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#1 Le diplôme, la fin du Graal ?

30m 27s

#1 Le diplôme, la fin du Graal ?

Cet épisode d'« Avant poste » aborde la question du déclassement des diplômés, notamment des jeunes, face au marché du travail. En France, 31 % des actifs sont surqualifiés ou sous-qualifiés, et 15 % des jeunes se disent déclassés, un chiffre qui atteint 18 % chez les plus diplômés (BAC+5). Malgré une massification des diplômes (multiplication par 6 depuis les années 80), le diplôme reste une protection contre le chômage, mais l'adéquation entre formations et emplois se dégrade. Les filières scientifiques et technologiques affichent des taux d'insertion élevés (plus de 80 %), tandis que les lettres, langues et arts peinent (59 % après 18 mois). Les jeunes diplômés, conscients d'un marché de l'emploi cadre en baisse de 22 % des offres, font des concessions sur salaire, statut et télétravail. L'essor de l'IA pourrait réduire les opportunités dans les secteurs à forte valeur ajoutée (conseil, finance, IT), mais la causalité reste floue. Les seniors sont moins affectés mais réduisent leur mobilité. L'épisode souligne le poids du diplôme en France et la nécessité pour les entreprises de former les jeunes, y compris ceux issus de filières moins professionnalisantes. Les soft skills des sciences humaines pourraient gagner en valeur à l'ère de l'IA, mais le décalage entre temps de formation et besoins économiques persiste.

Transcription

5409 Words, 31955 Characters

French
Bienvenue dans "Avant poste". Je suis Léa Le jeune journaliste économique et fondatrice du média Ploncache et vous écoutez le podcast de l'Unit Dic, anciennement point de suspension, où je discute avec des experts du futur du travail et du chômage. Je suis ravie de vous retrouver pour cette 8e saison du podcast. Et cette année, on vous a concocté une saison autour de thématique forte, comme les dynamiques de reprises de l'emploi, on parlera cet épisode et les suivants. Dans ce tout premier épisode, nous allons parler des études supérieures comme une porte d'entrée vers l'emploi, mais une porte un peu rouillée. Car oui, ces dernières années aux États-Unis et puis un peu en France aussi, avoir un diplôme de niveau bas de plus 5, même d'une école sélective. Et moi ce n'est plus le gage absolu pour trouver un emploi de cadre. Pour en discuter, je reçois Elène Gardner, directrice des données et des études de la pec. Je rappelle que la pec, c'est l'association pour l'emploi des cadres. Bonjour Elène. Bonjour. Alors, ce n'est pas une bonne nouvelle, mais d'après le rapport de le CDE de 2023, sur les compétences des adultes, et bien en France, 31 % des actifs occupés de 25 à 65 ans sont surcalifiés pour leur emploi ou sous-califiés. Et je prends des données plus récentes de l'incedue de 2024. Pour les personnes sous-califiées, on a carrément 15 % des jeunes en emploi qui s'est estimé "déclasser" dans leur emploi au regard de leur compétences. Est-ce que vous faites le même constat à la pec, et quand et comment on en est arrivé là? Alors on ne mesure pas directement le déclassement à la pec. Le déclassement tel qu'il est rapporté dans l'étude de l'incedue, c'est du ressenti, c'est du subjectif, c'est-à-dire qu'on interroge les jeunes sur. Est-ce qu'ils ont le sentiment d'être sous ou sur diplômés par rapport aux post-equisaîs emploi? Et effectivement, le chiffre de 15 % il est relativement élevé de jeunes qui s'estiment trop compétents par rapport à l'emploi qu'ils occupent. Mais ce chiffre, il est plus important aux deux extrémités de l'échelle des diplômes. T'as-tu-là plus important pour les moins diplômés? Et pour les plus diplômés où on a quand même 18 % des jeunes diplômés, bah plus 3 et 4 qui s'estiment trop compétents par rapport aux post-equisaîs occupés. Néanmoins, si on regarde les post-equisaîs occupés, on a que 9 % des jeunes cadres qui s'estiment trop diplômés par rapport aux post-equisaîs occupés. D'accord, donc on voit quand même que c'est une force pour les cadres ce diplôme, c'est pas complètement à la poubelle. Exactement. Non, non, le diplôme ça reste de toute façon, le vois dans toutes les enquêtes, le diplôme, ça reste quand même une protection, la meilleure protection contre le chômage. Alors, on va rentrer dans les détails. Deux types de profils sont particulièrement touchés par ce problème de surqualification plutôt. D'abord, donc les jeunes diplômés, on a que 800 000 jeunes sortent de la scolarité du supérieur chaque année et même 250 000 en master aujourd'hui, master école d'ingénieur ou école de commerce, plutôt les diplômes les plus élevés. Est-ce qu'il y a assez de jumes sur le marché de travail pour eux en France? Alors il y a assez de travail d'ailleurs, leur taux d'insertion sont très élevés, notamment pour les écoles d'ingénieur ou les diplômes et des écoles de commerce ou de master scientifique, math, physique, toutes ces disciplines, même si c'est vrai que ce taux d'insertion, il a un petit peu baissé sur la dernière promo, avec notamment une baisse à la fois dans les filières informatiques, mais aussi droit, économie, gestion. Mais en moins, ça reste toujours plus élevée que les diplômés, BAC+3 ou 4, donc le diplôme BAC+5, ça reste une bonne protection, il faut quand même rappeler que le nombre de diplômés au niveau BAC+5, il a été multiplié par presque 6 depuis les années 80, donc on a effectivement une masse de diplômés qui arrive chaque année sur le marché de travail qui est très importante, en parallèle on a une élévation du niveau des postes offerts, avec notamment la terciéreisation de l'économie, par des cadres, elle n'a fait que croître sur ces 30 dernières années, donc il y a assez d'emplois, après il y a souvent un décalage entre les filières de formation et les emplois proposés qui peuvent conduire à sentiment de déclasement ou de la frustration. - Voilà, j'ai demandé qu'elles étaient les explications, donc là on a un début, mais il y a aussi peut-être des filières qui sont plus en difficultés que d'autres, donc vous allez dire les niveaux, c'est plutôt les niveaux moyens, enfin les niveaux de diplôme BAC+2, BAC+3, mais les filières? - Alors les filières qui s'insertent le mieux, ce sont les filières sciences technologies santé avec des taux d'insertions qui sont près de plus de 80%, celles qui s'insertent moins bien, je parle toujours des diplômés BAC+5, c'est les filières, lettre, langue et art, et puis entre les deux on a les filières sciences humaines et sociales ou droits économies gestion qu'on est tout relativement élevé, même si un petit peu décroché ces dernières années. - Et quand vous parlez de pourcentage d'insertions pour ces filières, c'est à 18 mois après. - Un an après? - D'une semaine après. - Un an après? - Après, est-ce que ces jeunes ils sont conscients de ces difficultés ou de ces possibles décalages qui vont rencontrer ou est-ce qu'ils ont encore quand même confiance, leur capacité à trouver un emploi à peu près d'une niveau de leur diplôme? - Alors dans la dernière étude qu'on a publié à la PEX sur l'insertion des jeunes diplômés BAC+5, justement, on voit qu'ils sont complètement conscients des difficultés du marché de l'emploi cadre, qui s'est vraiment retourné en 2024 après une très forte période de croissance post-COVID, notamment pour les plus jeunes. Les plus jeunes ça a été vraiment les plus affectés par ce retournement du marché de l'emploi. En 2024, on a eu une baisse de 8% des volumes de recrutement de cadre en moyenne, moins 19 pour les cadres. - Sur quoi, tu coup, ils ont fait des concessions pour accepter certains jeunes? - Alors dans un marché du travail qui est un peu plus difficile et ils ont son complètement conscience, ils ont fait des compromis des concessions sur des critères qui sont hyper importantes pour eux. Étrant ces déits, avoir un statut de cadre, le tel et travail, leur prétention salariale, sur tous ces critères, ils ont accepté de revoir leurs attentes pour obtenir un emploi. - C'est contre intuitif parce que la de génération z est souvent décrite comme justement ne faisant pas du tout de concessions l'être. - Alors, nous ne sais pas du tout ce qu'on observe dans nos enquêtes, on a publié une étude en 2024 avec Terra Nova sur les attentes des jeunes à l'égard du travail et on voit qu'en fait leurs attentes, elles sont assez proches de celles des plus anciens. Ils ont envie d'avoir un travail qu'à du sens où ils apprennent des choses avec une bonne rémunération. Donc on a les mêmes attentes pour les jeunes et pour les plus anciens. Après, ils entrent sur un marché du travail qui est un peu différent, ils sont complètement conscients des difficultés et des transformations du marché du travail. Ils ont aussi des exigences fortes à l'égard de leurs employeurs, mais la question du cDi, par exemple, en tant souvent que le cDi, c'est pas important pour ces jeunes diplômés si ça reste par mis l'écritère les plus importants. L'une des raisons pour lesquelles c'est aussi dur pour eux si ils ne trouvent pas de travail dans la première année ou les deux premières années, c'est qu'à moins de 25 ans, ils n'ont même pas le droit au RSA, comment ça se passe pour eux quand ils cherchent pendant longtemps, avant de trouver un premier job. - Alors ce qu'on observe, c'est qu'ils sont plus incité dans un marché du travail plus difficile à accepter des jobs alimentaires. Et là, la part des jeunes qui acceptaient un job alimentaire, elle est passée de 17 à 24 % sur les deux dernières promotions de sortant. Donc on voit qu'il y a quand même un quart des jeunes qui aujourd'hui, des jeunes diplômés, pas de plus cinq, qui a toujours, qui occupent un emploi purement alimentaire, donc en inéd� question par rapport à leurs attentes, mais dans ce contexte morose, ils sont assez conscients que changer d'emploi, retrouver un emploi serait difficile et donc leurs intentions de mobilité, elles sont en baisse, alors que traditionnellement les jeunes sont les plus mobiles à se l'enricher du travail quand on les interroge. Et dans nos baromètres trimestre-émestre-éel, on voit qu'ils réduisent leurs intentions de recrutement, les perspectives de trouver un emploi améliore sont pas assurées, donc voilà, ils prennent un peu acte de cette situation et du coup ça peut générer évidemment de la frustration ce sentiment de déclasement. - Alors d'après une étude récente de Ranz-Tal, qui a été menée dans 15 pays, il y a moins d'offre d'emploi pour les jeunes actifs en ce moment. Ces d'autant plus fort dans les services à fort valeur ajouté sur lesquels on n'était pas du tout habitué, c'est-à-dire l'informatique, le consulting, la finance par exemple. Est-ce que vous vous avez constaté le même phénomène et comment vous l'expliquiez? - Alors on a observé une baisse importante des offres d'emploi offerts aux jeunes diplômés sur notre site APEC.FR, 22% de baisse en un an contre 17% pour l'ensemble des offres. Donc on voit qu'on a une baisse plus marquée pour les offres ouverte à des jeunes diplômés. - D'accord et sur Ranz-Tal, ce qui est expliqué c'est que la crise économique il y est pour quelque chose, mais c'est aussi la délégation de certaines tâches de débutants à désilla. Par exemple tout ce qui est brainstorming dans le consulting, le petit recherche d'information, est-ce que vous remarquez ça aussi, est-ce que ça remonte dans vos études APEC? - Alors on a une baisse des offres d'emploi dans les secteurs que vous mentionnez, les secteurs à Forte Valar ajoutés qui sont, il faut le rappeler, de très très gros secteurs pour voyaire d'emploi cadre. Notamment pour les jeunes diplômés, il y en a près de la moitié qui travaille dans ces secteurs. Donc on parle de un généry, rechercher développement, conseils, marketing, RH et ces secteurs, ils ont été très affectés par le retournement du marché de l'emploi cadre. Donc on voit qu'on a en parallèle du déploiement de l'IA, une conjointure morose. Et donc aujourd'hui, on ne saurait dire ce qu'il importe où ce qu'il explique. qu'on observe effectivement une baisse des offres d'emploi ouvertes pour les jeunes, une baisse de l'orto d'insertion, une baisse de leurs opportunités professionnelles, dans un contexte en berne, un contexte économique en berne, et en parallèle, on a le déploiement de l'IA. Donc, c'est une corrélation, mais pour l'instant, c'est pas une causalité. Les études américaines qui remontent, notamment, il y a une étude de Stain de Fort qui est sorti cet été, qui observait une baisse de 13% du taux d'emploi des jeunes de 22 à 25 ans, notamment dans les secteurs de l'attaque, qui sont effectivement des secteurs qui ont pris de plein fouet le retournement du marché. Pour autant, est-ce que c'est LIA qui est la cause première, ça a pu jouer? Ce que montre les experts, c'est que notamment les secteurs dans lesquels il y a des plans sociaux qui se multiplient, où souvent LIA est invoqué, comme une raison de suppression d'emploi, c'est aussi en lien avec des difficultés qui pouvaient être préalables. - Oui, la demande des consommateurs est exactement. - Donc, on ne sait pas encore complètement relier les deux phénomènes, mais nous, évidemment, on va regarder, on va suivre ça de très près, et c'est une question qu'on nous pose souvent. Mais, en tout cas, c'est vrai que ces secteurs qui sont exposés à LIA, les secteurs de l'attaque, notamment, ce sont des secteurs pour voyeur d'emploi pour les jeunes cadres. Donc, il y a un risque, effectivement, à ce que LIA, si elle se déploie, puisse conduire à des suppressants de poste, ou en tout cas, réduire leurs opportunités professionnelles. - Alors, on a préfé le tour des jeunes, mais il y a une deuxième catégorie, ce sont plutôt les cadres plus agées et expérimentées. Est-ce que cette catégorie-là, ils sont nombreux à être sorti plais pour leur job? Est-ce que ils ont peur de ne pas retrouver dans le plat si jamais ils le perdent? - Alors, dans le contexte qu'on a décrit, les seniors ont été plutôt protégés par rapport à ce retournement de l'emploi. Ils ont été moins affectés que les jeunes. Les taux d'emploi, des seniors ne font que croître en France. Donc, on voit que cette dynamique, elle reste relativement positive pour les seniors. Ce qu'on observe dans nos études, c'est que par contre, ils ont leurs intentions de mobilité, elles se réduisent et qu'ils ont plus peur de changer d'emploi, risque de ne pas retrouver les mêmes niveaux de salaire, les mêmes conditions d'emploi et que la reconversion, notamment, elle apparaît plus difficile pour les 55 ans et plus. Il y a un peu de rétention à bouger dans un contexte où le marché de l'emploi n'est pas très très porteur. - Donc, c'est plus sur cette question-là des trajectoires que c'est important? - Exactement. - Que des professions ou des secteurs pour les seniors? - Non, oui. Pour les seniors, on ne observe pas du tout les mêmes, les indicateurs, sont beaucoup moins négatifs que pour les jeunes. - Alors, Elaine Gardner, en tant que chercheuse, vous travaillez depuis longtemps sur l'inadéquation entre le marché de travail et les formations initiales, comment on en est arrivé à ce décalage qui nous semble parfois grandissant? - Alors, c'est parfois une impression. Quand on regarde, par exemple, les taux d'insertion, des diplômes en science-humaine et sociale, dont on entend souvent qu'ils sont inadaptés au besoin de l'économie, en fait, leur taux d'insertion sont relativement bons. Ça reste y compris pour eux une protection contre le chômage, mais ils ont souvent des emplois de moins bonne qualité, moins souvent en CDI ou moins souvent en cadre que ceux qui sont. - Et moins souvent bien pays. - Et moins souvent bien payés que ceux qui sortent effectivement de filières scientifiques, économiques ou juridiques ou commerciales. On a publié une étude l'an dernier sur justement ces jeunes diplômes en science-humaine et sociale, et on observe aussi qu'ils sont moins bien adaptés au code du marché du travail, ils ont souvent moins de connaissance des réseaux professionnels, donc ils ont un besoin d'accompagner l'altermance. - Oui, il est pas à l'estage. - Exactement. L'alternance, c'est souvent des filières qui sont moins facilement accessible en alternance. Donc ça, c'est aussi le rôle de la pec. D'accompagner ces jeunes diplômes vers l'emploi avec des webinaire, préparer son réseau, son CV, etc. Son premier entretien. Mais, il y a peut-être un point important à souligner, notamment dans le contexte de déploiement de l'IA, c'est que les compétences acquises dans ces filières, en science-humaine et sociale, que sont l'autonomie, la capacité d'analyse, la réflexivité, la capacité critique, ça, ce sont des compétences transferables, des soft skills qui sont souvent très valorisés dans un monde notamment où l'IA va prendre en charge les tâches les plus tendards d'ISZ. Et donc on dit que, c'est des compétences purement humaines, elles vont avoir une valeur encore plus importante dans un monde où, voilà, il y a une standardisation des tâches les plus routinières. Et donc, peut-être que dans ce monde-là, les filières et les diplômes dans ces filières en science-humaine et sociale vont être valorisés, parce qu'ils vont avoir justement ces compétences-là. On va écouter un témoignage de jeunes qui s'extime sur diplômes pour le post-occupé. Donc moi, je suis diplômé, j'ai un doctorat en biologie, donc j'ai fait une test en cancerologie sur les cancers de l'enfant. Et à l'issue de mon doctorat, je ne voulais pas poursuivre dans l'archer, parce que c'est un monde violent, précaire et pour tout un tâde raison. Donc j'ai cherché à mincerer tout simplement dans le secteur public. J'ai cherché du boulot, je venais d'avoir un bébé, j'avais besoin de travailler, et j'ai trouvé un job dans le financement d'innovation, donc les dispositifs crédis un peu recherches en cabinet, un job de redactrice scientifique payé, 28 euros par an. Sans surprise, je me suis très vite ennuillé dans ce métier. J'ai réussi en faire un tremplin et accéder à d'autres postes, puisque le conseil permet d'évoluer assez vite, puisque c'est des entreprises où il y a énormément de turnover, donc il y a des opportunités qui sont assez fréquentes. Et j'ai pu évoluer assez vite accéder à des postes de management au bout de 5,6 ans, etc. J'ai dû commencer très très bas, avec un salaire qui était moins élevé que celui de mon conjoint, qui était technici informatique, qui avait uniquement le bac. Oui, ça m'a frustré sur le moment. J'ai réussi à rebondir et j'ai réussi à trouver des jobs qui me plaisent. Et aujourd'hui, je fais de l'analyse stratégique et ça me plaît énormément, mais il a fallu que je passe par des étapes compliquées pour pouvoir m'intégrer et avec une rémunération très loin de mon niveau d'étude. C'est une belle vision et très intéressante pour la suite. Et en tout cas, on souviassemente. Mais si on se fait un peu la vocabuse, pour l'instant, on n'est pas encore là. On a l'impression qu'il y a des milliers d'étudiants qui sortent chaque année de sciences humaines, de sociaux, filots, littératures, sans forcément avoir fait de master professionnalisants. Et puis, sans forcément avoir de postes adaptés à ce qu'ils ont appris, vous voyez vraiment cette idée que. On a apprend quelque chose et on exerce un métier dans un autre secteur ou dans une autre type de fonction. Si on prend une étude de l'intérêt 59% des diplômes de lettre, langue et art trouve un emploi après 18 mois, ça fait quand même 41% dont on ne sait pas trop ce qui va se passer dans les 18 mois qui suivent. Est-ce qu'il ne faut pas changer la façon de faire cette adéquation entre les diplômes et le marché de travail? Est-ce qu'on ne les envoie pas dans le mur? La question de la décoationnisme est ancienne. Elle revient régulièrement dans les débats. Est-ce qu'il faut répondre aux besoins immédiats de l'économie et des entreprises ou est-ce qu'il faut avoir une vision aussi un tout petit peu plus prospective des besoins de demain? Si on regarde historiquement cette adéquation, on voit que le temps de la formation est toujours un peu décalé du temps des besoins des entreprises qui sont. Oui, mais on a le dédement de très précis en NIA, il n'y avait pas encore assez du blow en formé les gens. Donc il faut aussi garder le temps de la formation et c'est aussi un peu la responsabilité des entreprises de prendre des jeunes, de les former, de ne pas avoir tout de suite des jeunes très à l'emploi. Y compris dans des filières effectivement moins professionnalisantes, moins facilement ouvert sur l'alternance, de les prendre en charge, il y a des pays européens où on a justement une vision beaucoup plus ouverte du rôle de l'entreprise. Oui, je vais aller citer un exemple qui, que j'ai entendu souvent, je sais pas si c'est réaliste ou si c'est un peu magnifié, c'est l'exemple des étudiants britanniques, par exemple, étudier les lettres à Cambridge et qui peuvent se retrouver à faire de la finance, du marketing. Bref, des choses très différentes parce qu'il y a un bordant, c'est une tête bien faite et que l'entreprise a sumré peut-être plus que les Françaises de les accompagner. Est-ce que c'est vrai? Oui, je pense que le poids du diplôme, il est très important en France, on le dit, mais c'est vrai. Et le poids du CV, et les réseaux, notamment les allumies, les réseaux professionnels, concours à ça aussi, en participe de ce poids du diplôme, d'une certaine forme des litismes, et le mouton à 5 packs, ça reste quand même un peu infantisme, alors que dans des entreprises et notamment ces vrais Anglo-Saxons, il y a une ouverture plus grande sur les parcours de formation initiale, et l'entreprise va former. Ensuite, à ses propres besoins. Et c'est vrai qu'en France, on a une vision où le jeune qui arrive, il doit être presque immédiatement opérationnel. Et c'est souvent aussi les difficultés pour avoir une expérience, alors qu'on sort des écoles et on nous demande une expérience. Oui, bien, la faire un moment. Les offres dans le poids sur l'incotisme sont parfois impressionnantes. Exactement, des ondes expériences pour quelqu'un qui vient de sortir. Donc il faut aussi laisser la chance à ses jeunes, et puis que les entreprises prennent en charge une partie de cette formation, alors propre besoin. Le système de formation initiale sera jamais capable de répondre exactement aux attentes de toutes les entreprises à un moment donné. Donc le système de formation initiale, il doit donner des compétences qui sont ensuite transferables, adaptatives aux besoins de l'entreprise. Et donc c'est là-dessus qu'il faut travailler aussi, je pense. Et quand le diplôme il a pas suffi à faire carrière. Alors peut-être pas pour les jeunes, mais plutôt pour les personnes en milieu de parcours, est-ce que le risque d'avoir fait un diplôme qui est rendu difficile l'inservation sur le marché du travail, ça ne vait pas n'être une sorte de frustration. Vous parlez de thalères de déclacement, mais il y a aussi peut-être des questions de frustration, d'impression, de ne pas avoir réussi. Est-ce que ce risque-là aussi de l'inadéquation de marcher du travail? Les jeunes qui rentrent sur des job alimentaires sur le marché du travail, on l'a dit tout à l'heure, ils sont de plus en plus nombreux, la question c'est où ils seront dans de 5-10 ans. C'est-à-dire qu'on peut rentrer sur le marché du travail par un emploi qui est un peu en de ça de ses compétences ou de ses attentes. - Ou par un CDD, ou par le jeu. - Mais après, la question de la trajectoire à les central, c'est-à-dire que la frustration elle n'ettra de la permanence d'une situation qu'on considère un satisfaisante. Si c'est un job alimentaire qui permet ensuite d'accéder à un job de meilleure qualité, puis un job qui répond à ses attentes, la frustration ne sera pas du tout pareil. Donc il y a aussi la question de la dynamique dans ces parcours. Et là aussi, c'est aussi une responsabilité des entreprises de faire de la promotion interne, d'accompagner des jeunes vers des postes de meilleure qualité ou des postes de cadre. On voit que le temps d'accession, par exemple, un emploi de cadre pour les jeunes diplômés, il s'est rallongé en 30 ans. Donc on met plus de temps accédé à un statut de cadre aujourd'hui que dans les années 80. Donc comment on accélère aussi ces dynamiques en interne, le passage aux statuts de cadre, on va bientôt publier une étude là-dessus, c'est un levier de ressources humaines, un levier de motivation et d'engagement aussi pour des jeunes qui rendent sur des postes qui pourraient être un peu inférieures à leurs attentes. Alors moi, je pense que tout bêtement que la raison pour laquelle on met plus de temps à accéder au poste de cadre, c'est aussi parce qu'on demandait aux personnes de travailler plus longtemps que les cadres supérieures de fonds de carrières restaient plus longtemps. Non, ça n'a rien à voir. Alors les cadres, il reste longtemps en emploi, mais ils ont aussi des taux de chômage pour les plus âgés, pour les plus de 55 ans, qui sont un petit peu au-dessus de la moyenne des cadres. Donc ils sont aussi exposés à des difficultés d'emploi en fin de vie active, mais on met plus longtemps accéder au statut de cadre, parce qu'on rentre souvent sur des postes qui sont vraiment plus éloignées des attributs d'un poste de cadre. Donc c'est aussi lié à la massification de l'enceignement supérieur qu'on évoquait tout à l'heure, c'est-à-dire qu'on a tellement plus de diplômés aujourd'hui que les postes immédiatement accessibles au statut de cadre, ils sont quand même moins nombreux. Oui, j'allais vous citer à un ouvrage de genre "en casse élieque", qui s'appelle "génération sur diplômée" et qui est vocélie d'idée que même 20% des diplômés de supérieur, c'était énorme et ça faisait changer d'une certaine manière la France, parce que ça constitue presque une classe à part. Et lui parler aussi du fait que dedans, il y a une élite, mais aussi même une altérie élite, qui consommerait différemment, mais qui n'exerait pas forcément un métier à la hauteur du diplôme obtenu, ni même au niveau de salaire espéré au moment où on a fait ses études. Qu'est-ce qu'on va faire de ses élites ou de ses altérie élites comme dit lui, qui ne se sentent peut-être pas à la place qu'il mérite et qui ont eu l'impression que d'autres portes pouvaient s'ouvrir, et finalement. Non. Oui, alors je sais pas si il faut qu'on abonde sur le discours des élites par rapport à ce qu'on disait tout à l'heure, parce que qu'est-ce que c'est une élite dans les jeunes diplômés, il y a une grande éterrogénéité, on voit que des diplômés, bas de plus de. dans certains secteurs, c'est un. extrêmement bien. Donc, la question de la surdiplomation, elle revient régulièrement. On a eu des politiques publiques qui ont incité à l'allongement des études. On a eu des objectifs de 80% d'une classe d'agobac et puis 70% d'une classe d'agobac, diplômée de l'enseignement supérieure. Donc ça a été une volonté politique d'accroître le niveau de qualification des générations. En parallèle, on a une structure productive, capteite évolue un peu plus doucement avec une désindustrialisation, qui s'est un parti arrêté, qui remonte un petit peu, mais aussi une terciarisation de l'économie hyper importante avec une partie des emplois dans ces secteurs des services qui sont peu qualifiés, notamment tout ce qui est secteur des services à la personne et des secteurs du soin et de la santé. Et donc, on a effectivement un petit décalage entre des générations de plus en plus diplômées et une structure productive qui n'offre pas suffisamment d'emplois à la hauteur de ces niveaux de diplôme. Donc, c'est aussi un enjeu de revalorisation de ces emplois. Et là, on va re-boucler sur la question de l'utilité de la valeur sociale des emplois. On l'avait vu pendant la crise Covid, mais les emplois essentiels, les emplois, les métiers de la première ou de la deuxième ligne, comme les appels. - On ne jamais remplace pas l'IA, ça c'est sûr. - Qui seront effectivement protégés de l'IA ou de la robotisation, ou en tout cas, en grande partie, ces emplois, c'est quand même ceux qui sont plutôt en bas de l'échelle des remunérations. - Oui, et qui sont malheux, perçus aussi, publiquement. - Avec des représentations parfois des valorisantes de ces emplois dont on dit pourtant qu'ils sont essentiels et dont on a vu qu'ils étaient essentiels dans la continuité de l'activité productive, mais de la vie aussi de tous les jours. - On a toujours soya-tus et du coup, on a des générations très diplômées qui s'insertent dans des secteurs, notamment des services à faire de valeur ajoutée, mais effectivement ces secteurs, là, on voit qu'ils sont un peu en difficulté. - Donc où vont aller tous ces jeunes diplômés? - On a aussi un peu ces phénomènes de biffurcation. - On l'a vu sur les écoles d'ingénieurs ou des diplômés de grandes écoles qui ne veulent pas aller dans des secteurs qui se stiment contraire à leur valeur ou qui sont trop carbonés ou pas en alignement avec la transition écologique et qui peuvent aller sur des métiers complètement différents, plus manuelles, ou plus en lien avec la nature ou en lien avec l'humain, et qui, si on le regarde dans les statistiques, on observera un décalage entre l'or niveau de diplôme et le poste qui s'occuperont, mais ça pourrait être du choisie. C'est pour ça ce qui est son question du déclassement. Allez, difficile à appréhender parce qu'on peut regarder juste niveau de diplôme, niveau du poste, mais il y a aussi la question de la satisfaction de la personne, - Oui, parce que des trois saisis ou subitent times. - Exactement. - Et ça peut aussi resulter d'un choix dont on peut être très satisfait. - Merci, Helene, pour ces quelques notes positives, quand même, sur la décoation future du marché de travail, la redéfinition des postes et du rôle des entreprises. Et puis pour aller plus loin sur ce sujet, je vous laisse en compagnie de Melanie Murciano, qui est journaliste chez Osbeckerica. - Bonjour à vous deux, merci de nous avoir permis d'y voir un peu plus clair sur cet enjeu central, qui est la formation de notre jeunesse. En vous écoutant, il m'évenue une réflexion. Et si la fin du diplôme était en réalité une bonne nouvelle pour l'égalité des chances. La question peut sembler au premier abord contre intuitive, car pendant des décennies, l'école a été vue comme là sans source sociale par excellence. Celle grâce à qui on pouvait partir de n'importe où, pour arriver ou l'on veut, à condition bien sûr de s'endonner les moyens. Sauf que depuis plusieurs années, et l'objet ici n'est pas de revenir sur les raisons de ce phénomène, l'école semble progressivement devenir une machine à reproduire les inégalités sociales, avec des parents qui se jettent sur les écoles privées à partir du collège, parfois même dès la primaire et la maternelle. Des écoles privées qui préparent leurs élèves à rejoindre les meilleurs lycées, qui eux-mêmes préparent leur lycée à rejoindre les meilleurs établissements d'enseignement supérieur, qui eux-mêmes préparent leurs étudiants à accéder aux meilleurs emplois, qui eux-mêmes permettront aux cellariers de mettre leur progéniture dans les meilleurs écoles privées, etc. Et cetera. Imaginons maintenant que les diplômes ne soient plus s'y valorisés. Imaginons que les jeunes accèdent à leur premier emploi sur leurs aptitudes réelles, leurs potentiels, leurs expériences. Faut du sacro-saint étalon diplôme, les employeurs pourraient alors décider de valoriser un parcour atypique, un penchant pour la débrouillardise, une capacité d'adaptation, une rage de réussir, une ténacité à toutes épreuves. Au-delà du fait que les enfants ne subiront plus, pendant d'un terminable d'inéde-famie, l'éternel rangaine, si tu ne travailles pas bien, les colts tu ne pourras rien faire de ta vie. À quoi pourraient ressembler cette nouvelle société? Débarasser d'une sélection parfois injuste pour des jeunes qui ne n'est pas tous avec le même bagage social. Les écoles et les universités retrouveraient-elles leur mixité perdu? La sensore sociale se remettrait-il vraiment en marche? Pour offrir aux enfants et su des classes les moins favorisées, les mêmes chances de réussite que les enfants des élites. Malheureusement pour Macronique, rien n'est moins sûr. D'abord parce que l'accès au monde du travail ne repose pas uniquement sur des diplômes, mais aussi sur des codes, la façon de s'exprimer, de se présenter, de s'habiller, les lieux que l'on fréquente, ses références culturelles, ses loisirs et même les sports que l'on pratique. Il y a également la question du réseau, un ami des parents qui permet d'accès des haut-premiers stages, un ancien camarade de promo qui recommande pour un poste, une cousine qui allarte sur une opportunité professionnelle, autant de levier qui pouce vers la reproduction des élites, et face auquel les diplômes peuvent justement réintroduire une certaine dose de justice. Autrement dit, non, la disparition des diplômes ne serait pas forcément une bonne nouvelle pour les gars. des chanses. À la limite, on pourrait débattre de la disparition d'étronombre cursus de science humaine, qui ne serve bien souvent qu'à former des chroniqueuses comme moi. Merci d'avoir écouté cet épisode. N'hésitez pas à laisser un commentaire ou à le partager sur les réseaux sociaux. C'était Avantpost, le podcast de l'unit d'ic et rendez-vous très bientôt pour un nouvel épisode.

Podcast Summary

Key Points:

  1. En France, 31 % des actifs de 25 à 65 ans sont surqualifiés ou sous-qualifiés pour leur emploi, et 15 % des jeunes se disent déclassés, avec un taux de 18 % chez les plus diplômés.
  2. Le diplôme reste une protection contre le chômage, mais la massification des diplômes (multiplication par 6 des BAC+5 depuis les années 80) crée un décalage avec les emplois disponibles.
  3. Les filières scientifiques et technologiques s'insèrent mieux (plus de 80 %), tandis que lettres, langues et arts ont des taux d'insertion plus faibles (59 % après 18 mois).
  4. Les jeunes diplômés sont conscients des difficultés du marché
  5. L'IA pourrait réduire les opportunités dans les secteurs à forte valeur ajoutée (conseil, finance, IT), mais la causalité n'est pas encore établie.
  6. Les seniors sont moins touchés par le retournement, mais ils réduisent leur mobilité par peur de perdre salaire et conditions d'emploi.
  7. Les soft skills (autonomie, analyse, esprit critique) des filières SHS pourraient être valorisées à l'ère de l'IA, mais l'adéquation formation-emploi reste un défi structurel.

Summary:

Cet épisode d'« Avant poste » aborde la question du déclassement des diplômés, notamment des jeunes, face au marché du travail. En France, 31 % des actifs sont surqualifiés ou sous-qualifiés, et 15 % des jeunes se disent déclassés, un chiffre qui atteint 18 % chez les plus diplômés (BAC+5). Malgré une massification des diplômes (multiplication par 6 depuis les années 80), le diplôme reste une protection contre le chômage, mais l'adéquation entre formations et emplois se dégrade.

Les filières scientifiques et technologiques affichent des taux d'insertion élevés (plus de 80 %), tandis que les lettres, langues et arts peinent (59 % après 18 mois). Les jeunes diplômés, conscients d'un marché de l'emploi cadre en baisse de 22 % des offres, font des concessions sur salaire, statut et télétravail. L'essor de l'IA pourrait réduire les opportunités dans les secteurs à forte valeur ajoutée (conseil, finance, IT), mais la causalité reste floue.

Les seniors sont moins affectés mais réduisent leur mobilité. L'épisode souligne le poids du diplôme en France et la nécessité pour les entreprises de former les jeunes, y compris ceux issus de filières moins professionnalisantes. Les soft skills des sciences humaines pourraient gagner en valeur à l'ère de l'IA, mais le décalage entre temps de formation et besoins économiques persiste.

FAQs

L’APEC ne mesure pas directement le déclassement, mais 15 % des jeunes en emploi se sentent surqualifiés, avec 18 % chez les plus diplômés (bac+3 et plus). Le diplôme reste toutefois une protection contre le chômage.

Oui, le nombre d’emplois cadres a augmenté avec la tertiarisation, mais il y a un décalage entre les filières de formation et les postes offerts, ce qui peut générer de la frustration.

Les filières sciences, technologies et santé ont des taux d’insertion supérieurs à 80 %, tandis que les lettres, langues et arts sont les moins bien insérées. Les sciences humaines et sociales ou droit-économie-gestion se situent entre les deux.

Oui, ils sont conscients du retournement du marché en 2024 et font des concessions sur le statut de cadre, le télétravail ou le salaire pour trouver un emploi.

Dans un marché difficile, 24 % des jeunes diplômés bac+5 acceptent des emplois alimentaires, contre 17 % auparavant, car ils peinent à trouver un poste correspondant à leurs attentes.

On observe une corrélation entre le déploiement de l’IA et la baisse des offres dans les secteurs comme le conseil ou l’informatique, mais il n’y a pas encore de preuve de causalité directe.

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