que ça. C'est très dur pour moi, ça. Et donc, je commence. Alors, c'est ridicule, mais je commence par ranger ce qui est autour de moi. Il faut que tout ce qui est autour de moi. Donc, en général, j'écris soit dans le salon, soit dans le bureau, chez moi. Il faut que ce qui est à portée de vue soit à peu près rangé qu'il y ait un bon feng shui dans ma pièce. Je me fais une tisane ou un jus de citron ou un café, un machin, une boisson chaude. Et je me mets de la musique à fond dans les oreilles. Et là, j'ai ma bulle. Et là, je peux commencer à écrire.
Speaker 2Voilà. J'aime beaucoup. Ça te fait le rituel, en fait, pour te mettre en condition pour écrire. Je trouve ça top quand on voit les auteurs qui vont trouver et qui savent exactement quel rituel. Le rituel à accomplir, je trouve.
Speaker 1Oui. Mais c'est un peu long. Donc, j'aimerais bien un truc un peu plus court. Parce que si c'est le bazar chez moi, il va me falloir une demi-heure avant de m'y mettre.
Speaker 2Donc, bon. C'est les défauts du rituel. Justement, à propos de rituel, j'aime bien parler de confiance en soi avec les auteurs et notamment sur comment ça peut aussi impacter un peu s'il n'y a pas le rituel. Est-ce que tu arrives à écrire, par exemple? Oui, quand même.
Speaker 1Mais, enfin, alors. Nuance. Oui, si tout va bien dans ma tête et que je suis très sereine à ce moment-là dans mon écriture et dans ma vie, on me file un carnet, un coin de table et je peux écrire au milieu du bazar le plus total, ce n'est pas grave. Dans un repas de famille, dans les transports en commun, peu importe, ça marche. Par contre, si je suis dans une phase d'inquiétude, de doute ou juste dans une phase où j'ai une charge mentale énorme entre le boulot, la maison, le ceci, le cela, ça va être très compliqué. C'est vraiment, je pense. Ça dépend de quel nuage noir j'ai dans ma tête. En fait, s'il n'y en a pas, tout va bien. Tu peux le faire n'importe où.
Speaker 2Oui, c'est vrai que c'est intéressant d'amener ça aussi parce que j'en parle souvent ailleurs que sur le podcast. Mais parfois, j'ai des coachés ou des membres qui viennent, qui se flagellent en disant "mais je n'arrive pas à écrire, je n'arrive pas à écrire". Et finalement, en discutant deux secondes, en fait, ils sont en plein déménagement. C'est normal de ne pas réussir à écrire quand on a une. Comme tu disais, je trouve très bien formulé, il y a la charge mentale, elle remplace un peu l'écriture, elle la chasse un peu. Parce qu'on a des priorités beaucoup plus concrètes, terre à terre, liées à notre "survie", entre guillemets, qui sont notre travail, notre maison, quoi. Oui, c'est ça. Ou nos proches, parfois aussi. Je sais que moi, personnellement, la famille, entre guillemets, ou les soucis comme ça, ça vient forcément un petit peu chasser l'écriture qui marche mieux quand, comme tu le dis, tout va bien, finalement. Eh oui, tout à fait. Et donc, au niveau confiance, est-ce que. Est-ce que tu penses. Oui, tout à fait. Est-ce que tu penses avoir plus confiance en toi qu'à tes débuts?
Speaker 1Pas forcément. Alors, j'ai constaté un truc qui est assez étonnant, qui est que, quand je n'étais pas publiée, en fait. Alors, je n'avais pas forcément confiance en moi, mais j'avais une espèce d'innocence et de liberté. J'avais une idée en tête, je savais ce que je voulais faire. Je le faisais, je ne me posais pas de questions. Je faisais bétalir, et en fait, les critiques me revenaient, je les digérais, enfin, voilà. Et j'ai l'impression. Alors, je crois qu'il y a un effet en psychologie qui explique un peu ça, c'est l'effet Kruger ou un truc comme ça, je ne sais plus comment ça s'appelle, qui dit que plus on progresse dans une discipline, il y a toujours un moment où, en fait, notre confiance en soi s'effondre parce qu'on se rend compte du chemin qui reste à parcourir, alors que quand on était au début, on ne se posait pas trop de questions, en fait, et voilà. Et j'ai vécu ce moment-là très fort ces derniers mois. J'ai eu une espèce de grosse crise de qui suis-je, où vais-je dans ma. construction littéraire autour du polar, tout ça, je me demandais, mais ça y est, maintenant, je me rends beaucoup mieux compte de quoi est constitué l'univers polar et où est-ce que je me situe, qu'est-ce que je veux faire. Et c'était très corrosif pour la confiance en soi. Alors, je n'ai pas besoin de grand-chose pour que ma confiance en moi soit émoussée, mais là, c'était très corrosif. Et voilà, donc finalement, là, ça va un peu mieux, mais finalement, ce n'est pas si évident que le fait d'être publié améliore la confiance en soi, parce qu'en fait, on se rend. Et puis, le fait d'être publié et de. commencer à se connaître, à avoir un rythme de publication un peu régulier, nous fait aussi nous confronter à un autre monde. Le monde de l'édition, quand on y est dedans, c'est encore d'autres défis à relever pour continuer d'avancer et qui ne sont pas forcément si faciles à surmonter. Donc, ma confiance en moi n'est pas forcément plus forte qu'avant. Par contre, plus j'avance et plus je me sens construite. Au niveau littéraire, et ça, c'est génial. En fait, ça, c'est génial. Plus je mûris, en fait, tout simplement.
Speaker 2Peut être un peu plus légitime aussi de dire j'ai été publié. Alors, même si ça ne fait pas tout, mais je pense que ça aide aussi à se sentir légitime. Même si, bon, tu décris bien, je trouve l'effet. Ouais, on se rend compte qu'en fait, c'est entre guillemets être publié. Ce n'est pas tant que ça, finalement. Je n'ai pas envie de décourager les auteurs qui nous écoutent parce qu'on va éviter. Voilà, non, mais en fait, c'est normal. Je trouve aussi parce que justement, la publication, c'est la porte sur encore un autre milieu. Finalement, un autre monde qu'on ne connaît pas. Donc forcément, on se ressent, je pense. On se sent, je pense, intimidé et en même temps, quand on a un auteur en air, parfois on a zéro confiance en nous parce qu'on trouve que chaque mot est nul et tout ça. Et je pense qu'effectivement, le remède à ça, c'est d'avancer, d'écrire, de réaliser son projet. Et là, comme tu dis, tu te sens plus construite. Chaque livre vient mettre des briques.
Speaker 1C'est ça. Et effectivement, le fait, comme tu disais, d'avoir quand même le fait d'étudier, c'est une forme de reconnaissance qui permet, c'est sûr, d'asseoir un peu de confiance en soi. Ça, c'est vrai et d'aider à se construire et se construire permet à terme d'avoir beaucoup plus confiance en soi. Donc bon, je chipote, mais oui, en effet, plus j'avance, j'espère plus j'ai confiance en moi et plus je sais, je sais qui je suis. En tout cas, ça, c'est important.
Speaker 2Et ça me fait penser aussi à j'ai posé la même question. À notre collègue Fanny André, qui m'avait aussi parlé un peu des autres auteurs, un peu de se comparer peut être aux autres auteurs, même en essayant d'y faire attention. Mais est ce que c'est quelque chose à quoi toi t'es confrontée, de regarder un peu ce que font les voisins? Oui, oui, oui.
Speaker 1Et c'est affreux, en fait, c'est hyper corrosif, ça sert à rien. Et si je pouvais éteindre ce bouton là qui est dans ma tête et qui me dit toujours mais qu'est ce que tu fous au milieu de tous ces super auteurs? Qu'est ce que tu fous au milieu de ces gens qui réussissent? mille fois mieux que toi, c'est hyper biaisé déjà comme réflexion, et en plus ça n'a aucune forme d'intérêt, mais oui, et je me compare beaucoup plus maintenant que je commence à être dans la machinerie de l'édition et tout, qu'avant, avant j'étais très tournée sur moi, et là maintenant que mon moi est à peu près construit et que ça va mieux, je regarde un peu ce qui se passe autour et là je me dis, oh là là, oh là là, mais qu'est-ce que je fous là, et donc je fais, en fait ça c'est un vrai gros travail que je suis en train d'accomplir sur moi, qui est de me recentrer en fait, et de prendre du plaisir à ce que je fais, mais ça rejoint la question de la confiance en soi en fait, c'est vraiment, j'essaye de me recentrer, de surtout ne plus regarder, en tout cas plus dans un. dans une optique de jugement de moi-même, et plus dans une optique de comparaison de ce que font les autres, et j'attends impatiemment le jour où j'y arriverai, et où tout sera beaucoup plus simple je pense.
Speaker 2Après je pense que c'est aussi au cœur de toute la création, c'est qu'on n'est pas seul à créer, on a d'autres qui le font aussi, et en plus créer quelque chose c'est déjà pas facile, alors en plus le rendre public c'est encore autre chose, etc. Je pense qu'on pinaille entre guillemets, mais. Mais ce qui est sûr c'est que, si on regarde le chemin qu'on a fait depuis nos débuts, quel que soit où vous en êtes, et que vous nous écoutez, c'est le meilleur moyen de se rendre compte qu'en fait, bah non, on n'a pas raison de ne pas avoir confiance, on peut essayer d'avoir confiance sur certains points, peut-être pas tous, heureusement, ceux qui ont confiance sur tous les points, y'a peut-être un. y'a peut-être un vice au rush. J'ai encore pas rencontré d'auteurs très confiants personnellement, ce n'est pas arrivé.
Speaker 1Mais oui, tu as raison, je pense qu'il faut toujours regarder derrière et se rendre compte qu'on a bien avancé, peu importe où on en est, c'est hyper important, ouais.
Speaker 2Yes. Alors, avant de te demander un petit peu comment ça va se passer ton futur, etc., ma fameuse coachée Stéphanie qui avait une question que j'ai trouvée très très intéressante pour revenir un petit peu au polar c'était s'il y avait une première phrase de polar qui t'a marqué toi si tu t'en souviens ou peut-être est-ce que toi c'est important pour toi ces fameuses premières phrases
Speaker 1alors j'ai pas d'idée là j'ai rien qui me vient sur les premières phrases de polar que j'aime je me rappelle de premières scènes que j'aimais beaucoup notamment un des romans des polars qui m'a donné envie d'écrire des polars c'était Tous ceux qui meurent de John Connolly et le premier chapitre la première scène est incroyable c'est l'histoire d'un flic qui rentre chez lui et qui voit sa femme et sa fille assassinées et en fait il y a la scène la première scène c'est le moment où il va apporter des fleurs sur la tombe de sa femme et de sa fille et qui se mêle au souvenir qu'il a de la lecture du rapport d'autopsie c'est bouleversant c'est ultra trash c'est vraiment d'une violence terrible et c'est vraiment et ça m'a ça m'a foutu une claque donc voilà pour en revenir à la première phrase donc non dans mes bouquins préférés je ne me rappelle pas de premières phrases marquantes par contre moi je suis une hop c'est des premières phrases les premières phrases de mes romans c'est des je les ai je les ai mûries pendant longtemps ou alors quand elles sont sorties j'ai dit toi ma vieille tu bougeras plus jamais ça c'est exactement ce que je voulais parce qu'en fait pour moi la première phrase d'un roman elle doit contenir tout le roman particulièrement dans un polar elle doit vraiment dire au lecteur voilà là c'est là que je t'emmène est-ce que tu veux venir et du coup voilà pour vous donner une idée la première phrase de mon polar le goût du rouge à lèvres de ma mère c'était ma première cigarette avait le parfum des intestins qui se vide et le goût du rouge à lèvres de ma mère et pour moi cette phrase c'était c'était tout le roman et dans 30 grammes mon roman noir qui vient de sortir la première phrase c'est Yannick Gallard à 32 ans et demi il est en train de mourir et tout va très bien j'aime j'aime travailler cette première phrase parce que parce que c'est c'est la porte d'entrée vers mon univers et voilà ouais puis
Speaker 2comme tu le disais c'est important parce que c'est le message pour le lecteur c'est vraiment la forme de salutation envers le lecteur je trouve de lui dire voilà chez moi ça se passe comme ça je parle comme ça j'ai ce ton j'ai ce personnage et éventuellement alors on parle souvent des premières scènes de la première scène des premières lignes mais finalement on peut même le condenser sur la première phrase dans la plupart des romans je pense que alors là effectivement étant pas une grande écrise de Polard ça me vient pas spécialement mais par contre pour les romans que j'ai aimés moi je me souviens des premières phrases et tout comme toi même si c'était pas des romans avec une certaine ambiance ou quoi mais j'ai aussi passé beaucoup de temps à choisir c'est cette première phrase là que je vais mettre ou comme tu dis parfois elle s'impose d'elle même au rythme des réflexions qu'on se fait
Speaker 1ouais et j'ajouterais même pour les jeunes auteurs qui cherchent à être publiés la première phrase et le premier paragraphe et la première page sont fondamentaux moi mon Polard le goût du rouge à lèvres de ma mère celui-là voilà pour regarder la vidéo voilà c'est ça mon éditrice et mon agente l'ont choisi pour la première phrase et pour la première page en fait elles me l'ont dit toutes les deux alors en plus c'est pas forcément un peu la première scène je ne l'ai pas forcément retravaillée 50 fois ça a été assez cool bizarrement ça a été assez cool elle s'est écrite un peu toute seule mais j'en suis assez contente c'est pas tout le temps le cas de ce que j'écris mais cette scène-là j'en suis assez contente et clairement les deux m'ont dit voilà on a pris ce manuscrit pour ça parce que il y a quelque chose de très fort et même s'il y a des défauts dans la suite ou quoi surtout voilà l'âme du bouquin elle est là et elle nous plaît donc voilà si je peux donner un conseil aux jeunes auteurs qui veulent être publiés mais soignez à fond c'est un pontif mais soignez à fond votre première phrase votre premier paragraphe parce que c'est ça qui peut faire la différence très clairement moi ça a été ça et j'en suis super contente parce que ben voilà
Speaker 2c'est clair tu dois ta publication à ces fameuses premières phrases c'est ça
Speaker 1voilà et je pensais pas je pensais pas quand je l'ai envoyé donc quand j'ai réalisé ça après coup j'ai dit oula mais ça me fait vachement réfléchir pour la suite en fait parce que même après au niveau des contacts que j'ai eu avec les journalistes avec les libraires qui ont fait la promo de ce roman là ben clairement c'est cette première scène qui les a marqués qui a fait qu'ensuite ils ont lu et que donc ils ont pu le conseiller ou faire des articles donc finalement c'est loin d'être anodin le début alors c'est vrai
Speaker 2que là on parle de polar mais je pense que ça peut s'appliquer à vraiment quasi tous les romans parce que même si on est dans des livres où il y a besoin de présenter tout l'univers etc pour qu'on comprenne il y a quand même moyen de faire une première phrase un peu sympa je pense qui sera forte comme tu le dis
Speaker 1voilà et quand on n'est pas connu c'est ça qui fait la différence en fait les premières lignes
Speaker 2on va dire souvent je suis bien d'accord avec toi et au sujet un peu de ton actualité est-ce que tu as des news des futurs projets sur lesquels tu travailles ou est-ce que c'est secret
Speaker 1alors non c'est pas secret même si pour l'instant ben là je viens comme je viens de sortir mon roman noir la suite c'est pas pour tout de suite je pense qu'on en a encore pour un certain temps et donc là je me suis recentrée un peu sur le polar et donc mon prochain projet ça va être un triptyque donc trois polars indépendants mais avec un même réseau de personnages et un même thème qui va être la protection de l'enfance voilà donc je plonge dans un milieu un milieu pour le coup très social et sur lequel il y a des choses à dire et des regards critiques à avoir et donc là c'est un projet qui me tient vachement à coeur pour le thème qui soulève et c'est un gros défi technique parce que voilà je l'ai pensé en trois unités indépendantes mais j'aimerais que ces unités se recoupent au niveau du réseau de personnages au niveau du travail symbolique sur chaque personnage et tout donc il y a un gros travail là je suis en train de faire un gros travail en un monde de réflexion c'est passionnant mais mais voilà je me suis dit voilà maintenant tu commences à te connaître au niveau des polars un peu one shot donc essaye d'aller de sortir un peu de ta zone de confort d'aller sur un truc un peu plus un peu plus ambitieux donc on verra ce que ça donne
Speaker 2en tout cas ça a l'air hyper intéressant je trouve quand on parle on sent que ça te fait envie que c'est un nouveau challenge en fait je pense mais à ta portée entre guillemets c'est pas tu n'as pas changé de genre tu nous donneras des nouvelles non
Speaker 1ouais non pour le coup je reste dans le polar ça c'est sûr
Speaker 2est-ce que tu te vois écrire un jour dans un genre complètement différent ou
Speaker 1non alors pas vraiment pas vraiment mais c'est pas un nom fermé définitif c'est juste que j'aime je suis vraiment passionnée de littérature noire et il y a comme on disait tout à l'heure il y a tellement de sous-genres à explorer et je me dis j'aurai jamais assez d'une vie pour écrire tous les bouquins que j'aimerais pour explorer ce genre là donc je ne vois pas écrire dans autre chose d'autant plus que voilà c'est j'ai envie de enfin voilà mes bouquins ont quand même mes polars ont quand même des connexions des connexions entre eux et donc du coup j'essaie de créer un univers un peu cohérent donc voilà je vais pas j'ai pas spécialement envie d'aller ailleurs et je pense que si je dis à mon agente que je vais aller écrire de la romance maintenant elle me tue parce qu'on essaye de me construire une identité d'autrice donc là elle m'a dit non par contre ça tu fais pas tout de suite enfin non c'est hors de question mais pour l'instant c'est pas un jour peut-être voilà mais c'est c'est vrai que pour l'instant j'ai envie de de continuer à explorer ce genre là qui que j'aime tellement quoi en fait ouais puis dans lequel
Speaker 2tu peux quand même mettre pas mal de choses je pense de thèmes forts
Speaker 1c'est ça après c'est vrai que mon gros un de mes gros projets alors qui pour l'instant est pas est pas concret mais j'adorerais faire du scénario de BD et du scénario de manga et là pour le coup je me verrais bien aller vers vers des trucs un peu plus ouverts sur du fantastique de la fantaisie ou ou un truc social sans enquête mais donc ça c'est un de mes projets de partir dans la BD mais on verra bien ce qui se fait
Speaker 2c'est clair et puis il y a de quoi faire en tout cas je pense en tout cas merci beaucoup Gabrielle pour pour tes mots et pour tes bons conseils pour les auteurs de Polar je sais qu'il y en a quelques-uns qui écoutent le podcast et qui seront ravis à mon avis d'écouter tous ces conseils là je sais pas si t'as un mot de la fin et bah d'abord
Speaker 1alors merci à toi pour l'invitation et puis pour les questions passionnantes voilà et enfin le seul mot de la fin que je peux avoir c'est continuer à prendre du plaisir à écrire ça paraît tellement bête mais quand on commence à se poser la question de l'édition comment je vais faire pour être édité pour écrire un truc bien pour que les lecteurs ils aiment ou pour que mes bêtas lecteurs ils aiment parfois on oublie que le plus important c'est de de se faire plaisir à soi et de voilà et même quand on est publié moi j'ai eu tendance à oublier cet aspect là donc voilà on se recentre sur pourquoi on écrit à la base ça c'est hyper important dans les moments de doute c'est hyper important je te rejoins
Speaker 2complètement là dessus merci Gabrielle merci merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout si t'as plu tu peux me laisser un avis sur Apple Podcast ou partager à un collègue auteur et tu peux rejoindre les auditeurs du podcast sur j'écrisunroman.fr slash hello pour échanger et écrire avec nous ou encore me poser toutes tes questions et je te dis bientôt au Café des Auteurs!